
Vous cherchez un courtier pour investir en bourse avec des frais plancher, et Trade Republic revient dans toutes les conversations. Ordres à 1 €, plans d’investissement gratuits dès 1 €, rémunération du cash non investi : sur le papier, le néo-courtier berlinois coche beaucoup de cases. Depuis l’obtention de sa licence bancaire complète fin 2023 et le déploiement d’un IBAN français en 2025, Trade Republic vise clairement les investisseurs français. Pourtant, le courtier ne propose toujours pas de PEA, et ses gains restent soumis au prélèvement forfaitaire de 31,4 % sur compte-titres.
Alors, est-ce que les frais à 1 € suffisent à compenser l’absence de PEA et une fiscalité plus lourde ? On passe au crible les frais réels, la sécurité, la fiscalité et les limites concrètes de Trade Republic pour trancher.
1. Trade Republic en France : ce que propose le courtier
Trade Republic promet des ordres à 1 €, des plans d’investissement gratuits et une rémunération du cash. Avant de savoir si cette promesse tient dans la pratique, il faut comprendre qui est ce courtier et ce qu’il met réellement sur la table pour un investisseur français.
1.1 Qui est Trade Republic et quel est son statut en France ?
Trade Republic a été fondée en 2015 à Berlin par Christian Hecker, Thomas Pischke et Marco Cancellieri. Le fondateur Trade Republic et ses associés ont d’abord obtenu une licence de courtier BaFin en 2019, puis une licence bancaire complète le 6 décembre 2023. Cette distinction compte : Trade Republic Bank GmbH n’est plus un simple courtier, mais un établissement de crédit soumis aux exigences prudentielles européennes (CRR/CRD) en matière de fonds propres et de liquidité. La BaFin (Bundesanstalt für Finanzdienstleistungsaufsicht) assure la supervision directe, avec une supervision indirecte de la BCE dans le cadre du Mécanisme de Surveillance Unique (MSU).
En France, Trade Republic opère en libre prestation de services (LPS) au titre de la directive MiFID II. L’entreprise est enregistrée auprès de l’ACPR et figure dans le registre REGAFI, ce qui signifie que vous bénéficiez des protections MiFID II : obligation de meilleure exécution, évaluation d’adéquation et gestion des conflits d’intérêts. Le courtier revendique plus de 8 millions de clients en Europe, un chiffre marketing qu’aucun audit indépendant ne confirme pour 2026. Trade Republic France est donc bien un acteur régulé, mais le réflexe à garder est de vérifier vous-même l’enregistrement sur le registre REGAFI de l’ACPR avant d’ouvrir un compte.
Deux points à noter d’emblée : Trade Republic est réservé aux personnes physiques résidant dans l’EEE (pas de compte pro), et le bon réflexe avant d’ouvrir un compte est de vérifier l’enregistrement du courtier sur le registre REGAFI de l’ACPR. Pour situer Trade Republic parmi les acteurs du marché, BoursoBank, Fortuneo, Revolut ou Trade Republic font l’objet d’un comparatif complet avec tarifs détaillés et avis par profil.
1.2 L’offre en un coup d’oeil : ce qui est disponible (et ce qui manque)
Le périmètre de l’offre s’articule autour d’un compte-titres ordinaire (CTO) donnant accès à un univers relativement large : 8 000+ actions, plus de 2 000 ETF, des obligations d’Etat et d’entreprise accessibles dès 1 € via fractions, 50+ cryptomonnaies et des dérivés (warrants, turbos). Les plans d’investissement programmés, disponibles dès 1 € en fréquence hebdomadaire, bimensuelle ou mensuelle, constituent le pilier central de l’offre pour l’investisseur en DCA. Depuis 2025, Trade Republic propose un IBAN français et une carte Visa avec un saveback de 1 % en cashback investi automatiquement.
L’absence de PEA est le principal point de friction, et c’est un sujet que l’on voit revenir très souvent dans les retours. Sur un CTO, les gains sont soumis au PFU de 31,4 % (IR 12,8 % + PS 18,6 % en 2026), contre 18,6 % de prélèvements sociaux seulement sur un PEA après 5 ans. L’écart de 12,8 points d’IR pèse lourd sur le rendement net à long terme. Trade Republic PEA n’existe tout simplement pas, et il n’y a pas non plus de SRD, de compte joint, d’accès aux marchés asiatiques ni aux OPCVM classiques.
