Compte à terme 2026 : rendement, fiscalité et choix face aux livrets

 

Bloc rectangulaire mince ouvert posé sur un socle circulaire, rangées de plaques fines en arrière, paroi lointaine avec une cavité.

On finit souvent par laisser grossir un solde confortable sur un livret réglementé ou sur le compte courant, en se disant que l’argent y est en sécurité, sans vraiment mesurer ce que l’on perd en rendement garanti. Depuis la baisse programmée du taux du Livret A vers 1,40–1,50 %, chaque euro placé sans réflexion pèse directement sur le rendement net de votre épargne sécurisée. Dans ce contexte, la question est simple : un compte à terme est-il encore un placement sûr et vraiment intéressant face aux autres produits d’épargne à capital garanti, et pour quels profils d’épargnants garde-t-il un avantage clair en termes de taux de rendement et de sécurité FGDR.

Dans ce guide, nous passons en revue, le fonctionnement concret du compte à terme, le panorama des offres du marché, la comparaison avec livrets et fonds euros, la nouvelle fiscalité, la liquidité réelle, la sécurité, les profils gagnants, les stratégies pratiques pour particuliers et entreprises, pour vous aider à choisir, en connaissance de cause, votre prochain placement sûr.

1. Comprendre le compte à terme dans le contexte 2026

Avant de choisir un compte à terme ou un autre placement sécurisé, nous allons d’abord replacer le compte à terme dans le contexte économique de 2025–2026, pour expliquer pourquoi ce produit revient au premier plan. Ensuite, nous clarifierons précisément ce qu’est un compte à terme sur le plan juridique, puis nous passerons en revue ses grands types et son cycle de vie. Enfin, nous ouvrirons sur le panorama des acteurs, les meilleurs taux actuels et la comparaison de rendement avec les livrets et les fonds euros.

1.1 Pourquoi parler des comptes à terme maintenant ?

Depuis 2023, le décor a complètement changé pour l’épargne sécurisée. Les taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) ont d’abord fortement remonté, avant de redescendre. Cette remontée avait permis à certains comptes à terme (CAT) de grimper autour de 4 % brut sur 12 mois fin 2023 – mi‑2024. Puis, à partir de juin 2024, la BCE a enchaîné les baisses : son taux de dépôt est passé de 4 % à 2 % en juin 2025, niveau toujours en vigueur en janvier 2026.

Concrètement, cette détente monétaire a entraîné une baisse des taux des comptes à terme. Les meilleures offres 12 mois, qui tournaient autour de 4 % brut en 2023–2024, s’affichent désormais plutôt entre 1,8 % et 2,3 % en janvier 2026. Sur 5 ans, les meilleurs CAT se situent entre 2,45 % et 3,15 % brut. À première vue, ces rendements peuvent sembler décevants par rapport au pic de 2023, mais il faut les lire à la lumière d’un autre paramètre clé : l’inflation.

L’inflation française, qui évoluait encore entre 5 % et 6 % en 2023, est revenue autour de 0,8 % fin 2025. Les prévisions 2026 la situent entre 1,3 % et 1,6 %. Résultat : même avec des taux bruts moins spectaculaires, un CAT correctement rémunéré continue de dégager un rendement réel positif, c’est‑à‑dire un gain de pouvoir d’achat après inflation. C’est ce différentiel entre taux servi et inflation qui fait la vraie performance d’un placement sécurisé.

Parallèlement, les livrets réglementés ont perdu de leur éclat. Le Livret A et le LDDS sont à 1,70 % net depuis août 2025, avec une baisse attendue entre 1,40 % et 1,50 % en février 2026. Le LEP, encore à 2,70 % net en janvier 2026, devrait tomber dans une fourchette de 1,90 % à 2,40 %. Avec ces niveaux, un compte à terme 5 ans à 2,45–3,15 % brut, même frappé par la flat tax (PFU) de 31,4 %, commence à rivaliser sérieusement, voire à dépasser les livrets réglementés, surtout une fois leurs plafonds atteints.

Les chiffres de collecte confirment ce retour d’intérêt : les encours sur comptes à terme ont bondi de plus de 50 % au premier semestre 2023 par rapport à 2022. Depuis, la hausse s’est calmée, mais les épargnants continuent d’ouvrir des CAT, notamment sur des durées de 12 à 60 mois, tant que les taux bruts se situent entre 2 % et 3 %.

Graphique montrant l’évolution du taux directeur BCE et des taux médians des comptes à terme 12 et 60 mois entre 2023 et janvier 2026.
Évolution des taux des comptes à terme (12 mois & 60 mois) et du taux directeur BCE 2023–2026

Si vous cherchez à situer précisément les comptes à terme par rapport aux livrets réglementés et aux livrets bancaires fiscalisés, vous pouvez consulter notre panorama des livrets d’épargne : panorama des livrets d’épargne.

Avec ce décor macroéconomique en place, la prochaine étape consiste à clarifier précisément ce qu’est un compte à terme sur le plan juridique.

1.2 Le CAT, juridiquement, c’est quoi (et ce que ce n’est pas) ?

Pour éviter les confusions, il faut d’abord voir le compte à terme pour ce qu’il est : un type de compte de dépôt, et non une enveloppe fiscale. L’article L312‑2 du Code monétaire et financier définit le compte de dépôt, catégorie qui inclut les comptes à terme. Juridiquement, un CAT est un compte bloqué sur lequel vous effectuez un dépôt unique, rémunéré à un taux fixé au contrat, pour une durée qui ne peut pas être inférieure à un mois.

Dans ce périmètre, la règle clé est la liberté contractuelle : chaque banque fixe ses propres montants minimums et maximums, durées, taux d’intérêt et pénalités de retrait. C’est ce qui explique l’écart de rémunération entre un CAT BoursoBank à 1,80 % sur 12 mois et un CAT Ramify/CFCAL à 2,45 % sur 60 mois. L’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR) veille toutefois à ce que cette liberté ne se traduise pas par des dérives commerciales.

La recommandation ACPR 2012‑R‑02, actualisée fin 2019, impose aux établissements de vous remettre avant toute souscription un document précontractuel clair. Ce document doit détailler les points clés : montant minimum et plafond, durée, mode de calcul du taux et date de paiement des intérêts, conditions de renouvellement éventuel, et surtout pénalités en cas de retrait anticipé. Pour les CAT à taux variable, une information spécifique sur l’indice de référence est obligatoire.

Le point de vocabulaire important est le suivant : un compte à terme n’est pas une enveloppe fiscale comme le PEA (Plan d’Épargne en Actions) ou l’assurance‑vie. Il ne donne droit à aucun régime fiscal particulier. Les intérêts sont des revenus de capitaux mobiliers classiques, soumis soit au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % en 2026, soit au barème progressif de l’impôt sur le revenu sur option. On parle parfois de « dépôt à terme », mais il s’agit du même type de produit qu’un CAT.

Voici un récapitulatif du cadre réglementaire qui encadre les comptes à terme.

Élément réglementaireRéférenceContenu principal
Code monétaire et financier, art. L312-2LegifranceDéfinition du compte de dépôt (incluant CAT)
Décision CNC n° 69-02 (8 mai 1969)Citée in sourcesPrincipe du dépôt unique et de la durée minimale
Règlement CRBF n° 86-13 (14 mai 1986)Citée in sourcesModalités de rémunération et de restitution
Recommandation ACPR 2012-R-02 (déc. 2019)ACPRInformation précontractuelle obligatoire
Supervision ACPRArt. L612-1 Code monétaire et financierContrôle prudentiel et protection de la clientèle

Ce cadre posé, il devient plus simple de s’intéresser à la mécanique de rémunération : taux fixe, progressif ou variable. C’est l’objet de la prochaine sous‑section.

1.3 Les trois grands types de comptes à terme

En pratique, quand vous ouvrez un compte à terme, vous choisissez surtout entre trois grandes familles de calcul des intérêts. Chacune a un impact concret sur le rendement net de votre épargne sécurisée.

Le cas le plus courant est le CAT à taux fixe. Vous placez un capital en une fois, pour une durée donnée, et le taux ne bouge pas jusqu’à l’échéance. C’est ce que proposent par exemple la plupart des CAT Ramify, Klarna, Distingo ou BoursoBank. En janvier 2026, ces comptes à terme à taux fixe représentent environ 80 à 90 % de l’offre. L’avantage est évident : vous connaissez à l’avance le gain brut et pouvez calculer facilement le rendement net après PFU 31,4 %.

Deuxième catégorie : les comptes à terme à taux progressif. Ici, le taux augmente par paliers au fil des années et vous incite à rester jusqu’au bout. Un exemple typique est le CAT Monabanq sur 5 ans : 1,80 % la première année, 2,10 % la deuxième, 2,30 % la troisième, 3,00 % la quatrième, 3,40 % la cinquième, soit un taux moyen annualisé de 2,52 %. Le potentiel de rendement est intéressant si vous respectez la durée de 60 mois, mais la sortie anticipée est très pénalisante : seuls les paliers déjà écoulés sont pris en compte, ce qui tire fortement vers le bas le rendement moyen.

Troisième famille : les CAT à taux variable, souvent indexés sur l’Euribor, l’STR ou, plus rarement, sur le taux du Livret A. En théorie, ils permettent de profiter d’une remontée future des taux. En pratique, dans un contexte de baisse et de stabilisation des taux directeurs depuis mi‑2024, ces produits sont peu proposés en France en 2026 et rarement intéressants pour l’épargnant prudent.

Le tableau suivant permet de comparer d’un coup d’œil ces trois modes de rémunération.

Type de CATPrincipe de rémunérationAvantages pour l’épargnantInconvénients pour l’épargnantPart de marché (estimation)
Taux fixeTaux garanti dès l’ouvertureVisibilité totale du gain final ; sécuritéPas de bénéfice si les taux remontent~80-90% des offres
Taux progressifTaux croissant par paliers annuelsRendement élevé sur longue duréeRendement faible si retrait anticipé ; complexité~5-10% des offres
Taux variableIndexé sur indice de référencePotentiel de gain si indice remonteIncertitude ; risque de baisse du rendement~5% des offres

En période de baisse des taux directeurs, un CAT à taux fixe permet de verrouiller un rendement garanti pour plusieurs années, ce qui est rassurant pour un placement sûr. À l’inverse, un CAT à taux variable devient moins intéressant, car il risque de suivre la pente descendante des taux de marché.

Astuces importantes

Pour bien choisir entre taux fixe, progressif ou variable, quelques réflexes simples font gagner du temps et évitent des déceptions.

  • Si votre horizon est clair (par exemple 3 ou 5 ans) et que vous ne prévoyez pas de sortie anticipée, un compte à terme à taux fixe offre le meilleur compromis visibilité / rendement.
  • Si vous hésitez sur la durée ou pensez pouvoir avoir besoin des fonds avant le terme, méfiez‑vous des CAT à taux progressif : le rendement moyen s’effondre si vous sortez avant les dernières années mieux rémunérées.
  • Ne comptez pas sur un CAT à taux variable pour « jouer » la remontée des taux : en 2025–2026, la tendance est plutôt à la stabilisation basse, ce qui limite fortement l’intérêt de cette formule.
  • Avant de signer, vérifiez toujours le taux net implicite : appliquez le coefficient 0,686 (PFU 31,4 %) au taux brut pour comparer honnêtement avec un livret réglementé ou un fonds euro.

En gardant ces règles en tête, le passage à la mécanique concrète du compte à terme devient beaucoup plus lisible.

