
Dernière mise à jour : septembre 2026
Vous voulez confier votre épargne à quelqu’un dont c’est le métier, sans passer vos week-ends à arbitrer entre supports. La banque privée fait ce travail, mais son seuil d’entrée, plusieurs centaines de milliers d’euros d’avoirs, est rarement affiché. Les plateformes en ligne annoncent toutes la même promesse : une gestion pilotée diversifiée à frais réduits, qui ne se vérifie qu’avec des frais détaillés et des performances publiées.
Ramify se place là, avec une assurance-vie en gestion pilotée ouverte dès 1 000 € et une tarification annoncée entre 1 % et 1,4 % tout compris selon le palier. Ouverts au public depuis 2021, ses produits affichent des performances nettes de frais de gestion sur cinq ans, arrêtées au 31 juillet 2026. Ce recul permet d’évaluer Ramify sur ses résultats, et plus seulement sur ses intentions.
Cet avis décompose les frais de Ramify poste par poste, ce que chaque palier ouvre en produits comme en accompagnement, et pour quel profil ce modèle est cohérent.
1. Ramify, l’alternative digitale à la banque privée : qui est derrière la promesse ?
Une plateforme qui promet l’équivalent d’une banque privée doit d’abord prouver qu’elle tient debout. Qui la finance, quels agréments elle détient : tout cela se vérifie dans les registres publics, pas sur ses propres pages.
1.1 Une société de cinq ans adossée à Apicil et AG2R LA MONDIALE
Ramify SAS a été créée en octobre 2020, ses produits ouverts au public depuis 2021. Immatriculée au RCS de Paris sous le numéro 885 322 594, elle siège au 40 rue Blanche à Paris et Samy Ouardini la préside.
Olivier Herbout, directeur général, vient de Goldman Sachs Asset Management, et Samy Ouardini d’Oliver Wyman. Ces parcours expliquent la méthode quantitative, mais ne présagent rien de ses résultats.
Le financement s’est fait en deux temps : 3,5 M€ d’amorçage le 14 novembre 2022 avec Newfund, AG2R LA MONDIALE, le groupe Apicil et Crédit Agricole Brie Picardie, puis 11 M€ en série A en juin 2024, menés par 13books. Deux assureurs figurent donc au capital depuis le premier tour, et Apicil assure en même temps les contrats en gestion pilotée.
Cette proximité explique qu’une société de cinq ans distribue des contrats d’assurance-vie et de plan d’épargne retraite, le PER. Le capital social de 4 196,34 € ne dit rien de sa solidité, il reflète la valeur nominale des actions d’une société financée par primes d’émission. Ce qui compte est ailleurs : les fonds ne sont jamais détenus par Ramify mais par l’assureur ou le teneur de compte.
1.2 Ce qui se vérifie en une minute, et ce qui reste déclaratif
- ORIAS 20009289, comme courtier en assurance (COA) et conseiller en investissement financier (CIF).
- ORIAS 885322594, comme mandataire non exclusif en opérations de banque et en services de paiement (MOBSP).
- Enregistrement PSAN, prestataire de services sur actifs numériques, auprès de l’Autorité des marchés financiers, l’AMF, sous le numéro E2023-75, pour l’offre crypto.
- Adhésion à la Chambre nationale des conseils en gestion de patrimoine, association agréée par l’AMF.
Le contrôle est partagé entre l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, l’ACPR, pour l’assurance et le mandat bancaire, et l’AMF pour le conseil en investissement. Ces quatre inscriptions se vérifient en une minute sur orias.fr et sur le registre GECO de l’AMF, ce qui écarte l’essentiel des arnaques à l’investissement, bien plus sûrement qu’un palmarès.
Le partenaire bancaire est CFCAL – Banque, filiale du Crédit Mutuel Arkéa. Une réclamation reçoit un accusé de réception sous dix jours et une réponse sous deux mois, des délais contractuels opposables et non des engagements marketing, avec en recours le médiateur de l’AMF ou le Centre de Médiation et d’Arbitrage de Paris.
Le déclaratif demande plus de prudence. Le « 4,9/5 » et les « 100 000+ utilisateurs » affichés par Ramify sont auto-déclarés, sans plateforme d’origine ni nombre d’avis agrégés, quand la seule évaluation indépendante est le TrustScore Trustpilot, environ 4,7/5 sur un peu moins de 200 avis : les deux vont dans le même sens, mais une seule est vérifiable.
Les encours ne sont pas publiés, le seul repère étant la distinction Décideurs Magazine 2026 « Meilleur CGP », pour conseiller en gestion de patrimoine, catégorie Large, qui situe l’encours au-dessus de 400 M€. Ramify revendique plus de 50 récompenses en cinq ans, dont quatre distinctions 2026 documentées, des prix décernés par la presse patrimoniale qui ne garantissent aucune performance.