Si vous n’avez pas encore de PEA, ouvrez cette enveloppe en priorité (BoursoBank, Fortuneo, Bourse Direct), puis complétez avec un CTO Trade Republic si l’offre correspond à votre profil. Le courtier coche beaucoup de cases sur le papier, mais un courtier se juge d’abord sur ses frais réels, pas sur sa vitrine.
2. Frais réels et coûts cachés : le modèle tarifaire décrypté
La promesse du 1 € par ordre est le premier argument mis en avant par Trade Republic. Pour savoir si elle résiste à l’examen, il faut regarder au-delà des Trade Republic frais affichés et inclure les coûts indirects que le courtier ne met pas en avant.
2.1 La grille tarifaire : frais affichés et frais oubliés
Le modèle tarifaire de Trade Republic repose sur trois piliers : ordres à 1 €, plans d’investissement gratuits, zéro frais de garde. Le tableau ci-dessous détaille l’ensemble des postes de frais.
| Poste de frais | Montant | Commentaire |
|---|---|---|
| Ordre d’achat/vente (actions, ETF, obligations, dérivés) | 1 € par ordre | Forfait fixe, indépendant du montant |
| Plan d’investissement programmé (DCA) | 0 € | Gratuit pour les achats programmés |
| Droits de garde | 0 € | Pas de frais annuels de conservation |
| Frais d’inactivité | 0 € | Aucun frais même en cas d’absence d’activité |
| Frais de change (titres cotés en USD ou GBP) | Spread implicite estimé 0,1 à 0,5 % | Non affiché, intégré dans le cours |
| Spread crypto | Estimé 1 à 2 % | Le spread est le coût réel du trading crypto sur TR |
| Transfert sortant de titres | 15 €/ligne (max 150 €) | Historiquement source de frustration |
| Dépôt par carte bancaire | 0 € (1er dépôt), puis 1 % | Les dépôts suivants sont facturés 1 % |
| Retrait d’espèces (carte Visa) | 0 € à partir de 100 € | En dessous de 100 €, frais de 1 € par retrait |
Données à jour, avril 2026.
Le 1 € par ordre est un forfait invariable, que vous passiez un ordre de 50 € ou de 10 000 €. Ce modèle est très compétitif pour les ordres supérieurs à 500 € (0,20 % de frais), mais relativement cher en pourcentage pour les très petits ordres : 1 € sur un achat de 10 €, c’est 10 % de frais de courtage. Les plans d’investissement programmés, gratuits dès 1 €, neutralisent ce problème si vous automatisez vos achats mensuels. Un investisseur mensuel économise au minimum 12 € par an en utilisant les plans plutôt que des ordres ponctuels. Pour choisir son courtier en bourse selon les frais, l’exécution et les erreurs à éviter, cette distinction entre plan programmé et ordre ponctuel est déterminante.
2.2 Spread, PFOF et qualité d’exécution : ce que le 1 € ne dit pas
Les frais affichés ne racontent qu’une partie de l’histoire. L’exécution chez Trade Republic passe exclusivement par LS Exchange (Lang & Schwarz), une place unique. En horaires de marché standard (9h à 17h30), le spread est généralement aligné sur Xetra ou Euronext. En dehors de ces horaires (LS Exchange est ouvert de 7h30 à 23h), les spreads peuvent s’élargir significativement, surtout sur les titres peu liquides. Si vous achetez un Trade Republic ETF MSCI World à 20h00, vous risquez de subir un spread plus large qu’en journée, une différence qui se chiffre en dizaines de centimes par part.
Les titres cotés en USD font l’objet d’une conversion de devise dont le spread n’est pas facturé séparément mais intégré dans le cours d’exécution. Les retours communautaires l’estiment entre 0,1 et 0,5 %, ce qui reste raisonnable mais pas négligeable sur de gros ordres.

Le modèle historique de Trade Republic reposait en partie sur le PFOF (Payment for Order Flow), des rétrocessions versées par LS Exchange pour le flux d’ordres. Ce mécanisme est interdit en Europe depuis 2026. Trade Republic a adapté son modèle, mais aucun engagement officiel ne garantit le maintien des tarifs actuels à moyen terme. Le bon réflexe est de passer vos ordres ponctuels entre 9h et 17h30 pour bénéficier des meilleurs spreads. Les plans d’investissement programmés sont exécutés automatiquement et ne sont pas impactés de la même manière.