1.4 Cycle de vie d’un CAT : de l’ouverture à l’échéance

Une fois le type de compte à terme choisi, il reste à voir comment se déroule concrètement la vie de ce placement, du premier virement jusqu’au remboursement final. L’ouverture commence toujours par un dépôt unique depuis un compte courant ou un livret. Les minima d’entrée varient fortement selon les établissements : 1 € chez Klarna, 1 000 € chez Distingo Bank, 5 000 € chez BoursoBank et Ramify, 10 000 € chez Swaive ou Placement-direct.fr. Côté plafonds, on trouve par exemple 500 000 € chez Klarna, aucun plafond affiché chez BoursoBank, et jusqu’à 10 millions d’euros chez Ramify.

Les durées disponibles vont généralement de 1 à 60 mois, avec des paliers récurrents : 3, 6, 12, 24, 36, 48 et 60 mois. Une fois la durée choisie, elle ne peut plus être modifiée, sauf à demander un retrait anticipé, qui déclenche des pénalités et un préavis.

Pour la rémunération, deux grands schémas coexistent. Le plus fréquent est le versement in fine : les intérêts sont calculés jour par jour sur la base du taux annuel, puis versés en une seule fois à l’échéance, en même temps que le capital. Sur certaines durées longues, des banques proposent un versement périodique des intérêts (mensuel, trimestriel, annuel). Dans ce cas, les intérêts ne sont pas capitalisés dans le compte à terme : ils tombent sur votre compte courant ou livret support, et vous ne bénéficiez pas d’intérêts sur intérêts.

Le calcul des intérêts sur un CAT à taux fixe in fine se fait de manière simple. Pour un capital C, un taux annuel T et une durée D en jours, la formule est : Intérêts bruts = C × T × (D / 365). Exemple concret : un placement de 10 000 € sur 3 ans (environ 1 095 jours) à 3,2 % brut donne 960 € d’intérêts bruts. Après prélèvement forfaitaire unique à 31,4 %, vous conservez 960 × 0,686, soit 658,56 € nets, pour un capital final net de 10 658,56 €.

À l’échéance, le contrat prend fin automatiquement ou est renouvelé si une clause de reconduction tacite a été prévue. La plupart des CAT en France sont à durée déterminée non renouvelable, mais certains peuvent se prolonger par défaut si vous n’avez pas signifié votre refus dans un certain délai. Dans tous les cas, le virement du capital et des intérêts sur votre compte courant intervient généralement dans un délai de 2 à 7 jours ouvrés après la date de fin.

Le cycle de vie d’un compte à terme peut se résumer ainsi :

ÉtapeDélai/DuréeAction de l’épargnantAction de la banqueRemarques
OuvertureJour 0Virement unique sur le CATConfirmation d’ouverture, remise du contratMontant mini/maxi selon établissement
Période de blocage1 mois à 5 ansAucune action possibleCalcul quotidien des intérêtsCapital indisponible
ÉchéanceJour J (fin du contrat)Récupération automatique ou demande de non-renouvellementVirement du capital + intérêts sur compte courantDélai de virement 2-7 jours
(Option) Retrait anticipéPendant la période de blocageDemande écrite (email, courrier recommandé)Préavis de 32 jours max, application de pénalitésPénalités variables selon établissement (voir section VI)

Ce déroulé montre que le compte à terme est un produit très balisé, mais aussi très rigide. Une fois ce fonctionnement compris, la question qui vient naturellement est : où trouver les meilleurs comptes à terme aujourd’hui et à quels taux ? C’est ce que nous voyons maintenant.

2 Panorama des acteurs et des meilleures offres de CAT (janvier 2026)

Après la mécanique du produit, il est temps de passer au marché lui‑même. Nous allons d’abord cartographier les types d’établissements qui proposent des comptes à terme intéressants, puis détailler les meilleurs taux bruts par durée en janvier 2026. Ensuite, nous ferons un zoom sur les plateformes comme Raisin, qui donnent accès à des offres européennes, avant de comparer ces rendements aux autres placements sécurisés.

2.1 Qui propose des CAT intéressants ? Banques en ligne, traditionnelles et intermédiaires

Le marché des comptes à terme est partagé entre trois grandes familles d’acteurs, auxquelles s’ajoutent quelques fintechs spécialisées. Chacune a ses forces et ses limites pour un épargnant qui cherche un placement sûr au meilleur taux de rendement.

Les banques en ligne et néobanques ont pris une place importante sur ce créneau. Klarna Bank, BoursoBank, Monabanq, Distingo Bank ou Hello bank! proposent des comptes à terme 100 % en ligne, sans frais de dossier, avec des montants minimums souvent bas (1 € chez Klarna, 1 000 € chez Distingo, 5 000 € chez BoursoBank). L’ouverture se fait en quelques minutes via une application ou un espace client, ce qui en fait un produit d’épargne particulièrement accessible. En contrepartie, l’accompagnement est plus limité, surtout si vous souhaitez intégrer le compte à terme dans une stratégie patrimoniale globale.

Les banques traditionnelles comme BNP Paribas, Crédit Agricole, Caisse d’Épargne, CIC, LCL ou Société Générale, proposent aussi des comptes à terme, mais avec des taux inférieurs de 0,5 à 1,5 point aux meilleures offres en ligne. Elles réservent parfois leurs meilleurs taux à des clients patrimoniaux via des offres promotionnelles non publiques. L’avantage pour vous : un interlocuteur dédié et la possibilité de négocier le taux pour de gros montants, ou de combiner compte à terme, assurance‑vie et crédit au sein d’une même relation bancaire.

Enfin, plusieurs acteurs spécialisés apportent une couche d’intermédiation. Ramify, par exemple, s’appuie sur CFCAL‑Banque pour porter les dépôts et distribue des CAT à partir de 5 000 € pour les particuliers et 200 000 € pour les entreprises, avec des plafonds allant jusqu’à 10 millions d’euros. Swaive ou Placement-direct.fr utilisent le même type de modèle B2B2C avec CFCAL. Ce schéma permet à ces fintechs de proposer des taux attractifs sur des durées longues (2,45–2,60 % brut sur 60 mois) sans gérer elles‑mêmes une licence bancaire.

Un point pratique important : rien ne vous empêche de cumuler plusieurs comptes à terme dans différents établissements. C’est souvent une bonne façon de diversifier les taux, de jouer sur différentes durées et de répartir votre épargne sécurisée sous la protection de plusieurs garanties FGDR.

Matrice comparant taux, dépôt minimum, plafond et conditions de retrait pour les comptes à terme Klarna, BoursoBank, Ramify, Raisin et Distingo.
Comparatif multicritères des offres de compte à terme : Klarna, BoursoBank, Ramify, Raisin, Distingo

Une fois cette cartographie en place, l’étape suivante consiste à regarder les chiffres : quels sont, durée par durée, les meilleurs taux bruts disponibles en janvier 2026 ?

2.2 Les meilleurs taux bruts par durée en janvier 2026

Pour se faire une idée claire du positionnement des comptes à terme, il est utile de raisonner par durée standard. En janvier 2026, les fourchettes de taux bruts observées sont les suivantes : autour de 1,80–2,00 % sur 3 à 6 mois, entre 1,80 % et 2,30 % sur 12 mois, 1,85–2,68 % sur 24 mois, 2,00–2,20 % sur 36 mois, et 2,45–3,15 % sur 60 mois.

Un échantillon d’offres recensées montre que la médiane progresse progressivement avec la durée, ce qui illustre la « prime de durée » : accepter de bloquer plus longtemps rapporte davantage.

DuréeTaux min. observéTaux médianTaux max. observéNombre d’offres dans l’échantillon
6 mois1,80%1,90%2,00%3
12 mois1,80%2,05%2,30%6
24 mois1,85%2,27%2,68%5
36 mois2,00%2,10%2,20%4
60 mois2,45%2,60%3,15%5

Sur 12 mois, un compte à terme comme Distingo se situe en haut de la fourchette, avec 2,30 % brut pour un dépôt minimum de 1 000 €. BoursoBank offre par exemple 1,80–1,90 % brut sur 6 à 12 mois, avec un ticket d’entrée de 5 000 €, ce qui le place plutôt dans le bas à milieu de l’échantillon. Sur 5 ans, Bank B via la plateforme Raisin affiche la meilleure rémunération observée, à 3,15 % brut. Ramify et Placement-direct.fr se positionnent à 2,45 % sur 60 mois, tandis que Swaive monte à 2,60 % sur la même durée.

Graphique en barres montrant les taux médians des comptes à terme pour 6, 12, 24, 36 et 60 mois, illustrant la prime de durée.
Taux médian observé des comptes à terme selon la durée (6, 12, 24, 36, 60 mois)

On voit bien que la prime de durée devient significative sur 5 ans : la médiane à 2,60 % brut sur 60 mois se compare à 2,05 % sur 12 mois. La question est donc simple : le surcroît de rendement justifie‑t‑il pour vous un blocage de 5 ans plutôt qu’un horizon de 12 mois ? On y répondra en détail au moment de comparer les rendements nets et réels.

Dans l’immédiat, un autre acteur mérite un zoom particulier, car il modifie la façon d’accéder aux meilleurs comptes à terme : la plateforme paneuropéenne Raisin.

2.3 Plateformes comme Raisin : intérêt et limites

Raisin est devenue en quelques années une porte d’entrée importante vers des comptes à terme européens. Depuis la France, un seul compte chez Raisin permet d’ouvrir des CAT et livrets dans plusieurs banques de l’Union européenne, sans multiplier les démarches.

La plateforme revendique plus de 300 000 clients et environ 30 milliards d’euros d’encours, avec une quarantaine de produits d’épargne accessibles aux résidents français. Pour un particulier, les atouts sont clairs : une centralisation administrative (un seul espace client pour suivre plusieurs comptes à terme), l’absence de frais facturés au client, et des taux souvent supérieurs à ceux proposés par les banques françaises, comme le montre l’exemple de Bank B à 3,15 % brut sur 60 mois en janvier 2026.

Sur le plan de la sécurité, chaque dépôt reste garanti à hauteur de 100 000 € par déposant et par banque partenaire, via le fonds de garantie national du pays concerné. Le niveau de protection est donc équivalent à celui du FGDR français pour un CAT classique, même si le garant n’est pas le même État.

En contrepartie, ces comptes à terme paneuropéens sont souvent plus rigides. Beaucoup d’offres via Raisin ne permettent aucun retrait anticipé, sauf cas de force majeure (décès, difficultés financières avérées). Quand le retrait est autorisé, comme chez Alior Bank, il se fait généralement sans versement d’intérêts. Certaines banques partenaires demandent en plus des documents supplémentaires, comme un certificat de résidence fiscale, ce qui peut donner une impression de complexité.

Un cas intéressant est celui de Klarna : la banque suédoise distribue ses comptes à terme à la fois en direct via son application, et via des plateformes comme Raisin. Les conditions sont souvent plus favorables en direct, avec un plafond de 500 000 € et parfois un léger avantage de taux. Des sites spécialisés comme Avenue des Investisseurs recommandent donc de privilégier la souscription directe, quand elle est possible, plutôt que de passer par Raisin pour un CAT Klarna.

Le tableau suivant résume les différences entre une souscription via Raisin et une souscription directe auprès d’une banque.

CritèreVia RaisinSouscription directe (ex. Klarna, BoursoBank)
Nombre d’offres accessibles~40 CAT/livrets européens1 à 5 produits par établissement
Frais Raisin0 €N/A
CentralisationOui (un seul compte Raisin)Non (un compte par établissement)
TauxCompétitifs (jusqu’à 3,15%)Variables (1,8-2,45% en France)
PlafondGénéralement 100 000 €Jusqu’à 500 000 € (Klarna direct) ou illimité (BoursoBank)
Retrait anticipéRare ou impossiblePossible avec pénalités
DocumentationParfois certificat de résidenceStandard (pièce d’identité, justificatif de domicile)

Au total, Raisin s’adresse surtout aux épargnants prêts à accepter un peu plus de paperasse et moins de flexibilité en échange de taux de rendement supérieurs sur leurs comptes à terme de longue durée.