Sur ce premier volet, mon avis est clair : la fiabilité de Ramify est documentée et contrôlable en quelques minutes.
2. Que peut-on ouvrir chez Ramify, et avec quoi le remplit-on ?
Une enveloppe fiscale comme l’assurance-vie ou le PER n’est qu’un contenant, quand les ETF, pour exchange traded funds, les SCPI, sociétés civiles de placement immobilier, ou le private equity sont le contenu, et la distinction commande tout le reste de cet avis.
2.1 Six enveloppes, deux assureurs, six tickets d’entrée
Six enveloppes composent le catalogue, de l’assurance-vie au plan d’épargne en actions, le PEA.
| Enveloppe fiscale | Ticket d’entrée Ramify | Mode de gestion | Assureur / dépositaire | Éligibilité déclarée |
|---|---|---|---|---|
| Assurance-vie (« Ramify Vie ») | 1 000 € | Gestion pilotée uniquement | Apicil | Personnes physiques ou morales (contrat de capitalisation pour les personnes morales) |
| Assurance-vie 100 % fonds euros | 1 000 € | Fonds euros Netissima | Generali | Personnes physiques |
| PER (« Ramify PER ») | 1 000 € (Essential, Flagship) · 10 000 € (Elite) | Gestion pilotée uniquement | Apicil | Personnes physiques et travailleurs non salariés |
| PEA | 5 000 € (ouverture ou transfert) | Gestion conseillée (recommandations d’arbitrage) | Nelia Titres (Groupe DLPK) · dépositaire Crédit Mutuel Arkéa | Personnes physiques résidentes fiscales en France |
| Compte-titres ordinaire | 1 000 € | Selon support | Teneur de compte non publié | Particuliers et personnes morales |
| Assurance-vie luxembourgeoise | 100 000 € (palier Black) | Sur mesure | La Mondiale Europartner | Clientèle patrimoniale |
Données à jour : septembre 2026
Un des avantages du PEA est le suivant : les titres qui y sont logés sont juridiquement séparés du patrimoine de Ramify et resteraient hors de son actif en cas de défaillance. C’est aussi la seule enveloppe en gestion conseillée, avec des recommandations d’arbitrage que vous validez. Le ticket de 5 000 € vaut à l’ouverture comme au transfert, sans frais, dans un portefeuille en ETF dont notre guide du PEA reprend les règles.
L’assurance-vie luxembourgeoise, elle, est portée par La Mondiale Europartner, filiale d’AG2R LA MONDIALE.
2.2 Ce que Ramify met dans ces enveloppes : d’ETF en private equity
Le contenu repose sur quatre classes d’actifs.
- Les ETF servent de base à tous les portefeuilles, actions comme obligations, développés comme émergents, sélectionnés sur trois critères : liquidité même en crise, historique de rendement et coût d’acquisition.
- Le fonds euros est disponible dans les trois gammes, en assurance-vie comme en PER, et le contrat 100 % fonds euros repose sur Netissima, avec 0,90 % de frais de gestion annuels.
- Les SCPI donnent accès à plus de 45 véhicules français et étrangers, dès 187 €, avec une remise pouvant aller jusqu’à 2,5 %.
- Le private equity réunit plus de 30 fonds de grandes maisons internationales, dès 10 000 €, sans aucun frais d’entrée, avec plus de 300 fonds analysés chaque année pour 30 sélectionnés.
Trois poches complètent l’univers, des produits structurés dès 1 000 €, un club deal immobilier au rendement cible de 10 % par an pour une immobilisation de 24 à 36 mois, et l’art.
Sur l’immobilier, cette remise se calcule sur le montant initial investi, et non sur les seuls frais de souscription, une différence de nature, comme le détaille notre dossier sur les SCPI.
Sur le capital-investissement, le TRI moyen de 15 à 20 % mis en avant porte sur les seuls fonds de premier quartile, une statistique de sous-échantillon et pas une espérance de rendement. Le rendement annuel cible de 25 % est le TRI cible maximal de certains fonds en Growth Equity et Venture Capital, pas une promesse.
Réunir sept classes d’actifs dans une seule allocation pilotée est le premier point fort de Ramify, et ce qui le distingue des gestions pilotées bâties sur les seuls ETF et le fonds euros.
2.3 Par quelle enveloppe commencer, et ce que la fiscalité 2026 y change
On choisit l’enveloppe avant le portefeuille, parce qu’elle fixe la fiscalité et l’horizon quand le portefeuille, lui, se change par un simple arbitrage gratuit : une erreur de contenu se corrige en quelques clics, une erreur de contenant se paie en impôt.