2.3 Rémunération du cash : le piège de l’affichage brut
Trade Republic interet : le courtier rémunère le cash non investi à un taux aligné sur le taux de facilité de dépôt de la BCE, soit environ 2,00 % brut en avril 2026. Les intérêts sont versés mensuellement. Le site France indique que la rémunération n’est pas plafonnée, tandis que le site Luxembourg mentionne un plafond de 50 000 €, une ambiguïté que Trade Republic n’a pas clarifiée.
Mais attention, l’affichage brut est trompeur. Les intérêts perçus sur le cash sont des revenus de placement sur CTO, soumis au PFU de 31,4 %. Le rendement net tombe à 1,37 % (2,00 % x (1 – 0,314)). Le Livret A, à 1,5 % net d’impôt (taux en vigueur du 1er février au 31 juillet 2026), rapporte donc davantage, sans aucune fiscalité. Vous avez tout intérêt à remplir d’abord vos livrets réglementés (Livret A + LDDS, soit 35 050 € de plafond cumulé) avant de laisser du cash rémunéré chez Trade Republic. Pour structurer cette hiérarchie d’épargne, le guide épargne réglementée 2026 détaille les plafonds du Livret A, du LDDS et du LEP.
Les frais sont clairement parmi les plus bas du marché pour l’investisseur en DCA. Mais un courtier ne se réduit pas à sa grille tarifaire, car la sécurité de votre argent et de vos titres est tout aussi déterminante.
3. Sécurité, fiscalité et obligations déclaratives
Le coût d’un courtier est un critère de choix, mais il ne suffit pas. Avant de confier votre capital à Trade Republic, vous devez savoir comment l’argent et les titres sont protégés, et quelles obligations fiscales s’imposent à un résident français. Trade Republic fiable ? C’est ce qu’on va vérifier.
3.1 Garantie des dépôts et protection des titres
Le cash déposé chez Trade Republic est couvert par le fonds de garantie des dépôts allemand, l’EdB (Entschädigungseinrichtung deutscher Banken), à hauteur de 100 000 € par déposant. Depuis la licence bancaire, une partie du cash est détenue au bilan de Trade Republic Bank, mais une partie reste placée chez des banques partenaires (notamment Solaris Bank). Le mécanisme EdB couvre les dépôts dans les deux cas.
Les titres (actions, ETF, obligations) sont ségrégués du bilan de la banque. En cas de faillite de Trade Republic, vos titres restent votre propriété et ne sont pas inclus dans la masse des créanciers. Le dépositaire titres est historiquement HSBC, bien qu’aucune source récente ne confirme ce dépositaire pour 2026. En complément, le système d’indemnisation des investisseurs allemand couvre jusqu’à 20 000 € en cas de défaillance du dépositaire.
Pour rendre les choses concrètes : si vous avez 50 000 € en cash et 200 000 € en titres, votre cash est intégralement garanti par l’EdB, et vos titres sont ségrégués et restituables indépendamment du sort de Trade Republic. Les cryptomonnaies ne sont en revanche couvertes ni par la garantie des dépôts ni par le système d’indemnisation, un point que l’on voit souvent sous-estimé. Trade Republic crypto implique donc un risque supplémentaire à ne pas négliger.
3.2 Fiscalité, IFU et formulaire 3916-bis : ce que le résident français doit savoir
Tous les revenus réalisés sur le Trade Republic compte titre sont soumis au PFU de 31,4 % en 2026 (IR 12,8 % + PS 18,6 %, hausse PS depuis la LFSS 2026). Les catégories concernées sont les plus-values de cession (actions, ETF, obligations), les dividendes, les intérêts (obligations et cash) et les plus-values crypto. L’option pour le barème progressif de l’IR reste disponible si elle est plus favorable.
Pour les dividendes d’actions allemandes, Trade Republic applique automatiquement le taux conventionnel de retenue à la source de 15 % (convention fiscale franco-allemande), avec crédit d’impôt correspondant (formulaire 2047). Les dividendes américains font l’objet d’une retenue US de 15 % (formulaire W-8BEN rempli à l’ouverture du compte). Pour les intérêts sur espèces versés avec IBAN français, un acompte d’IR de 12,8 % est retenu automatiquement. Pour ceux qui détiennent des cryptomonnaies, le guide sur comment déclarer ses crypto impôts en France détaille la procédure.