Avec ce panorama des acteurs et des taux bruts, il devient nécessaire de repositionner les comptes à terme par rapport aux autres placements sécurisés, en particulier les livrets réglementés et les fonds euros.

3 Les rendements des CAT par rapport aux autres placements sécurisés

On a maintenant une vision claire des taux bruts proposés par les comptes à terme et des établissements qui les distribuent. L’étape suivante consiste à comparer ces rendements à ceux des autres placements à capital garanti, en tenant compte de la fiscalité et de l’inflation. Nous allons d’abord opposer CAT et livrets réglementés en taux net, puis CAT et fonds euros, avant de raisonner en termes de rendement réel après inflation.

3.1 CAT vs livrets réglementés : qui gagne en net ?

Comparer un compte à terme et un livret réglementé uniquement sur les taux bruts n’a pas de sens, car la fiscalité n’est pas la même. Les livrets réglementés — Livret A, LDDS et LEP — sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Un taux de 1,70 % net sur un Livret A, c’est donc 1,70 % net. Un taux de 2,30 % brut sur un CAT, c’est 2,30 % brut, soit nettement moins une fois le PFU appliqué.

En janvier 2026, le Livret A et le LDDS servent 1,70 % net, avec une baisse annoncée autour de 1,40–1,50 % en février. Le LEP, réservé aux ménages modestes, affiche encore 2,70 % net, avec une prochaine révision attendue entre 1,90 % et 2,40 %.

Prenons un compte à terme 12 mois à 2,30 % brut. Après application du PFU 31,4 %, le taux net est de 2,30 × 0,686, soit 1,578 %. C’est très légèrement inférieur aux 1,70 % du Livret A tant que ce dernier reste à ce niveau, et légèrement supérieur si le Livret A descend à 1,40 % net. La marge reste toutefois faible sur 1 an.

Sur 5 ans, l’écart se creuse. Un CAT 60 mois à 3,15 % brut offre un taux net de 3,15 × 0,686, soit 2,161 %. C’est nettement au‑dessus d’un Livret A, qu’il soit à 1,70 % ou à 1,40–1,50 %, et supérieur au LDDS. En revanche, le LEP garde l’avantage en taux net pur, mais il est plafonné à 10 000 € et soumis à conditions de ressources.

L’erreur fréquente consiste à se laisser séduire par le taux brut sans appliquer la « décote » fiscale. Pour les comptes à terme imposés à la flat tax, on peut retenir une règle simple : taux net ≈ taux brut × 0,686. Autrement dit, un CAT à 3 % brut → 2,058 % net.

On peut calculer le seuil à partir duquel un compte à terme devient plus intéressant qu’un Livret A à 1,70 % : il faut que son taux brut dépasse 1,70 / 0,686, soit environ 2,48 %. En deçà, le Livret A reste meilleur. Avec un Livret A qui tombe à 1,40 %, le seuil se situe autour de 2,04 % brut. C’est ce qui explique que les CAT à 2,45–3,15 % sur 60 mois aient un net avantage face aux livrets réglementés, une fois ces derniers revus à la baisse.

PlacementTaux brutTaux net après fiscalitéPlafondLiquiditéGarantie
Livret A1,70%1,70% (exonéré)22 950 €ImmédiateFGDR + garantie État 100 k€
LDDS1,70%1,70% (exonéré)12 000 €ImmédiateFGDR + garantie État 100 k€
LEP2,70%2,70% (exonéré)10 000 €ImmédiateFGDR + garantie État 100 k€
CAT 12 mois (2,30%)2,30%1,578% (PFU 31,4%)Variable (0 à illimité)Bloquée (retrait anticipé avec pénalités)FGDR 100 k€
CAT 60 mois (3,15%)3,15%2,161% (PFU 31,4%)Variable (0 à illimité)Bloquée 5 ans (retrait anticipé avec pénalités)FGDR 100 k€

Pour une vision plus large des alternatives de type livret réglementé ou livret fiscalisé, vous pouvez consulter notre panorama des livrets d’épargne, qui détaille les taux nets et plafonds de chaque produit.

Une fois cette comparaison nette avec les livrets clarifiée, il reste à confronter les comptes à terme aux fonds euros d’assurance‑vie, qui jouent dans la même catégorie de placements à capital garanti, mais avec une fiscalité et une liquidité très différentes.

3.2 CAT vs fonds euros : rendement, fiscalité et flexibilité

Les fonds euros d’assurance‑vie sont l’autre grand pilier de l’épargne sécurisée en France. Ils offrent une garantie en capital, une rémunération annuelle servie a posteriori, et s’inscrivent dans la logique de l’assurance‑vie, qui fait office de couteau suisse patrimonial.

Sur les dernières années, les rendements des fonds euros ont remonté. Pour 2025, la moyenne du marché se situe autour de 2,60–2,65 % net de frais de gestion, tandis que les meilleurs fonds atteignent entre 3,10 % à 4,50 % net de frais, souvent sous conditions (bonus de rendement en échange d’une part d’unités de compte, versement minimal, etc.). C’est donc un concurrent sérieux pour un compte à terme offrant 2,45–3,15 % brut.

Fiscalement, la différence avec le compte à terme est nette. Les intérêts de CAT subissent le PFU 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux) au moment où ils sont versés, généralement à l’échéance. Pour une assurance‑vie, la fiscalité dépend de l’âge du contrat et du moment du rachat :

  • Pour un contrat de moins de 8 ans, les gains retirés sont, par défaut, imposés au PFU 30 % (12,8 % IR + 17,2 % de prélèvements sociaux) ou au barème sur option.
  • Au‑delà de 8 ans, vous bénéficiez d’un abattement de 4 600 € (9 200 € pour un couple), puis d’un taux réduit de 7,5 % d’impôt sur le revenu (+ 17,2 % de prélèvements sociaux) sur les gains afférents aux versements inférieurs ou égaux à 150 000 €.

Côté liquidité, un rachat sur un fonds euro met en général 2 à 5 jours ouvrés pour être crédité sur votre compte bancaire. Vous pouvez verser et retirer partiellement sans fermer le contrat, ce qui offre une grande souplesse. À l’inverse, le compte à terme est bloqué : un retrait anticipé implique un préavis de 32 jours et des pénalités, voire l’interdiction de retrait chez certains acteurs.

Si l’on compare les chiffres, un CAT 60 mois à 3,15 % brut donne 2,161 % net après PFU 31,4 %. Un fonds euro moyen à 2,60 % net de frais, sur un contrat de moins de 8 ans, va être imposé à 30 % au moment du rachat. Le rendement net d’impôt tombe alors autour de 1,82 %. Sur ce cas précis, le compte à terme long fait légèrement mieux en net, mais reste moins flexible. Sur un contrat de plus de 8 ans, en revanche, la fiscalité avantageuse de l’assurance‑vie permet souvent au fonds euro de dépasser le CAT en rendement net.

CritèreCompte à termeFonds euro (assurance-vie)
Rendement typique (2025-2026)2,00-3,15% brut2,50-4,50% net de frais de gestion
Fiscalité < 8 ansPFU 31,4% immédiat (12,8% IR + 18,6% PS)PFU 30% au rachat (12,8% IR + 17,2% PS) ou barème progressif
Fiscalité > 8 ansN/A (le CAT n’a pas d’ancienneté fiscale)Abattement 4 600 €/an puis 7,5% IR + 17,2% PS
LiquiditéBloquée (pénalités si retrait anticipé)Disponible en quelques jours, rachat sans pénalité
Versements complémentairesNonOui
Garantie en capitalOui (FGDR 100 k€)Oui (fonds de garantie assurances 70 k€)
FraisAucunFrais de gestion annuels (0,5-1% selon contrats)
Horizon conseilléCourt-moyen terme (1-5 ans)Moyen-long terme (≥ 8 ans pour optimiser fiscalité)

 En pratique, on peut résumer la logique ainsi : le compte à terme est un outil de court à moyen terme (1 à 5 ans) pour verrouiller un taux fixe sur une poche d’épargne sécurisée, alors que le fonds euro est un support de moyen à long terme, pensé pour profiter de la fiscalité spécifique de l’assurance‑vie et d’une liquidité plus souple. Pour approfondir ces différences et choisir un contrat adapté, vous pouvez consulter notre guide : Comprendre l’assurance-vie.

La dernière étape de cette comparaison consiste à dépasser la seule lecture des taux nets et à regarder le rendement réel, c’est‑à‑dire ce qui reste une fois l’inflation prise en compte.

3.3 Rendement réel : que reste-t-il après inflation ?

Un compte à terme, un livret A ou un fonds euro ne s’évaluent pas uniquement à travers leur taux affiché. Ce qui compte vraiment, c’est le pouvoir d’achat que vous conservez ou gagnez une fois l’inflation intégrée. En 2026, l’inflation anticipée en France se situe entre 1,3 % et 1,6 %. Pour simplifier les comparaisons, on peut raisonner avec une hypothèse de 1,3 %.

La formule est simple : rendement réel ≈ rendement net – inflation. Un Livret A à 1,70 % net, avec une inflation de 1,3 %, offre un rendement réel de +0,40 point. Si le Livret A descend à 1,40 %, le rendement réel tombe à +0,10 point, quasiment neutre. Le LEP à 2,70 % net garde une avance confortable, avec environ +1,40 point de rendement réel.

Côté comptes à terme, un CAT 12 mois à 2,30 % brut donne 1,578 % net après PFU 31,4 %. Une fois l’inflation de 1,3 % retranchée, le rendement réel n’est plus que de +0,278 point. Ce n’est pas nul, mais ce n’est pas non plus un gain spectaculaire par rapport à un Livret A à 1,70 %.

Sur 5 ans, le compte à terme se détache davantage. Un CAT 60 mois à 3,15 % brut rapporte 2,161 % net. En enlevant 1,3 % d’inflation, il reste +0,861 point de rendement réel. C’est plus qu’un fonds euro moyen à 2,60 % net de frais, qui, fiscalité de 30 % incluse sur un contrat jeune, aboutit à environ 1,82 % net et donc un rendement réel proche de +0,52 point.

PlacementRendement netInflation 2026Rendement réelCommentaire
Livret A (1,70%)1,70%1,3%+0,40%Pouvoir d’achat faiblement préservé
Livret A (1,40% post-fév. 2026)1,40%1,3%+0,10%Préservation quasi nulle du pouvoir d’achat
LEP (2,70%)2,70%1,3%+1,40%Bon rendement réel, mais plafond 10 k€ et conditions de ressources
CAT 12 mois (2,30% brut)1,578%1,3%+0,278%Rendement réel modeste
CAT 60 mois (3,15% brut)2,161%1,3%+0,861%Rendement réel positif intéressant
Fonds euro moyen (2,60% net)1,82% (après PFU 30% sur rachat < 8 ans)1,3%+0,52%Comparable au CAT long, avec liquidité supérieure

Les comptes à terme longs (36–60 mois) offrent un gain réel de pouvoir d’achat significatif, surtout si l’on anticipe une inflation modérée et des taux directeurs stables ou en légère baisse. Ils se situent toutefois assez près des bons fonds euros, qui conservent l’avantage en matière de souplesse et de fiscalité à long terme.

À ce stade, on a fait le tour des rendements bruts, nets et réels des comptes à terme face aux autres placements sécurisés. La prochaine étape, dans la suite du guide, sera d’entrer dans le détail de la fiscalité du compte à terme, de la liquidité réelle et de la garantie FGDR, pour affiner encore la décision selon votre profil fiscal et vos besoins de trésorerie.