Le PER ouvre droit à la déduction des versements volontaires du revenu imposable, dans la limite des plafonds annuels que détaille notre guide du plan épargne retraite. Il est d’autant plus efficace que la tranche marginale d’imposition est élevée, et Ramify vise les tranches à 30 %, 41 % et 45 %, avec en contrepartie le blocage jusqu’à la retraite. Versez avant le 31 décembre 2026 pour imputer l’économie sur les revenus 2026.
En assurance-vie, les prélèvements sociaux restent à 17,2 % en 2026, fonds euros comme unités de compte. Avant huit ans, un rachat supporte 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 30,0 %. Après huit ans, sous 150 000 € de primes versées, l’impôt tombe à 7,5 %, soit 24,7 % au total, après un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule et 9 200 € pour un couple, que détaille notre guide de l’assurance vie 2026.
Cet écart de 6,7 points est la meilleure raison d’ouvrir un contrat tôt, même faiblement doté. Le compteur d’ancienneté court dès le premier versement, et le ticket de 1 000 € rend le geste accessible.
Le PEA obéit à une autre règle : après cinq ans, l’impôt sur le revenu reste exonéré, mais les prélèvements sociaux montent à 18,6 % en 2026, le PEA ne figurant pas dans les exceptions à la hausse de CSG. Avant cinq ans, le retrait relève du prélèvement forfaitaire unique, le PFU, à 31,4 %, comme sur le compte-titres.
3. Combien coûte réellement Ramify ?
La réponse tient en deux termes indépendants, un palier de compte qui dépend du montant investi, et une gamme de portefeuille qui dépend de la diversification choisie.
3.1 Premier axe : trois niveaux de compte, trois tarifs
| Ramify Premier | Ramify Black | Ramify Obsidian | |
|---|---|---|---|
| Ticket d’entrée | à partir de 1 000 € | à partir de 100 000 € | à partir de 1 000 000 € |
| Frais de gestion tout compris (gestion Ramify + assureur) | 1,4 % | 1,2 % | 1 % |
| Frais d’entrée / versement / arbitrage / sortie | 0 % | 0 % | 0 % |
| Remise sur frais de souscription SCPI | jusqu’à 2,5 % | jusqu’à 2,5 % | jusqu’à 2,5 % |
| Conseiller privé dédié | non (support via espace dédié) | oui | oui, relation prioritaire + ligne dédiée |
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Les frais de gestion couvrent la gestion pilotée de Ramify et la rémunération de l’assureur. Ils ne changent ni entre l’assurance-vie et le PER, ni d’une gamme à l’autre. Vous ne payez rien à l’entrée, rien sur les versements, rien sur les arbitrages, rien à la sortie : rééquilibrer votre portefeuille est gratuit, quand des contrats bancaires facturent encore chaque opération.
Le palier ne change pas que le tarif, il change aussi l’accompagnement.
- Premier, dès 1 000 €, donne une stratégie personnalisée, l’accès à tout le catalogue et l’optimisation fiscale, mais aucun conseiller privé n’y est attribué : c’est l’écart le plus visible entre la promesse de banque privée et la réalité du premier ticket.
- Black, dès 100 000 €, ajoute ce conseiller dédié, des solutions sur mesure comme l’assurance-vie luxembourgeoise ou le crédit Lombard et un réseau d’experts ; Obsidian, dès 1 000 000 €, y ajoute un suivi par l’équipe de recherche et un accès en avant-première aux parts initiales des nouveaux fonds.
C’est au palier Black que la comparaison avec une banque privée devient pertinente : il ouvre l’accès à des supports éligibles au report d’imposition de l’article 150-0 B ter du code général des impôts, le CGI, utile au dirigeant qui vient de céder sa société, à condition de remployer au moins 60 % du produit dans les deux ans.
Sur ce point, le site de Ramify n’est pas parfaitement cohérent. Les pages produit réservent l’assurance-vie luxembourgeoise et le crédit Lombard au palier Black, à partir de 100 000 €, alors que le tableau comparatif les affiche sur les trois paliers. Retenez la version la plus restrictive : ces deux solutions n’ont d’intérêt qu’à partir d’un capital important. Les tickets d’entrée propres à chaque produit s’appliquent quel que soit le palier, 10 000 € en private equity et 5 000 € sur le PEA.