Trade Republic IFU : le courtier fournit un Imprimé Fiscal Unique aux résidents français depuis 2021. Ce document reprend les plus-values, dividendes, intérêts et retenues à la source à reporter directement dans votre déclaration de revenus (cases 2DC, 2CG, 2AB). C’est un vrai gain de temps, et c’est ce qui fait la différence avec certains courtiers étrangers qui vous laissent vous débrouiller.
La question du formulaire 3916-bis mérite qu’on s’y attarde. Avec un IBAN français (ouvert en 2025 ou après), aucune position officielle de la DGFiP ne confirme que le compte doit être déclaré comme compte étranger. Si vous avez migré d’un IBAN allemand vers un IBAN français, déclarez la clôture de l’ancien compte. L’amende pour défaut de déclaration s’élève à 1 500 € par compte non déclaré. En cas de doute, déclarer reste l’option la plus prudente : la déclaration n’entraîne aucun coût ni conséquence fiscale supplémentaire. Trade Republic impots ne pose donc pas de difficulté majeure, à condition de bien suivre ces étapes.
Vous savez désormais ce qui est garanti, ce qui est taxé et ce que vous devez déclarer. Mais concrètement, quels sont les points forts et les limites au quotidien, et comment Trade Republic se positionne face à ses concurrents ?
4. Points forts, limites et face à la concurrence
L’infrastructure réglementaire et fiscale de Trade Republic est maintenant claire. Au-delà des frais et de la sécurité, qu’est-ce qui fonctionne bien au quotidien, et où le courtier montre-t-il ses limites face aux alternatives ?
4.1 Ce qui fonctionne bien : DCA, interface et extras
Les plans d’investissement programmés sont la pièce maîtresse de l’offre Trade Republic. Gratuits dès 1 €, ils permettent d’automatiser un DCA sur plus de 2 000 ETF en fréquence hebdomadaire, bimensuelle ou mensuelle. Les fractions d’actions et d’ETF rendent cette fonctionnalité accessible même avec un budget de 50 € par mois. Si vous privilégiez le DCA en ETF, c’est un avantage que peu de concurrents proposent à ce niveau de coût.
L’interface mobile est un autre point fort régulièrement salué. L’inscription prend quelques minutes, la recherche de titres et le passage d’ordres sont fluides, et le suivi du portefeuille reste lisible. Sur Trustpilot, Trade Republic affiche une note de 4,3/5 avec plus de 30 000 avis, les retours positifs portant principalement sur la simplicité d’utilisation et les frais bas.
La rémunération du cash, rare chez les courtiers en ligne, et la carte Visa avec 1 % de saveback (cashback réinvesti automatiquement) complètent l’offre. Un point à nuancer sur l’offre de bienvenue : le programme de parrainage permet de recevoir 1 action ou ETF gratuit d’une valeur aléatoire entre 5 et 200 €. Le « 200 € Trade Republic » souvent mentionné est le plafond maximal, pas un bonus garanti.
Sur 10 ans, l’écart de frais de courtage cumulés entre Trade Republic et ses concurrents devient significatif pour un investisseur en DCA. Le guide ETF détaille comment comparer et choisir l’enveloppe adaptée à ce type de stratégie.

4.2 Ce qui pose problème : PEA, exécution et service client
L’absence de PEA reste le principal frein. Sur un investissement en ETF MSCI World à 8 % de rendement annuel moyen sur 20 ans, l’écart fiscal entre CTO (31,4 %) et PEA (18,6 %) représente plusieurs milliers d’euros de manque à gagner. Pour un investisseur de long terme, ce n’est pas un détail.
La place d’exécution unique (LS Exchange) crée un problème différent. Vous n’avez aucun choix de place, et les spreads peuvent être défavorables sur les titres peu liquides ou en dehors des horaires standard (avant 9h et après 17h30). Pour un DCA automatisé, l’impact reste limité. En revanche, si vous passez des ordres ponctuels sur des titres moins courants, le coût indirect peut vite s’accumuler.
L’offre présente aussi des angles morts : pas d’accès aux marchés asiatiques, pas d’OPCVM classiques, pas de SRD, pas de compte joint. La version web existe mais n’offre pas une parité fonctionnelle complète avec le mobile, notamment sur l’historique du compte et les outils avancés.