4 Fiscalité des comptes à terme : bien choisir entre PFU et barème

Après avoir comparé les rendements bruts et nets des CAT avec les livrets et les fonds euros, on doit maintenant regarder ce qui grignote une partie de ce rendement : la fiscalité. C’est elle qui transforme un « beau » taux affiché en gain réel sur votre compte.

4.1 PFU à 31,4 % : ce qui a changé en 2026

Depuis le 1er janvier 2026, les intérêts d’un compte à terme sont, par défaut, imposés via le prélèvement forfaitaire unique (PFU), aussi appelé flat tax. Ce PFU atteint désormais 31,4 %, décomposés en 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, avec une CSG portée de 9,2 % à 10,6 %.

Concrètement, c’est la banque qui prélève ce PFU à la source au moment du versement des intérêts, souvent à l’échéance du CAT. Vous voyez donc directement le montant net crédité sur le compte courant, sans démarche supplémentaire, sauf si vous choisissez plus tard l’option pour le barème progressif.

À noter, cette hausse des prélèvements sociaux ne concerne pas que les comptes à terme. Elle s’applique à tous les produits de placement à revenu fixe et à la plupart des revenus de capitaux mobiliers : intérêts de livrets fiscalisés, obligations, dividendes, plus-values sur valeurs mobilières, gains en crypto-actifs, etc. En revanche, certains supports conservent les anciens prélèvements sociaux à 17,2 % : assurance-vie, PEL/CEL, épargne salariale, ainsi que les revenus fonciers et plus-values immobilières.

L’effet sur le rendement net d’un CAT est modeste mais bien réel. Un compte à terme à 3 % brut rapportait 2,10 % net avec un PFU à 30 %. Avec le PFU à 31,4 %, le même CAT ne rapporte plus que 3 × 0,686 = 2,058 % net. À l’échelle de quelques milliers d’euros, la différence est faible ; sur des montants plus importants, elle finit par peser.

Pour replacer le CAT dans le paysage global, il faut le comparer aux autres enveloppes où l’on peut loger son épargne sécurisée, en particulier l’assurance‑vie et le PEA, qui restent à 17,2 % de prélèvements sociaux.

Tableau comparatif de la fiscalité en 2026 pour un compte à terme, un livret A, un fonds en euros d’assurance-vie, un PEA et un CTO, avec mise en avant du PFU à 31,4 % sur les produits à revenu fixe.
Comparateur fiscal : compte à terme (PFU 31,4%) vs autres enveloppes

Comprendre le PFU est une première étape, mais ce n’est pas suffisant pour optimiser votre fiscalité : certains foyers ont intérêt à y renoncer et à choisir le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Pour revoir en détail le calcul de l’impôt et l’articulation entre impôt et prélèvements sociaux, vous pouvez consulter la méthode dédiée : Optimisation de l’impôt sur le revenu. À présent, voyons dans quels cas concrets le barème devient plus intéressant que le PFU.

4.2 Quand opter pour le barème progressif plutôt que le PFU ?

En pratique, vous n’êtes pas obligé d’accepter la flat tax de 31,4 % sur vos intérêts de compte à terme. Lors de la déclaration annuelle, une simple case 2OP permet d’opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Cette option est globale : elle s’applique à tous les revenus de capitaux mobiliers et plus-values de l’année (dividendes, intérêts, etc.), pas seulement aux intérêts de CAT.

Dès lors, la question devient : à partir de quel niveau de tranche marginale d’imposition (TMI) le barème progressif allège-t-il réellement la note ? Le calcul est synthétisé ci‑dessous.

Tranche marginale d’imposition (TMI)Fiscalité totale (barème progressif + PS)Fiscalité totale (PFU)Recommandation
0%18,6%31,4%Barème progressif (gain de 12,8 points)
11%29,6%31,4%Barème progressif (gain de 1,8 point)
30%~41,8% (après déduction 6,8% CSG)31,4%PFU (gain de ~10 points)
41%~52,8%31,4%PFU (gain de ~21 points)
45%~56,8%31,4%PFU (gain de ~25 points)

Ce tableau montre clairement la logique :

  • si votre TMI est de 0 %, vous ne payez que les prélèvements sociaux (18,6 %) au barème, contre 31,4 % au PFU ;
  • en TMI 11 %, le barème monte à 29,6 %, légèrement en dessous du PFU ;
  • à partir de 30 %, même en tenant compte de la CSG déductible, la fiscalité totale au barème dépasse largement 40 %, alors que le PFU reste à 31,4 %.

Pour suivre finement ces calculs, notamment la CSG déductible et l’impact sur votre revenu fiscal de référence, vous pouvez vous appuyer sur la méthode pas à pas du calcul de l’impôt.

On peut illustrer ça avec deux cas concrets. Un couple avec une TMI de 11 % perçoit 500 € d’intérêts de CAT :

  • au PFU, l’impôt s’élève à 500 × 0,314 = 157 €, soit 343 € nets ;
  • au barème, la note tombe à 500 × 0,296 = 148 €, soit 352 € nets, soit 9 € de mieux.

À l’inverse, un célibataire en TMI 30 % qui touche 1 000 € d’intérêts a tout intérêt à rester au PFU :

  • au PFU, il paie 1 000 × 0,314 = 314 €, il lui reste 686 € nets ;
  • au barème, la fiscalité totale tourne autour de 41,8 %, soit environ 418 € d’impôt, pour seulement 582 € nets.

En résumé, le barème progressif gagne pour les TMI 0 % et 11 %, le PFU est nettement gagnant pour les TMI de 30 % et plus. La règle de décision est donc très simple.

Astuces importantes

Pour faire les bons choix fiscaux sur vos intérêts de comptes à terme, quelques réflexes font vraiment la différence :

  • si votre TMI est de 0 %, vous pouvez ramener la fiscalité de vos intérêts à 18,6 % au lieu de 31,4 % en optant pour le barème ;
  • en TMI 11 %, le gain est plus modeste mais réel : 29,6 % au barème contre 31,4 % au PFU ;
  • dès que votre TMI atteint 30 % ou au‑delà, conservez le PFU : le barème total dépasse alors 40 %, même après CSG déductible ;
  • n’oubliez pas que l’option 2OP vaut pour l’ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers : il faut donc raisonner sur l’ensemble de votre épargne et pas seulement sur un compte à terme.

En pratique, si votre TMI de 11 % ou moins, cocher la case 2OP sur la déclaration peut vous faire gagner jusqu’à 12,8 points de fiscalité sur vos intérêts de CAT.

Maintenant que l’on sait quand il faut choisir le barème plutôt que le PFU, une autre optimisation concerne surtout les foyers modestes : éviter de faire une avance de trésorerie au fisc via le prélèvement à la source.

4.3 Dispense de prélèvement à la source et cas particuliers

Par défaut, lorsque la banque vous verse les intérêts de votre compte à terme, elle retient deux choses : les prélèvements sociaux de 18,6 % et un prélèvement forfaitaire non libératoire (PFNL) de 12,8 % correspondant à la part « impôt sur le revenu ». Ce PFNL est ensuite régularisé lors de votre déclaration.

Si votre revenu fiscal de référence de l’année N‑2 est inférieur à 25 000 € pour une personne seule ou 50 000 € pour un couple, vous pouvez demander à être dispensé de ce PFNL de 12,8 %. Il suffit de fournir une attestation à votre banque avant le 30 novembre de l’année précédente. Dans ce cas, seuls les 18,6 % de prélèvements sociaux sont prélevés immédiatement, et l’impôt sur le revenu éventuel sera calculé l’année suivante, sans que vous ayez eu à avancer de trésorerie.

Cette dispense est particulièrement pertinente pour les foyers non imposables ou faiblement imposés : ils évitent de se faire prélever 12,8 % qui leur seraient ensuite remboursés parfois plus d’un an plus tard.

Pour les entreprises, la logique est différente. Un compte à terme ouvert par une société n’est pas soumis au PFU : les intérêts sont intégrés au résultat et imposés à l’impôt sur les sociétés (IS), à 15 % pour la tranche de bénéfice jusqu’à 42 500 € puis 25 % au‑delà. C’est souvent plus léger que les 31,4 % subis par un particulier, ce qui renforce l’intérêt des CAT pour la trésorerie d’entreprise.

Enfin, en cas de décès du titulaire, les intérêts courus jusqu’à la date du décès restent imposables au nom du défunt dans sa dernière déclaration. Le capital et les intérêts sont ensuite intégrés à l’actif successoral et soumis aux droits de succession. La plupart des banques acceptent une clôture anticipée du compte à terme sans pénalité dans ce contexte, ce qui permet aux héritiers de récupérer rapidement les fonds.

Une fois ces optimisations ciblées intégrées, il reste à replacer le compte à terme dans le grand tableau de la fiscalité de l’épargne, aux côtés des livrets, de l’assurance‑vie, du PEA et du compte-titres.

4.4 Fiscalité comparée : CAT vs livrets, AV, PEA, CTO

Pour hiérarchiser où loger votre épargne sécurisée, il est pertinent de comparer la fiscalité des principaux produits à capital garanti ou assimilés. À un même rendement brut, la fiscalité fait parfois une énorme différence sur le rendement net, et donc sur le placement sûr réellement le plus rentable.

Voici une vue synthétique des règles en vigueur en 2026 :

Enveloppe / PlacementFiscalité des intérêts/gainsLiquiditéRisque en capital
Livret A / LDDSExonération totale (0%)ImmédiateAucun
LEPExonération totale (0%)ImmédiateAucun
CATPFU 31,4% (ou barème progressif)Bloquée (pénalités si retrait anticipé)Aucun
Fonds euro (AV < 8 ans)PFU 30% au rachat (12,8% IR + 17,2% PS)Disponible en quelques joursAucun
Fonds euro (AV > 8 ans)Abattement 4 600 €/an puis 7,5% IR + 17,2% PSDisponible en quelques joursAucun
PEA > 5 ansExonération IR, PS 17,2%Disponible (retrait possible)Oui (actions)
CTOPFU 31,4%Immédiate (vente titres)Oui (actions, obligations, etc.)

On voit tout de suite que les livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP) occupent le haut du tableau : aucune imposition, liquidité immédiate, capital garanti. Leur principale limite est le plafond, et pour le LEP, les conditions de ressources.

Le compte à terme se retrouve dans la même famille fiscale que le compte-titres ordinaire : PFU 31,4 % ou barème. Sur le long terme, cette fiscalité est plus lourde que celle d’une assurance‑vie bien utilisée ou d’un PEA après 5 ans, qui conservent des prélèvements sociaux à 17,2 % et bénéficient d’abattements ou d’exonérations d’impôt sur le revenu.

Pour un particulier déjà au plafond du Livret A et du LDDS, et éventuellement du LEP, le CAT devient surtout intéressant fiscalement si les enveloppes plus douces (assurance-vie et PEA) sont déjà bien utilisées, ou si l’horizon est trop court (1–5 ans) pour profiter pleinement de leur avantage (moins de 5 ans pour le PEA, moins de 8 ans pour l’assurance-vie). C’est typiquement le cas d’un épargnant prudent, en TMI élevée, qui cherche un rendement garanti à 1–5 ans sur un capital conséquent.

Si vous souhaitez justement profiter de la fiscalité plus légère des fonds euros sur la longue durée, il peut être pertinent d’ouvrir ou de renforcer une assurance-vie pour compléter vos comptes à terme.

Maintenant que la fiscalité est claire, il reste deux dimensions très concrètes à intégrer avant de juger un compte à terme : la liquidité réelle quand on a besoin de son argent, et la sécurité en cas de problème bancaire.