3.2 Second axe : la gamme de portefeuille, ce que change la diversification choisie
Les gammes Essential, Flagship et Elite ne modifient pas le taux de frais de gestion, elles déterminent les classes d’actifs du portefeuille, donc les frais de support qui s’ajoutent à ce taux.
| Gamme de portefeuille | Investissement minimum | Classes d’actifs incluses | Frais de support ETF | Frais de support SCPI | Frais de support Private Equity |
|---|---|---|---|---|---|
| Essential | 1 000 € | Actions, obligations, fonds euros | ≈ 0,2 % | n/a | n/a |
| Flagship | 1 000 € | Actions, obligations, fonds euros, immobilier | ≈ 0,2 % | ≈ 2 % | n/a |
| Elite | 10 000 € | Actions, obligations, fonds euros, immobilier, private equity | ≈ 0,2 % | ≈ 2 % | ≈ 1,9 % |
Données à jour : septembre 2026
Ces frais ne sont pas prélevés par Ramify mais par les sociétés de gestion des supports, et ils pèsent malgré tout sur votre performance nette. Ce sont des taux par classe d’actifs, jamais une moyenne applicable au portefeuille entier, les poids d’allocation n’étant pas publiés.
Elite reste la seule gamme à intégrer du private equity. L’intérêt est réel pour un investisseur au long cours, mais le coût de support ajouté à l’illiquidité du non coté en fait un choix à écarter pour une épargne mobilisable à court terme. En dessous de 10 000 €, l’accès reste limité à Essential et Flagship.
Le montant investi fait bouger le taux de gestion, la gamme les frais de support, et les deux se cumulent au lieu de se remplacer.
3.3 Additionner les deux axes : le coût annuel réel
Un portefeuille Essential au palier Premier supporte environ 1,4 % de frais de gestion et environ 0,2 % de frais de support ETF, soit environ 1,6 % par an tout compris. C’est le cas de référence, celui de l’épargnant qui entre à 1 000 €.
Un portefeuille Elite au palier Obsidian relève d’une autre arithmétique : 1 % de gestion, plus les frais de support de ses poches ETF, SCPI et private equity, au prorata du poids de chacune. Aucun total chiffré n’est possible ici, ces frais ne portant que sur la fraction investie dans chaque classe d’actifs. La facture est plus élevée qu’en Essential, sur un portefeuille en contrepartie moins corrélé aux marchés cotés.
Le coût de la diversification n’est pas dans le taux de gestion, il est dans les frais de support. Le graphique ci-dessous le montre à palier figé sur Premier.

Le message « 1 % à 1,4 % tout compris » est exact pour les frais de gestion, et seulement pour eux.
Note de Henri
je regarde toujours les frais avant la performance. Sur ce contrat, commencer par les frais change la prise de décision. Le taux affiché est le chiffre le plus stable du barème, il ne bouge ni avec l’enveloppe ni avec la gamme, alors que les frais de support varient du simple au décuple selon la classe d’actifs, de 0,2 % sur un ETF à environ 2 % sur une SCPI. C’est cette seconde ligne qui détermine le coût réel, et c’est celle qu’on lit en dernier.
Sur la page PER, Ramify détaille ce taux autrement : environ 0,5 % pour l’assureur Apicil et 0,5 % à 0,8 % pour la gestion pilotée, soit 1 % à 1,3 % hors supports, contre 1 % à 1,4 % au barème officiel. C’est ce barème officiel qui fait foi, et cet écart de 0,1 point en haut de fourchette tient à un simple décalage de mise à jour entre deux pages.
Les documents contractuels des frais sont publiés en accès libre au format PDF, pour l’assurance-vie comme pour le PER, plutôt qu’enfouis dans les conditions générales : c’est le meilleur signal de transparence de Ramify. Le simulateur de la page tarifs chiffre des économies sur cinq ans face à une « banque traditionnelle » aux hypothèses non explicitées, mais il ne remplace pas la comparaison contrat par contrat que mène notre comparatif des gestions pilotées.
4. Que vaut la gestion pilotée, et qu’a-t-elle rapporté ?
Un prix ne veut rien dire tant qu’on ignore ce qu’il paie. Ici, il paie une allocation construite en interne par une équipe de recherche, pas un produit standard vendu tel quel.
4.1 Une allocation construite en interne, dix niveaux de risque, des performances datées
L’allocation est confiée à une équipe de recherche interne de quatre personnes, un responsable, deux chercheurs quantitatifs et un ingénieur données, Ramify précisant qu’il ne s’agit « ni d’un algorithme générique ni d’une gestion sous-traitée à un tiers ». L’effectif est réduit, mais il est nommé et identifiable, ce qui n’est pas courant chez les acteurs digitaux, et la méthodologie est publiée en livre blanc, complété par un livre vert sur le facteur climat.