Le service client est un point de friction récurrent dans les retours terrain. Trade Republic ne propose que le chat et l’email, sans assistance téléphonique. Les transferts sortants de titres, historiquement longs, peuvent prendre jusqu’à 3 semaines pour un CTO et 1 à 3 mois pour un PEA. Les titres sont immobilisés pendant toute la procédure, un point à anticiper avant de concentrer un portefeuille important chez ce courtier. Pour bien comprendre les enjeux d’un transfert, le guide PEA couvre l’ouverture, les transferts et la gestion optimisée.
4.3 Trade Republic face à Degiro, BoursoBank et Interactive Brokers
Pour situer Trade Republic dans le paysage, le tableau ci-dessous compare les cinq courtiers les plus souvent mis en concurrence par les investisseurs français.
| Critère | Trade Republic | Degiro (flatexDEGIRO) | BoursoBank | Bourse Direct | Interactive Brokers |
|---|---|---|---|---|---|
| Frais par ordre (actions/ETF) | 1 € fixe | 0 € courtage + 1 € gestion (ETF Core) ; 2 € + 1 € (autres ETF/actions) | 1,99 € (Découverte, <500 €) ; 0,60 % (>500 €) | 0,99 € (<500 €) à 3,80 € (<4 400 €) ; 0,09 % au-delà | 0,05 % du montant, min 1,25 €, max 29 € (tiered Europe) |
| PEA disponible | Non | Non | Oui | Oui | Non |
| Plans d’investissement (DCA) | Gratuit dès 1 € | Non disponible | Non disponible | Non disponible | Non nativement |
| Rémunération du cash | ~2,00 % (aligné BCE) | Non | Non | Non | 1,465 % (EUR, solde >10 000 €, NAV >100k USD) |
| Places d’exécution | LS Exchange uniquement | Multiples (Euronext, Xetra, NYSE, etc.) | Euronext + internationales | Euronext principalement | 150+ bourses mondiales |
| Licence / Régulation | BaFin (Allemagne) | BaFin via flatexDEGIRO Bank SE (Allemagne) | ACPR/AMF (France) | ACPR/AMF (France) | Banque centrale d’Irlande / Multiples |
| Garantie dépôts | EdB 100 000 € | EdB 100 000 € | FGDR 100 000 € | FGDR 100 000 € | ICS Irlande, 90 % des pertes, max 20 000 € |
Données à jour — avril 2026.
Face à Degiro, le positionnement se joue sur un arbitrage clair. Les deux courtiers sont étrangers, sans PEA, supervisés par la BaFin. Degiro donne accès à de multiples places boursières, ce qui avantage l’investisseur actif sur les marchés internationaux. Trade Republic l’emporte sur les plans DCA gratuits, la rémunération du cash et l’interface mobile. Côté protection, le niveau est comparable : titres ségrégués et garantie EdB 100 000 € dans les deux cas.
Face à BoursoBank, c’est le PEA qui fait la différence. Si vous n’avez pas encore de PEA, ouvrez cette enveloppe en priorité chez BoursoBank, Fortuneo ou Bourse Direct, puis complétez avec un CTO Trade Republic si le profil le justifie. Les frais de courtage sont plus élevés chez BoursoBank (1,99 €/ordre en Découverte), et aucune fonctionnalité de DCA automatisé n’est nativement disponible. Pour approfondir cette comparaison, l’avis BoursoBank 2026 détaille les tarifs, le PEA et les profils adaptés.
Face à Interactive Brokers, l’écart est d’un autre ordre. IBKR donne accès à 150+ bourses mondiales, des outils d’analyse avancés et le SRD. Trade Republic est plus simple et moins cher pour le DCA, mais il n’est pas dans la même catégorie pour un investisseur actif ou exigeant en matière de trade republic crypto ou de couverture multi-marchés.
5. Verdict : à qui s’adresse Trade Republic (et à qui il ne convient pas)
Les forces et faiblesses sont identifiées, la comparaison concurrentielle est faite. Est-ce que Trade Republic en France correspond à votre profil ? C’est la question la plus personnelle de cet avis.
5.1 Les profils adaptés et ceux qui devraient regarder ailleurs
Trade Republic convient bien à trois profils d’investisseurs.
L’investisseur passif en DCA ETF qui a déjà un PEA (rempli ou en cours) trouve dans Trade Republic un CTO complémentaire idéal. Les plans programmés gratuits dès 1 € sur 2 000+ ETF éliminent les frais de courtage, et la qualité d’exécution sur une place unique est un non-sujet pour des achats automatisés. Le jeune actif avec un budget de 50 à 300 € par mois y trouve aussi son compte : les fractions d’actions et d’ETF rendent l’investissement accessible, l’interface est simple et l’absence de frais de garde ou d’inactivité ne pénalise pas les petits portefeuilles.