5 Liquidité réelle : blocage, pénalités et délais

Sur le papier, le compte à terme est un placement sûr à capital garanti. Mais dans la vraie vie, ce qui compte lorsque survient un imprévu, c’est la capacité à récupérer vos fonds, le coût d’un retrait anticipé et les délais. C’est là que la différence avec un livret ou un fonds euro est la plus marquée.

5.1 Blocage contractuel et procédure de retrait anticipé

Un compte à terme repose sur un principe simple : en échange d’un taux connu à l’avance, vous acceptez de bloquer un capital pendant une durée déterminée. Pendant cette période, aucun retrait partiel n’est possible : si vous avez besoin d’argent, c’est tout le CAT qui est clôturé, pas seulement une fraction.

En pratique, en cas de besoin, la procédure de retrait anticipé suit plusieurs étapes. Vous commencez par adresser une demande écrite à votre banque, par email, courrier ou via un formulaire en ligne selon l’établissement. À partir de la réception de cette demande, court un préavis réglementaire maximal de 32 jours calendaires, issu du règlement CRBF 86‑13. Ce préavis permet à la banque de gérer sa trésorerie.

À l’issue des 32 jours, la banque clôture le compte à terme, applique les pénalités prévues au contrat, puis verse le capital (et, le cas échéant, les intérêts dus après pénalité) sur votre compte courant. Le virement prend en général 2 à 7 jours ouvrés supplémentaires.

Au total, il faut donc compter entre 34 et 39 jours entre la demande de sortie et la disponibilité effective des fonds sur le compte courant. C’est un délai très supérieur à celui d’un rachat d’assurance-vie ou d’un virement depuis un livret, et cela doit être intégré dès la souscription.

Cette mécanique explique pourquoi un CAT ne doit jamais absorber votre épargne de précaution. La section suivante montre ensuite que, même si vous acceptez ce délai, le coût des pénalités peut fortement rogner le rendement promis.

5.2 Typologie des pénalités de retrait anticipé

Savoir qu’on peut sortir d’un compte à terme ne suffit pas : il faut mesurer combien cette sortie peut coûter en intérêts perdus. Les établissements appliquent des politiques très différentes, qui ont un impact direct sur le rendement net si vous cassez votre CAT en cours de route.

On observe quatre grands modèles :

  • suppression totale des intérêts : en cas de retrait anticipé, vous récupérez uniquement le capital, sans aucun intérêt (BoursoBank, Alior Bank via Raisin) ;
  • pénalité de 25 % proportionnelle aux intérêts acquis : les intérêts sont calculés au prorata du temps écoulé, puis une pénalité de 25 % est prélevée (Ramify/CFCAL, Placement-direct.fr) ;
  • minoration du taux : le taux initial est réduit, par exemple de 0,50 point, pour calculer les intérêts jusqu’à la date de sortie (BNP Paribas) ;
  • retrait anticipé interdit : vous ne pouvez sortir qu’en cas de force majeure, voire pas du tout (Klarna, Distingo et la plupart des offres via Raisin).
ÉtablissementType de pénalitéDétail
Klarna BankImpossibilité de disposer des fonds avant échéanceRetrait anticipé non autorisé (sauf exceptions légales)
BoursoBankSuppression totale des intérêtsAucun intérêt versé si clôture avant échéance
Ramify / CFCALPénalité de 25% sur intérêts acquisPénalité prélevée sur le montant brut des intérêts courus
Placement-direct.frPénalité de 25% sur intérêts acquisPénalité de 25% des intérêts bruts acquis à date de remboursement anticipé
BNP ParibasMinoration du taux de -0,50 pointTaux d’ouverture réduit de 0,50 point, appliqué à la durée effective
Distingo BankImpossibilité de retrait anticipéRetrait anticipé interdit (sauf force majeure)
Alior Bank (Raisin)Suppression totale des intérêtsAucun intérêt versé en cas de retrait anticipé
Autres banques (Raisin)Impossibilité de retrait anticipéRetrait anticipé autorisé uniquement en cas de force majeure, difficultés financières ou décès

Cette diversité se traduit par des écarts de rendement très importants en cas de sortie anticipée. Prenons l’exemple d’un CAT Ramify/CFCAL à 2,45 % brut sur 60 mois, pour 10 000 €, clôturé au bout de 30 mois :

  • intérêts bruts théoriques sur 30 mois : 10 000 × 0,0245 × (30/12) = 612,50 € ;
  • pénalité de 25 % : 612,50 × 0,25 = 153,13 € ;
  • intérêts bruts après pénalité : 612,50 − 153,13 = 459,37 € ;
  • après PFU 31,4 % : 459,37 × 0,686 = 315,13 € nets.

Le rendement annualisé net tombe ainsi à environ 1,261 % par an sur 30 mois, au lieu d’environ 1,681 % par an si le CAT avait été conservé jusqu’à l’échéance. Un retrait mal anticipé peut donc rogner significativement la performance attendue.

Matrice qui compare les principaux types de pénalités de retrait anticipé des comptes à terme selon les établissements : suppression des intérêts, pénalité de 25 %, minoration du taux ou interdiction de retrait.
Pénalités de retrait anticipé sur CAT par type d’établissement

Ce point est d’autant plus important qu’un compte à terme ne facture généralement aucun frais d’ouverture ou de gestion : la vraie « facture cachée » vient d’un mauvais choix de durée, qui vous oblige à casser le contrat et à subir ces pénalités.

Après le coût, reste la question de la vitesse : même en acceptant les pénalités, à quelle rapidité peut-on récupérer son argent par rapport aux autres placements sécurisés ?

5.3 Délais de récupération : CAT vs autres placements

Pour organiser votre épargne, il faut distinguer ce qui reste disponible en quelques heures ou jours, et ce qui est immobilisé plusieurs semaines. Les comptes à terme se situent clairement dans la seconde catégorie.

Les délais standard observés sont les suivants :

  • Livret A et LDDS : virement généralement immédiat ou crédité le lendemain (J+1) ;
  • fonds en euros d’assurance-vie : rachat versé en 2 à 5 jours ouvrés ;
  • PEA ou compte-titres : vente des titres avec règlement-livraison en 2 à 3 jours ;
  • compte à terme : 32 jours de préavis obligatoires en cas de retrait anticipé, auxquels s’ajoutent 2 à 7 jours pour le virement, soit 34 à 39 jours au total.
PlacementDélai de récupération des fondsPénalités
Livret A / LDDSImmédiat (virement instantané ou J+1)Aucune
Fonds euro (assurance-vie)2 à 5 jours ouvrésAucune (rachat partiel sans pénalité)
CTO (vente de titres)2 à 3 jours (règlement-livraison)Aucune (mais plus-values peuvent varier)
PEA (retrait avant 5 ans)2 à 3 joursClôture du PEA + fiscalité non optimale
CAT (retrait anticipé)32 jours (préavis) + 2-7 jours (virement) = 34-39 joursPénalités variables (voir tableau 13)

Même face à un contrat d’assurance-vie, souvent perçu comme peu liquide, le compte à terme ressort comme le produit le plus lent à débloquer. C’est ce qui justifie de réserver les CAT aux sommes dont vous êtes raisonnablement certain de ne pas avoir besoin avant l’échéance.

Graphique montrant l’évolution des intérêts nets perçus sur un compte à terme de 10 000 € à 2,45 % brut selon la date de retrait anticipé et le type de pénalité appliquée.
Impact d’un retrait anticipé sur le rendement d’un compte à terme (exemple 10 000 € sur 60 mois à 2,45% brut)

Une fois acté que le compte à terme n’est pas un support d’épargne de précaution, la question qui reste est celle de la protection du capital : que se passe‑t‑il si la banque fait faillite, et jusqu’à quel montant êtes‑vous couvert ?

6 Sécurité des CAT : garantie FGDR et risques réels

Le compte à terme promet un capital garanti, mais cette promesse repose sur deux piliers : la solidité de la banque elle‑même, et le fonctionnement du Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) en cas de défaillance. Comprendre ces mécanismes permet d’éviter une concentration excessive dans un seul établissement.

6.1 Comment fonctionne la garantie FGDR sur les CAT ?

Le FGDR est l’organisme qui indemnise les déposants lorsque leur banque ne peut plus leur rendre l’argent déposé. Il est financé par les contributions des établissements bancaires et intervient sous le contrôle de l’ACPR.

Pour les comptes à terme, la règle est la même que pour les comptes courants et les livrets bancaires non réglementés : la garantie couvre jusqu’à 100 000 € par déposant et par établissement. Ce plafond s’apprécie sur la somme de tous vos dépôts dans la même banque.

Par exemple, si vous détenez 30 000 € sur votre compte courant et 80 000 € sur un CAT dans la même banque, le total de 110 000 € dépasse le plafond : en cas de faillite, seuls 100 000 € seraient indemnisés, 10 000 € restant à votre charge.

Le FGDR s’engage à indemniser dans un délai de 7 jours ouvrables à compter de la constatation de l’indisponibilité des dépôts. C’est un délai court, qui vise à limiter l’impact pratique pour les déposants.

Les livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP) bénéficient d’un traitement particulier : ils disposent d’une « poche » de garantie État séparée, également à hauteur de 100 000 € par client et par établissement, gérée par le FGDR. Concrètement, cela signifie que vous pouvez cumuler 100 000 € de garantie pour vos comptes courants, livrets fiscalisés et CAT, plus 100 000 € pour vos livrets réglementés dans le même établissement.

Enfin, certains dépôts dits exceptionnels temporaires (vente d’un bien immobilier, succession, indemnité importante, etc.) encaissés moins de trois mois avant la défaillance sont couverts jusqu’à 500 000 € supplémentaires par événement.

Type de dépôtPlafond de garantieDélai d’indemnisationPérimètre
Comptes courants, livrets fiscalisés, CAT100 000 € par déposant/établissement7 jours ouvrablesCumulé pour tous ces comptes
Livret A, LDDS, LEP100 000 € par déposant/établissement7 jours ouvrablesIndemnisé séparément (garantie État)
Dépôts exceptionnels temporaires500 000 € (au-delà des 100 k€)7 jours ouvrablesPar événement, encaissé < 3 mois avant défaillance

La nuance clé à retenir est que ce plafond de 100 000 € s’applique par établissement et non par compte. Multiplier les comptes courants et les CAT dans la même banque ne change rien à la protection globale.

Le FGDR n’est toutefois qu’une brique de la sécurité : le risque de défaillance bancaire reste encadré par un cadre prudentiel strict, et il faut aussi comparer cette protection avec celle des autres placements garantis.

6.2 Comparer la protection des CAT aux autres placements garantis

Pour juger objectivement le risque d’un compte à terme, il est utile de le mettre en regard des garanties offertes par les autres produits à capital garanti ou assimilés.

Les livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP) bénéficient eux aussi d’un plafond de 100 000 € par personne et par établissement, mais la garantie est portée directement par l’État, même si elle est gérée techniquement par le FGDR. Sur le papier, le risque repose donc sur la solidité financière de la France, et non sur la seule capacité du fonds de garantie.

Les contrats d’assurance-vie, et donc les fonds euros, sont couverts par le Fonds de garantie des assurances de personnes (FGAP), à hauteur de 70 000 € par assureur et par assuré. Le délai d’indemnisation est généralement plus long que pour les dépôts bancaires (plusieurs mois possibles), et le capital dépend de la solvabilité de l’assureur.

Pour les titres détenus sur un PEA ou un compte-titres ordinaire, la logique est différente : les actions et obligations restent votre propriété et doivent vous être restituées même si l’établissement fait faillite. Le FGDR n’intervient que si les titres ou les espèces associées disparaissent, avec une garantie jusqu’à 70 000 € par client et par établissement, et des délais pouvant aller de plusieurs semaines à plusieurs mois.