Tout part de l’analyse de votre profil investisseur, pour aboutir à une échelle de risque à dix niveaux, de « 1. Prudent » à « 10. Dynamique », regroupée en quatre familles, chacun existant en deux versions, Standard et Green, la seconde appliquant la stratégie climat.
Cette allocation est pilotée en assurance-vie et en PER, conseillée sur le PEA où le titulaire garde le dernier mot sur les recommandations d’arbitrage. Un épargnant qui veut choisir ses lignes une par une n’est pas dans la cible, et Ramify l’écrit sur ses pages.
Le tableau ci-dessous retient l’assurance-vie en version Standard, trois niveaux de risque par gamme, chiffres 2026 arrêtés au 31 juillet 2026.
| Gamme (assurance-vie, Standard) | Niveau de risque | 2026 (au 31/07) | 2025 | 2024 | 5 ans cumulé | 5 ans annualisé |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Essential | 1. Prudent | +1,04 % | +1,25 % | +5,03 % | +5,43 % | +1,06 % |
| Essential | 5. Équilibré | +4,45 % | +3,71 % | +14,83 % | +29,58 % | +5,32 % |
| Essential | 10. Dynamique | +8,26 % | +5,66 % | +27,12 % | +81,36 % | +12,64 % |
| Flagship | 1. Prudent | +2,08 % | +3,03 % | +4,12 % | +12,87 % | +2,45 % |
| Flagship | 5. Équilibré | +5,16 % | +4,50 % | +13,99 % | +43,07 % | +7,43 % |
| Flagship | 10. Dynamique | +8,26 % | +5,66 % | +27,12 % | +81,64 % | +12,68 % |
| Elite | 1. Prudent | +2,42 % | +3,19 % | +4,52 % | +19,95 % | +3,70 % |
| Elite | 5. Équilibré | +5,99 % | +4,71 % | +14,66 % | +49,44 % | +8,37 % |
| Elite | 10. Dynamique | +8,19 % | +5,59 % | +25,29 % | +78,71 % | +12,31 % |
Données à jour : septembre 2026
Ces performances sont nettes des frais de gestion. Ce sont des résultats passés : ils ne garantissent pas ceux de demain, et vous pouvez perdre une partie de votre capital. Les frais de support n’en sont pas déduits : un portefeuille Flagship ou Elite supporte en plus, au prorata des poids, les quelque 2 % de sa poche SCPI et les 1,9 % de sa poche private equity. L’écart est négligeable en Essential, il compte sur les gammes diversifiées.
4.2 Trois leçons à tirer de ces cinq années
La diversification paie surtout sur les profils prudents. Sur cinq ans, le profil « 1. Prudent » rapporte +5,43 % cumulés en Essential contre +19,95 % en Elite, plus de quatorze points d’écart à niveau de risque identique. Sur le profil « 10. Dynamique », les trois gammes se tiennent en revanche en trois points. Les SCPI et le private equity remplacent en effet des obligations peu rémunératrices dans un portefeuille défensif, alors qu’ils concurrencent des actions déjà majoritaires dans un portefeuille offensif, un effet que détaille notre dossier sur la performance des classes d’actifs. Un épargnant prudent a donc plus à gagner à monter en gamme qu’un épargnant dynamique, exactement l’inverse du réflexe qui réserve le non coté aux profils offensifs, et c’est un constat, pas une prévision.

Note de Tom
à mes débuts, le ticket d’entrée comptait plus pour moi que le rendement, et je prenais l’allocation la plus simple en la croyant la plus prudente. Ce tableau dit l’inverse. L’écart de quatorze points se joue sur le profil prudent, pas sur le profil dynamique : c’est le petit portefeuille défensif qui paie le plus cher son manque de diversification. En échange, il faut accepter de bloquer une partie de son argent plusieurs années.
2024 a été une très bonne année, il ne faut pas s’attendre à la même chose tous les ans. Le profil 10 en Essential y affiche +27,12 %, quand 2025 est ressortie à +5,66 %. Bâtir une attente de rendement sur ce seul millésime est l’erreur la plus répandue.
La version Green a coûté du rendement sur la période, +77,30 % cumulés contre +81,36 % en Standard sur ce même profil 10 en Essential, quatre points qui sont le prix de la contrainte climat, et Ramify publie lui-même les deux séries.
Il n’existe donc pas un rendement unique de l’assurance-vie Ramify, mais un éventail annualisé sur cinq ans de +1,06 % à +12,68 % selon la gamme et le profil, constaté et non projeté.