L’épargnant qui cherche à faire travailler son cash au-delà des livrets réglementés peut s’intéresser à la rémunération alignée sur la BCE (~2,00 % brut). Mais après le PFU de 31,4 %, il reste 1,37 % net, soit moins que le Livret A à 1,5 %. L’intérêt réel apparaît une fois les livrets réglementés remplis (35 050 € de plafond Livret A + LDDS). Les obligations accessibles dès 1 € via fractions peuvent aussi offrir un rendement supérieur au cash rémunéré, avec un risque à évaluer titre par titre.
En revanche, Trade Republic n’est pas adapté dans trois cas de figure. L’investisseur sans PEA doit ouvrir cette enveloppe en priorité : l’écart de 12,8 points d’IR est trop important pour être ignoré. Un PEA chez BoursoBank, Fortuneo ou Bourse Direct reste le premier réflexe. Le trader actif qui a besoin de plusieurs places d’exécution, d’outils d’analyse avancés ou du SRD trouvera mieux chez Interactive Brokers ou Saxo. Enfin, si vous cherchez à accéder aux marchés asiatiques, aux OPCVM classiques ou aux produits structurés, ce n’est pas chez Trade Republic que vous les trouverez.

Note de Tom
j’utilise plusieurs courtiers en parallèle depuis des années, et ce qui ressort c’est qu’aucun ne fait tout bien. Pour du DCA en ETF sur CTO, Trade Republic est difficile à battre sur les frais. Mais concentrer l’intégralité de son portefeuille chez un seul courtier, surtout sans PEA, c’est se priver de l’avantage fiscal le plus rentable du marché français.
5.2 Notre verdict et tableau récapitulatif
Trade Republic est un excellent CTO complémentaire pour l’investisseur en DCA ETF qui a déjà un PEA. Le courtier a gagné en maturité avec sa licence bancaire, l’IBAN français et la garantie EdB 100 000 €. Pour autant, il ne remplace pas un PEA et n’est pas conçu pour les profils avancés qui ont besoin de multi-marchés ou d’outils de trading.
| Critère | Évaluation |
|---|---|
| Frais | 1 €/ordre, plans programmés gratuits, 0 € de droits de garde |
| Sécurité | BaFin, EdB 100 000 €, ségrégation des titres |
| Fiscalité | PFU 31,4 %, IFU fourni, 3916-bis ambigu avec IBAN français |
| Offre | CTO uniquement, pas de PEA, 8 000+ actions, 2 000+ ETF |
| Rémunération cash | ~2,00 % brut / 1,37 % net (après PFU) |
| Service client | Chat/email uniquement, pas de téléphone |
| Profil idéal | DCA ETF, petit budget, CTO complémentaire |
Données à jour — avril 2026.
En clair, Trade Republic tient ses promesses sur les frais et la simplicité d’usage, mais l’absence de PEA reste un handicap structurel pour l’investisseur français. Pour aller plus loin dans la construction de votre allocation, le guide portefeuille boursier détaille le choix des actifs, des enveloppes et du profil d’investisseur.

Conclusion
Trade Republic tient ses promesses sur l’essentiel : des frais de courtage parmi les plus bas du marché, des plans d’investissement gratuits dès 1 € et une interface simple qui rend le DCA en ETF accessible à tous les budgets. Pour un investisseur qui a déjà un PEA et qui cherche un CTO complémentaire, c’est un courtier difficile à battre sur le rapport coût/fonctionnalité. En revanche, l’absence de PEA reste un handicap structurel, et c’est un point que l’on voit souvent sous-estimé : sur un horizon de 20 ans, l’écart de 12,8 points d’IR entre CTO et PEA représente plusieurs milliers d’euros de manque à gagner.
Avant de vous lancer, gardez un réflexe simple : ne laissez pas du cash rémunéré chez Trade Republic tant que vos livrets réglementés ne sont pas remplis, car le rendement net après PFU (1,37 %) reste inférieur au Livret A (1,5 %). Si vous débutez en bourse, ouvrir un PEA chez un courtier français est la première étape, et notre comparatif PEA 2026 vous aide à choisir parmi les 8 meilleurs courtiers selon votre profil. Pour structurer votre stratégie d’investissement en ETF au-delà du choix du courtier, le guide ETF détaille comment comparer les supports et choisir l’enveloppe adaptée. Et si vous hésitez entre plusieurs courtiers, notre guide courtiers bourse couvre les frais, l’exécution et les erreurs à éviter.