Type de placementGarantie en cas de défaillanceMontant garantiDélai d’indemnisation
Compte à terme (CAT)FGDR – garantie des dépôts100 000 € par déposant/établissement7 jours ouvrables
Livret A, LDDS, LEPFGDR pour compte de l’État100 000 € par déposant/établissement (séparé des autres dépôts)7 jours ouvrables
Assurance-vie (fonds euro)FGAP – fonds de garantie des assurances70 000 € par assuré/assureurVariable (plusieurs mois)
CTO, PEA (titres)FGDR – garantie des titres70 000 € par client/établissementVariable (plusieurs semaines à mois)

Au total, pour un épargnant prudent, le principal risque n’est pas tant la faillite d’une banque isolée que la concentration de plus de 100 000 € de dépôts dans le même établissement. Diversifier banques et assureurs permet d’additionner plusieurs blocs de garantie tout en conservant un capital garanti.

Désormais, vous disposez d’une vue d’ensemble sur le rendement, la fiscalité, la liquidité et la sécurité des comptes à terme. La prochaine étape consistera à traduire ces éléments en décisions concrètes : avantages et inconvénients réels, profils pour lesquels le CAT fait sens et stratégies d’utilisation dans un patrimoine global.

7 Avantages, inconvénients et profils pour qui le CAT est (ou n’est pas) adapté

On dispose désormais de tous les paramètres techniques du compte à terme : rendement, fiscalité, liquidité réelle et sécurité FGDR. On peut donc passer à une lecture plus pratique : dans quels cas ce placement à capital garanti améliore vraiment votre épargne, et dans quels cas il complique la donne.

7.1 Les principaux atouts du CAT pour un particulier

Pour un épargnant prudent, le premier atout du compte à terme, c’est la visibilité. En pratique, le taux est fixé à l’avance et garanti jusqu’à l’échéance : vous savez dès la souscription combien d’intérêts votre capital produira. En contexte de baisse des taux, comme depuis mi‑2024, cela permet de verrouiller un rendement garanti pendant 3 à 5 ans, là où les nouveaux CAT et les livrets risquent d’afficher des taux plus bas.

Deuxième atout majeur : le capital est garanti à 100 % par la banque, avec la protection du FGDR jusqu’à 100 000 € par déposant et par établissement. Il n’y a pas de risque de marché comme sur un PEA (Plan d’Épargne en Actions) ou un CTO, et aucune fluctuation quotidienne de valeur : le montant versé sera intégralement récupéré, hors faillite de la banque au‑delà du plafond de garantie.

Autre avantage souvent oublié : l’absence de frais. Contrairement à une assurance vie qui supporte des frais de gestion annuels et parfois des frais d’entrée, le compte à terme ne facture ni ouverture, ni tenue, ni clôture à l’échéance. Le seul « coût » potentiel, ce sont les pénalités en cas de retrait anticipé, mais elles ne s’appliquent pas si vous respectez la durée prévue.

Enfin, le CAT est l’un des rares placements sécurisés à accepter des montants élevés sans plafond strict. Certaines offres n’ont pas de limite (BoursoBank), d’autres montent jusqu’à 500 000 € (Klarna) ou 10 millions d’euros (Ramify via CFCAL). C’est une solution crédible pour placer une grosse somme en complément des livrets réglementés, dont les plafonds sont rapidement atteints.

Côté rendement, les CAT longs (60 mois à 2,45–3,15 % brut) procurent un taux net souvent supérieur au Livret A après sa baisse vers 1,40–1,50 %, tout en conservant un capital garanti. Ils peuvent ainsi jouer un rôle dans une stratégie de trésorerie « à horizon fixe », par exemple pour un apport immobilier prévu dans 3 à 5 ans.

À l’inverse, plusieurs contraintes rendent le CAT inadapté à beaucoup de cas d’usage du quotidien. Il est crucial de les connaître pour éviter de mal ranger son épargne.

7.2 Les limites et risques pratiques à ne pas sous-estimer

Dès qu’on regarde le compte à terme sur la durée, ses faiblesses apparaissent vite. La première tient à la fiscalité : les intérêts sont soumis au PFU de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux) ou au barème progressif. C’est nettement plus lourd que les livrets réglementés (exonérés) et, au‑delà de 8 ans, que la fiscalité d’un contrat d’assurance vie ou d’un PEA, qui conserve des prélèvements sociaux à 17,2 %.

La deuxième grande limite, c’est la liquidité. Le capital est contractuellement bloqué, et un retrait anticipé déclenche un préavis de 32 jours, puis encore 2 à 7 jours de délai de virement. En pratique, il faut donc compter 34 à 39 jours entre la décision de sortir et la récupération effective de l’argent, sans oublier les pénalités parfois très lourdes qui peuvent effacer tout ou partie des intérêts.

Autre contrainte structurelle : le modèle du versement unique. Un CAT correspond à une somme déposée une fois, pour une durée donnée. Il n’est pas possible de faire des versements complémentaires comme sur un livret ou une assurance vie. Cela le rend peu adapté à une épargne mensuelle ou progressive ; on l’utilise plutôt quand on a déjà un capital disponible à immobiliser.

En termes de performance, le compte à terme se compare mal aux meilleurs fonds euros d’assurance vie, surtout une fois passée la barre des 8 ans. Ces fonds offrent un rendement moyen autour de 2,60 % net de frais en 2025, avec une fiscalité allégée à long terme et une liquidité de quelques jours. À iso‑risque de capital garanti, le couple rendement/fiscalité/liquidité penche souvent en faveur des fonds euros sur la longue durée.

Enfin, le CAT expose à un risque de taux spécifique : le taux de rendement est figé. Si les taux remontent après votre souscription, vous restez bloqué sur un rendement inférieur à ce que propose alors le marché, sauf à casser le contrat en acceptant un coût élevé. Si l’on n’est pas à l’aise avec cet arbitrage, mieux vaut garder une partie de l’épargne sur des supports plus souples.

Si l’on résume, le compte à terme doit être réservé à un horizon fixe, pour un projet ou un capital dont on est sûr de ne pas avoir besoin avant la date. Il ne doit jamais servir de support à l’épargne de précaution.

Astuces importantes

Pour éviter les mauvaises surprises, quelques règles simples permettent de mieux encadrer l’usage du compte à terme.

  • Ne placez sur un CAT que de l’épargne dont vous n’aurez besoin qu’à une date précise (projet dans 1 à 5 ans), et surtout pas votre matelas d’urgence.
  • Gardez au moins 3 à 6 mois de dépenses courantes sur un Livret A ou un LDDS avant de songer à immobiliser une somme sur un CAT.
  • Vérifiez toujours le taux net après PFU 31,4 % avant de le comparer à un livret réglementé ou à un fonds euro, qui bénéficient d’une fiscalité différente.
  • Évitez de dépasser 100 000 € de dépôts (compte courant + livrets bancaires + CAT) par établissement, afin de rester intégralement dans la garantie FGDR.

Avec ces repères, le compte à terme peut trouver une vraie place dans votre épargne sécurisée, sans empiéter sur les besoins de liquidité du quotidien.

Sur cette base, on peut maintenant dessiner des profils types : pour certains, le CAT est cohérent, pour d’autres il vaut mieux l’éviter.

7.3 Profils pour lesquels le CAT est pertinent (et ceux pour lesquels il ne l’est pas)

Une manière concrète de décider si un placement sûr comme le compte à terme a sa place dans votre épargne consiste à se projeter dans quelques profils d’épargnants.

Premier cas : l’épargnant prudent avec un horizon de 1 à 3 ans. Il dispose d’une somme significative (plusieurs milliers d’euros) qu’il sait ne pas devoir utiliser avant une date précise, et cherche un rendement garanti supérieur à celui d’un Livret A, en particulier si ses livrets réglementés sont déjà remplis. Pour lui, un CAT 12 à 36 mois, éventuellement intégré dans une petite échelle de maturités, peut, selon nous, améliorer le rendement de sa poche d’épargne sécurisée.

Deuxième profil : celui dont les livrets réglementés sont déjà saturés. Une fois les 22 950 € du Livret A, les 12 000 € du LDDS et, le cas échéant, les 10 000 € du LEP atteints, chaque euro supplémentaire se retrouve soit sur le compte courant, soit sur un livret fiscalisé à taux variable. Dans ce cas, un CAT à taux fixe peut constituer un complément pertinent pour les montants au‑delà des plafonds, dès lors que l’horizon de placement est bien calé.

Pour les contribuables fortement imposés (TMI 30 % et plus), le PFU de 31,4 % devient la fiscalité de référence sur les intérêts. Tant qu’il reste des enveloppes plus avantageuses (assurance vie, PEA), c’est vers elles qu’il est logique de se tourner pour le long terme, mais une partie de l’épargne sécurisée qui ne peut pas entrer dans ces enveloppes peut être logée sur des CAT, en acceptant le blocage en échange d’un taux garanti.

À l’inverse, les foyers en TMI 0 % ou 11 % peuvent profiter de l’option pour le barème progressif : la fiscalité totale descend alors entre 18,6 % et 29,6 %, ce qui améliore nettement le rendement net des CAT par rapport à un livret fiscalisé. Pour ces profils, le compte à terme devient compétitif dès qu’on n’a plus de place sur les livrets exonérés.

Reste enfin la catégorie de ceux pour qui le CAT n’est pas adapté. C’est le cas des épargnants qui ont un besoin de liquidité élevé, qui veulent pouvoir piocher à tout moment dans leur réserve, ou qui construisent une épargne de long terme où des supports comme l’assurance vie ou le PEA sont plus adaptés. De même, si votre habitude est d’épargner progressivement chaque mois, un livret ou une assurance vie sera plus logique qu’un produit à versement unique.

Une fois que l’on sait si un CAT est pertinent pour son propre profil, la question suivante est d’apprendre à bien l’utiliser, avec des stratégies concrètes et en évitant les pièges classiques.

8 Stratégies concrètes pour utiliser les CAT sans se piéger

On a vu pour quels cas d’usage ce placement sécurisé trouve sa place. L’enjeu est maintenant de passer du « pour qui » au « comment » : comment structurer vos comptes à terme pour équilibrer rendement garanti et flexibilité, et comment éviter les erreurs qui coûtent cher.

8.1 Construire une échelle de maturités (laddering)

En pratique, la stratégie la plus efficace pour tirer parti des CAT sans se retrouver complètement bloqué consiste à construire une échelle de maturités, souvent appelée laddering. Plutôt que de placer tout le capital sur un seul compte à terme 5 ans, on le divise en plusieurs poches sur des durées différentes.

Concrètement, on peut par exemple répartir 50 000 € ainsi :

  • 10 000 € sur un CAT 1 an à 2,00 % brut.
  • 10 000 € sur un CAT 2 ans à 2,13 % brut.
  • 10 000 € sur un CAT 3 ans à 2,20 % brut.
  • 20 000 € sur un CAT 5 ans à 2,45 % brut.

Le rendement moyen pondéré de cette échelle ressort à 2,246 % brut :

(10 × 2,00 + 10 × 2,13 + 10 × 2,20 + 20 × 2,45) / 50 = 2,246 %.

Avec cette organisation, un compte arrive à échéance chaque année. Vous récupérez alors 10 000 € (ou 20 000 € la cinquième année) que vous pouvez soit consacrer à vos projets, soit réinvestir dans un nouveau barreau à plus longue échéance si les taux restent intéressants. Vous améliorez ainsi le rendement moyen par rapport à un simple CAT court terme, tout en limitant le risque de vous retrouver coincé avec tout votre capital bloqué très longtemps.

Ce type de calcul permet aussi de mesurer le coût d’une rupture prématurée d’un des barreaux de l’échelle : plus on casse tôt et plus la pénalité grignote le rendement net. Respecter la durée prévue pour chaque palier devient donc une règle clé.