Sur le PEA, Ramify met en avant +81,36 % sur cinq ans, soit +12,64 % annualisés, sur un portefeuille Essential 100 % actions au risque 10 sur 10, du 31/12/2020 au 30/12/2025. La performance est datée, mais c’est le profil le plus risqué de la gamme, et l’affirmation d’être « le PEA en gestion conseillée le plus performant du marché » ne s’appuie sur aucun classement indépendant.
5. Notre verdict : à qui Ramify convient
Une seule question compte encore, à qui cette offre convient et à qui elle ne convient pas. Les réserves passent avant le verdict.
5.1 Les quelques limites à connaître
Nous n’avons relevé que peu de vraies réserves, et aucune n’est rédhibitoire. Nous les listons quand même, parce qu’elles méritent votre attention avant de signer.
- La gestion libre n’existe pas : l’assurance-vie et le PER sont exclusivement pilotés.
- Le conseiller privé dédié ne commence qu’au palier Black, à 100 000 €. En dessous, vous avez accès à tout le catalogue et à un support client, mais pas à une relation personnelle. Il y a là une marge de progression, et l’offre est encore jeune.
- Les tickets d’entrée segmentent l’offre : 1 000 € en Essential ou Flagship, 5 000 € pour le PEA, 10 000 € pour la gamme Elite et le private equity, donc pas de diversification complète dès le premier euro.
- Les frais de support restent peu visibles : le « 1 % à 1,4 % tout compris » ne couvre que la gestion, et ceux des poches SCPI et private equity ne figurent que dans le tableau détaillé de la page tarifs, sans pondérations publiées.
- On peut quand même citer une petite déception sur la transparence : cinq ans d’existence, aucun encours publié, et un « 4,9/5 » auto-déclaré là où le TrustScore Trustpilot indépendant ressort à environ 4,7/5 sur moins de 200 avis. L’écart est faible, et publier ses encours viendra sans doute avec la maturité.
Des frais bas ne compensent pas le risque. Sur les unités de compte, vous pouvez perdre tout ce que vous avez investi. Une baisse peut être aussi forte que la hausse de +27,12 % affichée par le profil 10 en 2024. Une partie de votre argent sera bloquée, et c’est normal : le private equity et les SCPI ne sont pas cotés en Bourse, on ne les revend pas en un clic comme une action. Un club deal immobilier immobilise les sommes de 24 à 36 mois. L’argent placé en gamme Elite ne doit pas être un argent dont vous pourriez avoir besoin.
Le produit structuré mis en avant protège votre capital tant que le sous-jacent ne baisse pas de plus de 50 %. Au-delà, vous perdez à proportion de la baisse. Et le rendement annoncé reste un objectif : rien ne garantit que vous le toucherez. Si l’assureur faisait faillite, vous seriez couvert jusqu’à 70 000 € par personne, tous contrats Apicil confondus, et 90 000 € pour les rentes. Au-delà, la seule protection consiste à répartir votre épargne entre plusieurs compagnies.
Un contrat à éviter se repère à quatre signaux : frais d’entrée ou de versement, frais d’arbitrage, plus de 1 % de gestion sur unités de compte sans conseil, gamme limitée aux fonds maison sans ETF. Ramify se situe du bon côté sur les trois premiers, un contrôle que vous pouvez mener sans conseiller en gestion de patrimoine.
5.2 Ramify face à Nalo, Mon Petit Placement, Finary et la banque privée : le verdict par profil
Aucun concurrent ne fait exactement la même chose que Ramify. Les quatre acteurs ci-dessous permettent de le situer, chacun sur une facette différente.