FAQ – Trade Republic pour l’investisseur français
Trade Republic est-il fiable et régulé en France ?
Trade Republic Bank GmbH détient une licence bancaire complète délivrée par la BaFin depuis décembre 2023, avec supervision indirecte de la BCE dans le cadre du Mécanisme de Surveillance Unique. En France, la société opère en libre prestation de services (LPS) au titre de MiFID II, enregistrée auprès de l’ACPR dans le registre REGAFI et référencée par l’AMF. Le cash est couvert par la garantie des dépôts allemande (EdB) à hauteur de 100 000 € par déposant, et les titres sont ségrégués du bilan de la banque. La note Trustpilot est d’environ 4,3/5 avec plus de 30 000 avis. Pour tout courtier étranger, vérifier l’inscription sur REGAFI reste le premier réflexe avant d’ouvrir un compte.
Peut-on ouvrir un PEA chez Trade Republic ?
Non, Trade Republic ne propose que le CTO (compte-titres ordinaire). C’est le principal point bloquant pour un investisseur français, car les gains sur CTO sont soumis au PFU de 31,4 % (IR 12,8 % + PS 18,6 %), contre 18,6 % de prélèvements sociaux seulement sur un PEA après 5 ans. Sur un investissement long terme en ETF, l’écart fiscal représente plusieurs milliers d’euros. Ce qu’on observe le plus souvent, c’est que la meilleure stratégie consiste à ouvrir d’abord un PEA chez un courtier français, puis à compléter avec un CTO Trade Republic pour les titres non éligibles ou une fois le PEA rempli. Notre comparatif des PEA 2026 détaille les meilleures options disponibles.
Quels sont les frais réels de Trade Republic ?
Les frais affichés sont parmi les plus bas du marché : 1 € par ordre (actions, ETF, obligations, dérivés), 0 € pour les plans d’investissement programmés, 0 € de droits de garde et 0 € de frais d’inactivité. Attention, il y a des frais indirects à surveiller : spread d’exécution élargi hors horaires de marché (avant 9h et après 17h30), frais de change implicites de 0,1 à 0,5 % sur les titres en devises étrangères, spread crypto estimé à 1-2 %, et transfert sortant de 15 € par ligne de titres. Le 1 € par ordre est régressif pour les petits montants, car il représente 10 % de frais sur un achat de 10 €. Les plans d’investissement programmés gratuits neutralisent ce problème pour le DCA, et c’est là que Trade Republic est vraiment difficile à battre.
Comment déclarer son compte Trade Republic aux impôts en France ?
Trade Republic fournit un IFU (Imprimé Fiscal Unique) aux résidents fiscaux français depuis 2021, qui reprend plus-values, dividendes, intérêts et retenues à la source à reporter dans la déclaration de revenus (cases 2DC, 2CG, 2AB). La déclaration est donc sensiblement simplifiée par rapport à un calcul manuel. Sur le formulaire 3916-bis (déclaration de compte étranger), la situation est ambiguë pour les comptes avec IBAN français ouverts depuis 2025, aucune position officielle de la DGFiP ne confirmant l’obligation. En cas de doute, déclarer reste l’option la plus prudente, l’amende pour défaut de déclaration d’un compte étranger étant de 1 500 € par compte.
La rémunération du cash chez Trade Republic vaut-elle le coup ?
Le taux affiché est aligné sur le taux de facilité de dépôt de la BCE, soit environ 2,00 % en avril 2026. Ce chiffre est séduisant, mais il faut calculer le rendement net : soumis au PFU de 31,4 %, ce taux tombe à environ 1,37 %. Le Livret A est à 1,5 % net d’impôt jusqu’au 31 juillet 2026, ce qui le rend plus rentable tant qu’il n’est pas rempli. Ce qu’on constate en pratique, c’est que la rémunération Trade Republic prend tout son sens une fois les livrets réglementés saturés (Livret A + LDDS, soit 35 050 € de plafond cumulé). Pour aller plus loin sur la logique de hiérarchisation de l’épargne, le guide ETF et notre article sur le CTO couvrent les fondamentaux.

Degiro (flatexDEGIRO)
BoursoBank
Bourse Direct
Interactive Brokers