Même avec une bonne stratégie de durées, certains pièges restent fréquents au moment de la souscription ou dans le choix du produit. C’est ce que l’on passe en revue maintenant.

8.2 Erreurs à éviter absolument avec un compte à terme

Les erreurs liées au compte à terme tiennent rarement à la complexité du produit lui‑même, mais plutôt à une mauvaise adéquation avec vos besoins. La première consiste à y placer son épargne de précaution, par exemple plusieurs mois de dépenses ou un futur déménagement, alors que la liquidité est lente et pénalisée. Pour le coussin de sécurité, les livrets restent la bonne poche ; le CAT intervient uniquement sur la partie immobilisable.

Deuxième réflexe à éviter : choisir systématiquement la durée maximale uniquement pour obtenir le meilleur taux affiché. Un CAT 60 mois sera généralement mieux rémunéré qu’un 12 mois, mais si vous avez un projet certain dans 2 ou 3 ans, un contrat trop long vous exposera au dilemme entre payer une pénalité ou renoncer au projet.

Troisième oubli courant : ne pas comparer avec des supports à capital garanti plus souples comme les fonds euros. À rendement brut équivalent, ces derniers combinent souvent meilleure liquidité, fiscalité avantageuse à long terme et possibilité de versements complémentaires. Ne pas mettre le compte à terme en regard de ces alternatives, c’est risquer de bloquer inutilement sa trésorerie.

Sur le plan fiscal, deux erreurs font aussi mal au rendement garanti. La première est de laisser s’appliquer par défaut le PFU de 31,4 % alors que le barème progressif serait plus intéressant pour un foyer en TMI 0 % ou 11 %, grâce à une fiscalité totale abaissée à 18,6–29,6 %. La seconde est d’ignorer le plafond de 100 000 € par établissement couvert par le FGDR et de concentrer au‑delà sur une seule banque, ce qui augmente inutilement le risque en cas de défaillance.

Enfin, beaucoup d’épargnants comparent uniquement les taux bruts sans tenir compte de la fiscalité et des modalités de pénalité, ou signent sans lire les conditions générales, notamment les clauses de retrait anticipé et de renouvellement automatique. C’est pourtant là que se cachent les détails qui, en cas d’imprévu, peuvent vous faire perdre une part significative du rendement.

Au‑delà des erreurs, certaines confusions conceptuelles entre produits mènent aussi à de mauvais arbitrages. Il est donc utile de clarifier explicitement ces points.

8.3 Clarifier les confusions fréquentes : CAT vs PEL, livrets fiscalisés, enveloppes fiscales

Plusieurs produits d’épargne à capital garanti se ressemblent en surface, ce qui alimente des confusions au moment de choisir. Le premier malentendu courant oppose le compte à terme au PEL. Le PEL 2026 affiche un taux de 2 % brut, permet des versements complémentaires (avec un minimum annuel) et ouvre droit à un prêt immobilier à taux connu, avec éventuellement une prime liée au logement. Le compte à terme, lui, se limite à un versement unique, un taux fixe sur une durée donnée, sans finalité immobilière ni avantage spécifique pour un crédit futur.

Autre confusion : CAT versus livret fiscalisé (Super Livret, Livret +). Un livret fiscalisé propose un taux variable, souvent rehaussé par des promotions temporaires, avec une liquidité totale des dépôts. Le compte à terme, au contraire, bloque le capital et garantit un taux fixe, sans surprise de rémunération. Choisir entre les deux, c’est arbitrer entre flexibilité maximale et visibilité du rendement.

Il faut aussi bien distinguer les produits de placement comme le CAT des enveloppes fiscales. Un compte à terme n’est pas une enveloppe au sens d’un PEA ou d’une assurance vie : il ne porte aucun avantage fiscal en lui‑même, les intérêts étant taxés au PFU de 31,4 % ou au barème. À l’inverse, l’assurance vie permet de loger un fonds euro et des unités de compte, avec des règles fiscales qui s’améliorent après 8 ans de détention.

Lorsque l’on compare différents supports sécurisés, il faut enfin garder en tête la différence entre taux nominal et taux actuariel, ainsi que le calendrier de versement des intérêts. Un CAT in fine, qui verse tout à l’échéance, n’offre pas de capitalisation intermédiaire, là où certains livrets ou fonds euros réinvestissent automatiquement les intérêts, ce qui renforce le rendement sur la durée.

Pour approfondir les différences de fonctionnement et de fiscalité avec l’assurance vie, vous pouvez consulter notre guide dédié pour savoir comment bien ouvrir une assurance-vie.

Une fois ces clarifications faites pour les particuliers, il reste un cas souvent oublié : l’usage des comptes à terme côté entreprises, avec des règles de montant et de fiscalité spécifiques.

9 Les comptes à terme pour les entreprises (TPE/PME)

Du point de vue d’un dirigeant, la logique change légèrement : il ne s’agit plus d’épargne de ménage mais de trésorerie excédentaire, avec des contraintes de Besoin en Fonds de Roulement (BFR), de charges à venir et de fiscalité à l’impôt sur les sociétés.

9.1 Spécificités des CAT pour la trésorerie d’entreprise

Pour les TPE et PME, les comptes à terme constituent un outil de placement d’excédents de trésorerie, mais les paramètres ne sont pas les mêmes que pour un particulier. Les montants minimums sont nettement plus élevés : Ramify ne propose ses CAT entreprises qu’à partir de 200 000 € (contre 5 000 € pour les particuliers), quand les banques traditionnelles acceptent des seuils autour de 10 000 €.

En contrepartie, les plafonds sont très larges, voire négociables. Chez Ramify, un même CAT peut monter jusqu’à 10 millions d’euros. Dans un réseau comme BNP Paribas ou Crédit Agricole, les plafonds sont fixés au cas par cas, souvent à l’issue d’une négociation globale sur la relation bancaire. À partir de 500 000 € de dépôt, il devient réaliste de discuter d’un taux personnalisé, supérieur aux grilles standard.

L’objectif pour une entreprise est clair : mieux rémunérer la partie de sa trésorerie qui n’est pas nécessaire au BFR ni aux investissements à court terme, sans exposer le capital à un risque de marché. Le compte à terme s’insère ainsi entre un compte courant rémunéré (taux souvent très faible) et des supports comme les OPCVM monétaires, qui ajoutent une couche de volatilité et de frais.

La fiscalité étant différente pour les entreprises, il faut maintenant la comparer à celle des particuliers pour mesurer l’intérêt spécifique des CAT côté professionnel.

9.2 Fiscalité : CAT particuliers vs CAT entreprises

Pour un particulier, les intérêts de compte à terme sont soit soumis au PFU de 31,4 %, soit au barème progressif avec prélèvements sociaux de 18,6 %, selon le choix effectué lors de la déclaration de revenus. On a vu que, hors cas TMI 0 % ou 11 %, la flat tax reste la solution de référence.

Pour une entreprise soumise à l’impôt sur les sociétés, la mécanique est plus simple : les intérêts s’intègrent dans le résultat fiscal de l’exercice et sont taxés à l’IS, soit 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, puis 25 % au‑delà. La contribution sociale sur les bénéfices ne concerne que les grandes structures, et n’entre pratiquement pas en jeu pour les TPE et PME de base.

Prenons l’exemple d’une TPE qui encaisse 5 000 € d’intérêts supplémentaires sur un compte à terme et qui est imposée à 25 % sur sa tranche principale de bénéfice : la charge fiscale associée est de 1 250 €, pour 3 750 € d’intérêts nets, soit un taux d’imposition effectif de 25 %. C’est nettement inférieur aux 31,4 % subis par un particulier imposé au PFU pour un placement comparable.

Le tableau suivant permet de visualiser cette différence entre les profils de particuliers et les entreprises :

Type de titulaireMode d’imposition des intérêtsTaux effectif
Particulier (TMI 0%)PFU 31,4% ou barème (0% IR + 18,6% PS)18,6% (barème optimal)
Particulier (TMI 11%)PFU 31,4% ou barème (11% IR + 18,6% PS)29,6% (barème optimal)
Particulier (TMI ≥ 30%)PFU 31,4% (optimal)31,4%
Entreprise (IS, bénéfice < 42,5 k€)Intégration au résultat fiscal, IS 15%15%
Entreprise (IS, bénéfice > 42,5 k€)Intégration au résultat fiscal, IS 25%25%
Micro-entreprise (régime micro-fiscal)Barème progressif selon revenus entrepreneur0-45% (selon TMI)

Pour une société soumise à l’IS classique, le compte à terme est donc fiscalement plus intéressant qu’un CAT détenu à titre privé par un contribuable fortement imposé, à rendement brut identique. Cela renforce l’intérêt de ce placement sûr pour la trésorerie d’entreprise.

Reste à voir quelles offres concrètes existent pour les entreprises et comment les combiner avec les autres outils de gestion de trésorerie.

9.3 Quelques offres de CAT entreprises en 2026 et stratégies de trésorerie

En 2026, l’offre de comptes à terme pour entreprises se structure autour de quelques acteurs clés. Côté fintech, Ramify distribue des CAT via CFCAL‑Banque, avec un taux de 2,45 % brut sur 60 mois pour les personnes morales, un montant minimum de 200 000 € et un plafond de 10 millions d’euros. Le retrait anticipé reste possible, mais assorti d’une pénalité de 25 % sur les intérêts acquis et du préavis réglementaire de 32 jours.

Les grandes banques de réseau comme BNP Paribas et Crédit Agricole proposent des comptes à terme entreprises à partir de 10 000 €, surtout sur des durées de 12 mois, avec des taux qui tournent respectivement autour de 1,80 % et 1,70 % brut. Là encore, le retrait anticipé entraîne soit une minoration du taux (par exemple –0,50 point), soit l’application de conditions spécifiques précisées dans les contrats.

Le tableau suivant synthétise ces offres :

ÉtablissementTaux brutDuréeMontant min.PlafondRetrait anticipé
Ramify / CFCAL2,45%60 mois200 000 €10 000 000 €Possible (pénalité 25%)
Ramify / CFCAL~1,60%12 mois200 000 €10 000 000 €Possible (pénalité 25%)
BNP Paribas~1,80%12 mois10 000 €VariablePossible (taux minoré -0,50 pt)
Crédit Agricole~1,70%12 mois10 000 €VariablePossible (conditions sur demande)

 

Côté stratégie, un dirigeant de TPE ou PME peut organiser sa trésorerie excédentaire par « poches » d’horizon. Une première poche, équivalente à 1 à 3 mois de charges, reste sur le compte courant ou sur un livret entreprise pour faire face aux aléas quotidiens. Une deuxième poche, destinée à des sorties identifiées à très court terme (TVA, charges sociales) peut être placée sur des CAT 3 à 6 mois. Enfin, les excédents structurels, que l’entreprise n’anticipe pas d’utiliser dans les 12 à 24 mois, peuvent être logés sur des CAT plus longs, éventuellement en diversifiant les établissements pour respecter la garantie de 100 000 € par banque.

En combinant intelligemment comptes courants rémunérés, CAT courts et CAT moyen terme, une entreprise améliore sensiblement le rendement de sa trésorerie excédentaire sans compromettre sa capacité à honorer ses engagements.

Après ce focus entreprises, il est temps de revenir à une vue d’ensemble pour tous les lecteurs : comment décider, en quelques étapes, si un compte à terme est adapté à votre situation et où il se place face aux autres placements garantis.

10 Mettre tout ensemble : comment décider si un CAT est fait pour vous ?

On arrive à l’étape où il faut transformer toutes ces données en décisions concrètes. L’idée n’est pas de vous imposer une réponse unique, mais de vous donner un chemin clair pour arbitrer entre livret réglementé, compte à terme, fonds euro ou PEA selon votre horizon, vos montants et votre fiscalité.