| Acteur | Modèle | Ticket d’entrée | Enveloppes couvertes | Univers d’investissement | Modèle de rémunération |
|---|---|---|---|---|---|
| Ramify | Gestion pilotée multi-actifs + conseil gradué | 1 000 € (AV, PER) · 5 000 € (PEA) · 10 000 € (gamme Elite, private equity) | Assurance-vie, assurance-vie mineur, assurance-vie luxembourgeoise, PER, PEA, compte-titres, livret, compte à terme | ETF, fonds euros, SCPI, private equity, produits structurés, club deal, art, crypto | Frais de gestion tout compris 1 % à 1,4 % selon palier ; 0 % entrée / versement / arbitrage / sortie ; frais de support en sus |
| Nalo | Gestion pilotée « multi-projets », ETF au cœur de l’allocation | 1 000 € | Assurance-vie (Nalo Patrimoine), PER | ETF, fonds euros, produits structurés ; pas de private equity, pas de SCPI en direct | Assurance-vie : 1,40 % sur unités de compte (0,90 % Nalo + 0,50 % assureur), 0,85 % sur le fonds euros, ETF ≈ 0,25 %, soit 1,65 % par an au maximum, tout compris ; PER : 1,60 % au maximum. 0 % entrée / versement / arbitrage |
| Mon Petit Placement | Gestion pilotée thématique, orientée primo-investisseurs | à partir de 300 € | Assurance-vie, assurance-vie mineur, PER | Portefeuilles thématiques (environnement, tech, santé, or, spatial…), gérés par des sociétés de gestion partenaires | Frais assureur 0,5 %/an + frais des sociétés de gestion à partir de 1,2 %/an selon le support + commission de performance trimestrielle, dégressive selon l’encours et prélevée uniquement sur les gains dépassant le plus haut trimestre déjà atteint |
| Finary | Agrégateur de patrimoine + abonnement, avec un contrat d’assurance-vie en gestion libre ou profilée | 300 € (ou 150 € avec versement programmé) sur Finary Life | Assurance-vie (Finary Life, contrat e-vie assuré par Generali Vie) ; agrégation de tous les comptes existants | 700+ unités de compte (ETF, actions, fonds thématiques, private equity), en gestion libre ou via trois portefeuilles profilés | Abonnement (offre gratuite, Lite 54,99 €/an, Plus 149,99 €/an, Pro 349,99 €/an) + 0,50 % de frais de gestion sur les unités de compte ; 0 % entrée / versement / arbitrage |
| Banque privée traditionnelle | Conseil patrimonial global adossé à un groupe bancaire | Seuil rarement publié ; ordres de grandeur constatés de 250 000 € à 1 M€ d’avoirs selon l’établissement | Toutes enveloppes, y compris crédit et ingénierie sur mesure | Fonds maison, mandats de gestion, produits structurés, non coté | Frais de gestion et rétrocessions rarement publics, négociés au cas par cas |
Données à jour : septembre 2026
Nalo mise sur une allocation plus resserrée, autour des ETF, du fonds euros et de produits structurés, sans private equity ni SCPI en direct. Mon Petit Placement se rémunère sur les gains, sur un univers thématique qui ne couvre pas une allocation complète.
Finary agrège le patrimoine existant et vous laisse composer votre portefeuille ou retenir l’un de ses trois portefeuilles profilés, quand Ramify vend une gestion entièrement déléguée. Face à la banque privée, Ramify publie son barème, ouvre à 1 000 € et fait tout en ligne. C’est exactement le segment qu’il vise.
Le verdict tient en cinq cas. Si vous déléguez intégralement, avec un horizon supérieur à huit ans et un risque assumé, Ramify est cohérent dès 1 000 € en assurance-vie ou en PER.
À 30 %, 41 % ou 45 % de tranche marginale d’imposition, et si le blocage jusqu’à la retraite ne vous gêne pas, le PER y ajoute la déduction à l’entrée, avec le remboursement des frais de transfert jusqu’à 2 000 € et une procédure annoncée à un ou deux mois.
À partir de 100 000 €, le palier Black donne accès au conseiller privé dédié et à l’ingénierie patrimoniale. Je recommande Ramify sans réserve sur ce segment, c’est là que les 1,2 % se justifient.
En dessous du ticket de la gamme Elite, l’offre reste un bon produit, mais sans la poche private equity qui fait sa singularité.
Si vous voulez gérer vous-même, si votre horizon est inférieur à cinq ans ou si cette épargne doit rester disponible, je vous déconseille Ramify : la gestion pilotée et l’illiquidité des poches alternatives jouent contre vous.
La promesse est tenue sur ses trois volets, une diversification rare dans une allocation pilotée unique, une tarification lisible à 0 % de frais transactionnels, un cadre réglementaire vérifiable.
Notre avis sur Nalo détaille l’alternative la plus proche en gestion pilotée, celui consacré à Finary éclaire le modèle par abonnement, et notre comparatif des CGP les situe face au conseil traditionnel.
Conclusion
En résumé, notre avis est très positif. Ramify tient ses promesses sur les trois points qui comptent : une diversification réelle, avec immobilier et private equity dans une allocation pilotée unique, une tarification publiée poste par poste, et des documents contractuels en accès libre.
Le « 1 % à 1,4 % tout compris » ne couvre que les frais de gestion : avec les frais de support, un portefeuille Essential au palier Premier revient à environ 1,6 % par an. Surtout, le profil prudent gagne le plus à monter en gamme : plus de quatorze points d’écart sur cinq ans, contre trois points sur le plus offensif. Ce sont des performances passées, elles ne disent rien de la suite.
Au fond, tout dépend de votre horizon de placement, bien plus que du palier ou de la gamme. Vous confiez la gestion à Ramify, vous acceptez de pouvoir perdre une partie de votre capital sur les unités de compte, et vous laissez dormir plusieurs années la part investie en private equity ou en SCPI. Si vous placez à plus de huit ans une épargne dont vous n’aurez pas besoin, le modèle tient dès 1 000 €. À moins de cinq ans, ou si vous préférez choisir vos lignes vous-même, regardez ailleurs.
Pour prolonger ce calcul, notre analyse des quatre couches de frais d’une assurance-vie montre comment elles se cumulent sur trente ans. Si tout déléguer vous retient encore, la différence entre gestion libre et gestion pilotée mérite quelques minutes. Et pour la retraite, notre comparatif de huit PER individuels situe Ramify sur les frais et les supports.
FAQ
Ramify est-il fiable ?
Oui, sur le plan réglementaire : Ramify est immatriculée à l’ORIAS sous le numéro 20009289, courtier en assurance et conseiller en investissement financier, enregistrée PSAN à l’AMF sous E2023-75 et titulaire d’un numéro MOBSP (885322594). Elle est contrôlée par l’ACPR et l’AMF, avec Apicil et AG2R LA MONDIALE au capital depuis 2022. Notre guide sur les arnaques à l’investissement explique comment vérifier ce type d’immatriculation.
Qui est l’assureur de Ramify ?
Deux assureurs selon le contrat : Apicil pour l’assurance-vie Ramify Vie et le PER en gestion pilotée, Generali pour le contrat 100 % fonds euros via le fonds Netissima, avec 0,90 % de frais de gestion. Le PEA suit une architecture distincte : tenue de compte par Nelia Titres, du groupe DLPK, et dépositaire le Crédit Mutuel Arkéa.
Combien coûte réellement Ramify par an ?
Les frais de gestion dépendent du palier : 1,4 % chez Premier dès 1 000 €, 1,2 % chez Black dès 100 000 €, 1 % chez Obsidian dès 1 000 000 €, sans frais d’entrée ni de sortie. S’y ajoutent des frais de support selon la gamme : environ 0,2 % sur les ETF, 2 % sur les SCPI, 1,9 % sur le private equity. Ramify ne publie pas la pondération entre ces poches, donc pas de taux unique tout compris.
Que change le palier Ramify Black par rapport à Ramify Premier ?
L’écart de frais de gestion, 1,2 % contre 1,4 %, n’est pas l’essentiel. Black donne accès à un conseiller privé dédié, à une assurance-vie luxembourgeoise via La Mondiale Europartner dès 100 000 € et à un crédit lombard adossé au portefeuille. Chez Premier, l’investisseur n’a qu’un support client, sans interlocuteur attitré ni ces montages.
Quel est le rendement d’une assurance-vie Ramify ?
Il n’y a pas un rendement unique, ni garanti. Les performances nettes des frais de gestion, arrêtées au 31 juillet 2026, varient fortement selon la gamme choisie et le niveau de risque déterminé, et les frais de support réduisent encore ce chiffre net. Comme toujours, les performances passées ne présagent pas des performances futures.
La gamme Elite de Ramify en vaut-elle la peine ?
Ça dépend de votre horizon. Accessible dès 10 000 €, Elite est la seule gamme à intégrer du private equity, avec des frais de support autour de 1,9 % sur cette poche et environ 2 % sur la poche SCPI, en échange de l’illiquidité du non coté. L’écart se voit surtout sur les profils prudents : +19,95 % sur cinq ans en Elite contre +5,43 % en Essential.
Comment fonctionne le PEA de Ramify ?
Le PEA Ramify fonctionne en gestion conseillée : Ramify recommande une allocation en ETF, mais vous validez chaque mouvement. Le ticket d’entrée est de 5 000 €, à l’ouverture comme en transfert, sans frais d’entrée ni de sortie. Après 5 ans, vous ne payez plus d’impôt sur le revenu, mais les prélèvements sociaux restent dus, à 18,6 % en 2026.
Que valent les avis clients de Ramify, notamment sur Trustpilot ?
La note de 4,9/5 et les « plus de 100 000 utilisateurs » affichés sur le site de Ramify sont auto-déclarés, donc invérifiables. La seule mesure indépendante est celle de Trustpilot, autour de 4,7/5, sur une base d’avis nettement plus restreinte. Les deux notes vont dans le même sens, sans se comparer terme à terme.
Comment joindre Ramify par téléphone ?
Ramify ne publie aucun numéro de service client sur ses pages publiques. Le contact passe par l’espace investisseur, un formulaire, le chat en ligne ou la prise de rendez-vous avec un conseiller. En cas de réclamation, l’accusé de réception arrive sous dix jours et la réponse sous deux mois maximum.