10.1 Schéma de choix : Livret, CAT, fonds euro, PEA… que privilégier ?

Pour choisir votre prochain placement sûr, quelques critères simples suffisent à structurer la réflexion : l’horizon de placement (moins de 1 an, 1 à 3 ans, 3 à 8 ans, plus de 8 ans), le montant disponible (moins de 10 000 €, entre 10 000 et 50 000 €, au‑delà), votre besoin de liquidité, votre tranche marginale d’imposition et la question de savoir si vos livrets réglementés sont déjà pleins.

En pratique, on peut raisonner par mini‑règles. Si l’horizon est inférieur à 6 mois, les livrets (Livret A, LDDS, LEP, voire un livret fiscalisé) restent à privilégier : la liquidité immédiate prime largement sur un petit gain de rendement garanti. Entre 1 et 3 ans, et pour des montants qui dépassent les plafonds de ces livrets, un compte à terme 12 à 36 mois ou un fonds euro deviennent des options sérieuses, à comparer en rendement net et en flexibilité.

Pour un horizon supérieur à 8 ans, la logique change : l’assurance vie, via un fonds euro complété par des unités de compte, puis le PEA pour la partie actions, prennent le relais. Ils profitent d’une fiscalité bien plus favorable après 5 à 8 ans, au prix d’un risque plus élevé si vous intégrez des supports non garantis. Au‑delà de 100 000 € par établissement, la diversification entre plusieurs banques reste de mise pour respecter la garantie FGDR.

Du côté de la fiscalité, si vous êtes en TMI 0 % ou 11 %, il est cohérent de privilégier l’imposition au barème sur les intérêts de CAT, en cochant l’option correspondante, afin de réduire la charge à 18,6–29,6 % au lieu de 31,4 %. Si vous visez la retraite avec un horizon très long, d’autres enveloppes comme le PER peuvent aussi entrer en jeu dans votre architecture globale.

Schéma décisionnel : quel placement garanti choisir selon votre situation ?

Ce type de schéma permet de matérialiser ces règles sous forme de branches simples : à chaque étape, vous tranchez un critère, et la combinaison des réponses vous mène vers le produit le plus cohérent.

Pour compléter cette aide à la décision, une synthèse chiffrée globale permet de comparer d’un coup d’œil compte à terme, livrets, fonds euros et PEA.

10.2 Tableau de synthèse comparatif final

Pour terminer, il est utile de regrouper en un seul tableau les critères essentiels qui reviennent dans tout le guide : rendement brut et net, fiscalité, garantie en capital, liquidité, plafonds, horizon conseillé et profils cibles. Cela offre un repère concret pour vérifier, avant de souscrire un CAT, que ce produit à capital garanti correspond bien à votre situation.

Voici cette synthèse comparée des principaux placements sécurisés ou assimilés :

Critère décisionnelCompte à terme (CAT)Livret A / LDDSLEPAssurance-vie (fonds euro)PEA (> 5 ans)
Rendement brut typique1,80-3,15% (selon durée)1,70% (bientôt 1,40%)2,70% (bientôt 1,90-2,40%)2,50-4,50% (net frais)Variable (actions)
Rendement net après fiscalité1,23-2,16% (PFU 31,4%)1,70% (exonéré)2,70% (exonéré)1,75-3,15% (PFU 30% < 8 ans)Variable – 17,2% PS
Fiscalité applicablePFU 31,4% (12,8% IR + 18,6% PS) ou barème progressifExonération totaleExonération totalePFU 30% < 8 ans ; abattement + 7,5% IR > 8 ansExonération IR > 5 ans, PS 17,2%
Capital garantiOui (FGDR 100 k€)Oui (État 100 k€)Oui (État 100 k€)Oui (FGAP 70 k€)Non (risque actions)
LiquiditéBloquée (préavis 32 j + pénalités)ImmédiateImmédiate2-5 jours2-3 jours
PlafondVariable (0 à illimité)22 950 €10 000 €Aucun150 000 € versements
Versements complémentairesNon (versement unique)Oui, libresOui, libresOui, libresOui, libres
FraisAucunAucunAucunFrais gestion 0,5-1%Frais courtage variables
Horizon recommandé1-5 ans (court-moyen terme)Épargne précautionÉpargne précaution> 8 ans (optimisation fiscale)> 5 ans
Profil d’épargnantPrudent, TMI ≥ 30%, plafonds livrets saturés, horizon fixeTous profils, épargne sécuritéMénages modestes (conditions ressources)Tous profils, épargne long termeAccepte risque, horizon long
Rendement réel (inflation 1,3%)+0,28 à +0,86 point+0,40 pt (bientôt +0,10 pt)+1,40 pt (bientôt +0,60-1,10 pt)+0,45 à +1,85 ptVariable
Avantages clésTaux garanti fixe, capital protégé, pas de plafond (souvent)Liquidité, exonération, simplicitéMeilleur rendement net, exonérationLiquidité, fiscalité > 8 ans, successionFiscalité > 5 ans, potentiel gains élevés
Inconvénients majeursFiscalité lourde (31,4%), aucune liquidité, pas de versementsPlafond bas, rendement faiblePlafond 10 k€, conditions ressourcesFrais gestion, rendement variableRisque perte capital, volatilité

 

Ce tableau peut servir de check-list avant toute souscription : vérifier votre horizon, votre besoin de liquidité, votre fiscalité et le niveau de garantie souhaité permet de savoir si un compte à terme améliore réellement votre épargne sécurisée, ou s’il vaut mieux rester sur des livrets, des fonds euros ou un PEA pour la partie plus risquée. La suite du guide pourra ensuite répondre aux questions très concrètes qui restent souvent en suspens : taux à jour, conditions précises d’ouverture, cas particuliers ou points juridiques spécifiques.

Conclusion

Au final, un compte à terme reste un placement à capital garanti qui prend tout son sens sur un horizon bien défini d’un à cinq ans, notamment une fois vos livrets réglementés remplis et vos besoins de trésorerie immédiate couverts. L’enjeu principal consiste à regarder le rendement net, car un taux affiché à 3 % sur un CAT tombe à un peu plus de 2 % après PFU à 31,4 %, ce qui change complètement la comparaison avec un Livret A ou un bon fonds en euros. Deux points méritent de rester à l’esprit au moment de décider : le CAT n’est pas une enveloppe fiscale mais un simple compte taxable, et la vraie sécurité dépend aussi du respect du plafond de 100 000 euros par établissement, d’où l’intérêt de vérifier la garantie FGDR et de répartir les montants importants. En pratique, ceux qui disposent de plusieurs dizaines de milliers d’euros ont souvent tout intérêt à combiner une épargne de précaution sur les livrets, une échelle de maturités en CAT pour les projets datés et, au-delà, des solutions plus souples comme l’assurance-vie. Pour aller plus loin, vous pouvez à présent creuser l’organisation globale de votre patrimoine garanti entre livrets et fonds en euros, ou explorer une allocation plus diversifiée qui intègre PEA et ETF pour la partie longue. Les lecteurs qui souhaitent optimiser leurs impôts ont aussi tout intérêt à consulter nos dossiers dédiés à la fiscalité de l’épargne et à la préparation de la retraite, afin de placer chaque euro sur l’enveloppe la plus adaptée.

FAQ – Comptes à terme et placements sécurisés

Puis-je retirer mon argent avant la fin du CAT ?

Oui, mais uniquement avec un préavis réglementaire de 32 jours calendaires et en acceptant des pénalités souvent lourdes.
Selon la banque, ces pénalités vont de la suppression totale des intérêts (BoursoBank, Alior Bank) à une pénalité de 25% sur les intérêts acquis (Ramify, Placement-direct.fr).
D’autres appliquent une minoration du taux, par exemple –0,50 point chez BNP Paribas.
Certains comptes à terme interdisent purement le retrait anticipé, sauf cas de force majeure, comme chez Klarna ou Distingo.
Après le préavis, le virement intervient sous 2 à 7 jours ouvrés, ce qui porte le délai total de récupération des fonds à 34–39 jours.
En pratique, il convient donc de n’ouvrir un CAT que pour une épargne dont on n’a pas besoin avant l’échéance.

Le CAT est-il plus intéressant que le Livret A en janvier 2026 ?

Avec la baisse attendue du taux du Livret A à 1,40% net en février 2026, un CAT 60 mois à 2,45–3,15% brut rapporte 1,68–2,16% net après PFU 31,4%.
L’écart net se situe ainsi entre +0,28 et +0,76 point au profit du CAT, mais au prix d’un blocage de 5 ans.
Le Livret A conserve l’exonération totale d’impôts et une liquidité immédiate, là où le CAT subit la fiscalité compte à terme et un préavis en cas de sortie.
Le CAT devient pertinent quand on a déjà rempli les plafonds des livrets réglementés (22 950 € Livret A, 12 000 € LDDS, 10 000 € LEP).
Sur 12 mois, les meilleurs CAT tournent autour de 1,80–2,30% brut, donc l’avantage dépendra finement du niveau du Livret A.
La décision se joue entre rendement net, horizon de placement et besoin de liquidité.

Quelle est la différence entre CAT et assurance-vie (fonds euro) ?

Le compte à terme est un dépôt unique, à taux fixe garanti et sans versement complémentaire, avec une fiscalité au PFU 31,4% appliquée aux intérêts.
Le fonds euro d’assurance-vie garantit le capital mais offre un rendement annuel variable, d’environ 2,50–4,50% net de frais en 2025 selon les contrats.
Côté fiscalité, l’assurance-vie est à 30% (PFU) si le contrat a moins de 8 ans, puis bénéficie d’un abattement annuel et d’un taux de 7,5% d’IR au-delà de 8 ans (PS à 17,2%).
La liquidité des fonds euros est généralement de 2 à 5 jours, avec la possibilité de rachats partiels et de versements libres.
Le CAT offre la visibilité d’un taux verrouillé, mais impose un blocage et des pénalités en cas de retrait anticipé.
Sur la longue durée, l’assurance-vie l’emporte souvent grâce à sa fiscalité et sa flexibilité.

Le CAT est-il garanti en cas de faillite de ma banque ?

Oui, les dépôts sur un compte à terme sont couverts par le Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution (FGDR) à hauteur de 100 000 € par déposant et par établissement.
Ce plafond inclut également les autres dépôts dans la même banque, comme le compte courant ou les livrets bancaires non réglementés.
Les livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP) bénéficient d’une garantie d’État séparée de 100 000 €, également gérée par le FGDR.
En cas de défaillance, l’indemnisation intervient sous 7 jours ouvrables, ce qui sécurise le capital garanti.
Pour des montants supérieurs à 100 000 €, il faut diversifier entre plusieurs établissements.
Ainsi, on additionne des « poches » de garantie sans dépasser le plafond par banque.

Quelle est la fiscalité du CAT en 2026 ?

Depuis le 1er janvier 2026, les intérêts de CAT supportent le prélèvement forfaitaire unique de 31,4% (12,8% d’IR + 18,6% de prélèvements sociaux).
On peut opter globalement pour le barème progressif si l’on est en tranche marginale de 0% ou 11%, ce qui ramène la charge à 18,6–29,6%.
La banque prélève à la source au moment du paiement des intérêts, ce qui simplifie la gestion de la fiscalité des comptes à terme.
Les foyers sous les seuils de revenu fiscal (25 000 € célibataire, 50 000 € couple) peuvent demander une dispense sur la part IR de 12,8%.
Cette dispense évite une avance de trésorerie, les prélèvements sociaux restant dus immédiatement.
Au-delà d’une TMI de 30%, le PFU 31,4% demeure en général l’option la plus avantageuse.

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hwohleke13
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