
Dernière mise à jour : juillet 2026
Votre prime d’intéressement ou de participation vient de tomber, vous hésitez entre l’encaisser tout de suite et la placer, et au moment de déclarer vos revenus aux impôts, le doute s’installe : qu’est-ce qui est vraiment exonéré, qu’est-ce qui doit figurer sur votre déclaration ? On rencontre cette situation très souvent, et l’erreur classique coûte cher, qu’il s’agisse de déclarer en salaire une somme déjà exonérée ou de passer à côté du prélèvement libératoire à 7,5 % au moment de toucher son épargne retraite. En 2026, l’enjeu est bien réel : avec le plafond annuel de la Sécurité sociale relevé à 48 060 €, l’intéressement et la participation placés sur un plan échappent à l’impôt sur le revenu jusqu’à 36 045 €, à condition de respecter les règles et les délais.
On reprend pas à pas votre épargne salariale et votre épargne retraite, du choix de placer ou percevoir jusqu’aux bonnes cases à remplir. Vous y trouverez aussi les choix chiffrés selon votre tranche d’imposition et les pièges qui font perdre un avantage fiscal.
1. Épargne salariale et épargne retraite : deux univers à ne pas confondre
Avant de remplir la moindre case, encore faut-il savoir de quoi on parle. Derrière le mot « épargne salariale », il y a plusieurs mécanismes très différents, plusieurs intervenants, et une règle de base qui décide à elle seule de ce qui sera imposé. On part donc des plans concrets et du rôle de chacun, jusqu’à la distinction entre le contenant et son contenu, qui désamorce une bonne partie des erreurs.
1.1 Les dispositifs et les acteurs : qui verse quoi, qui déclare quoi
L’épargne salariale, c’est l’ensemble des mécanismes par lesquels une entreprise associe ses salariés à ses résultats. On y trouve trois sources distinctes. L’intéressement est une prime facultative, liée à la performance et prévue par un accord d’entreprise. La participation redistribue une fraction du bénéfice et devient obligatoire au-delà de 50 salariés. L’abondement, lui, est un complément que l’employeur ajoute quand le salarié verse sur un plan. À côté de ces trois sources, vous pouvez aussi faire des versements volontaires de votre propre poche.
Ces sommes ne flottent pas dans le vide, elles atterrissent dans des plans. Le PEE (Plan d’Épargne Entreprise) bloque l’argent cinq ans, tandis que les plans retraite le bloquent jusqu’au départ à la retraite. Depuis la loi PACTE, l’épargne retraite s’organise autour du PER (Plan d’Épargne Retraite) en trois compartiments, le PER individuel (PERIN), le PER d’entreprise collectif (PERECO) et le PER d’entreprise obligatoire (PERO). Les anciens contrats existent toujours dans votre patrimoine, mais on ne les ouvre plus : le PERCO n’est plus commercialisé depuis octobre 2020, et les PERP, Madelin ou Article 83 basculent peu à peu vers le PER.
Reste à savoir qui fait quoi dans la chaîne. Le tableau ci-dessous répartit les rôles, car c’est souvent là que naissent les malentendus sur « qui déclare ».
| Acteur | Rôle pour le contribuable |
|---|---|
| Employeur / entreprise | Verse intéressement, participation, abondement ; transmet les montants au gestionnaire et au fisc |
| Gestionnaire d’épargne salariale et retraite | Tient les comptes, émet le relevé annuel de situation |
| impots.gouv.fr (DGFiP) | Reçoit la déclaration, pré-remplit certaines cases |
| Urssaf / Sécurité sociale | Fixe le PASS, base de calcul des plafonds d’exonération |
L’employeur et le gestionnaire pré-remplissent une partie de votre déclaration, mais le contrôle final reste de votre responsabilité. Le PASS (Plafond Annuel de la Sécurité Sociale) atteint 48 060 € en 2026, et c’est lui qui sert de base à tous les plafonds d’exonération que l’on verra plus loin. Si vous voulez aller plus loin sur les plans réceptacles, notre guide épargne salariale compare les plans selon l’horizon et le profil de l’épargnant.
1.2 Enveloppe ou support : la distinction qui évite la moitié des erreurs
Une confusion revient sans arrêt : on compare un PEE à un fonds en actions, comme si c’était la même chose. Or ce sont deux niveaux de nature différente. Le PEE est une enveloppe fiscale, un contenant qui fixe les règles du jeu. Le fonds en actions est un support, une classe d’actifs logée à l’intérieur. L’un décide de la fiscalité, l’autre du rendement.
Le tableau suivant sépare clairement ces deux niveaux, car c’est cette séparation qui conditionne toute la lecture des règles d’imposition.
| Niveau | Exemples dans l’épargne salariale/retraite | Ce qui s’y décide |
|---|---|---|
| Enveloppe (contenant) | PEE, PERECO, PERO, PER individuel | Fiscalité, blocage, plafonds |
| Support (classe d’actifs) | FCPE monétaire, FCPE actions, fonds euros, unités de compte, ETF logés dans le PER | Risque, rendement, frais de gestion |
Autrement dit, tout ce qui suit dans cet article raisonne au niveau de l’enveloppe, jamais du support. Que vous ayez choisi un FCPE monétaire prudent ou des unités de compte plus dynamiques à l’intérieur de votre PER ne change rien à la fiscalité décrite ici : ce qui compte, c’est le PEE contre le PER, la rente contre le capital. Une fois cette distinction assimilée, la suite devient bien plus claire.
1.3 Le relevé annuel de situation et le principe « exonéré si épargné, imposable si perçu »
Le contenant et le contenu sont désormais clairs, reste le document qui relie tout cela à votre déclaration : le relevé annuel de situation. Le gestionnaire vous l’envoie chaque année, et il récapitule vos versements, l’abondement reçu, les éventuels rachats et la valorisation du plan. C’est lui qui vous sert à vérifier les montants pré-remplis, à renseigner vos versements volontaires déductibles, et surtout à ventiler une sortie de PER entre la part « versements » et la part « gains ». Sans ce document, cette ventilation est tout simplement impossible à faire correctement.
Ce relevé prend tout son sens quand on comprend la règle qui gouverne l’épargne salariale, et c’est la plus importante de tout l’article. L’exonération d’impôt sur le revenu est la contrepartie du blocage de votre épargne. Si vous placez votre prime sur un plan dans les délais, elle échappe à l’impôt sur le revenu, dans la limite de 75 % du PASS. Si vous l’encaissez en numéraire, elle redevient un complément de salaire imposable en traitements et salaires. Et attention sur ce point précis : la participation que vous ne placez pas dans les 15 jours devient elle aussi imposable.
Ce n’est donc pas le montant qui déclenche l’impôt, c’est votre décision de placer ou de percevoir. Le schéma ci-dessous matérialise ce point de bifurcation, le moment exact où une somme bascule du côté exonéré ou du côté imposable.

2. Quels revenus déclarer, lesquels sont exonérés ?
La règle « exonéré si épargné » est comprise. Mais jusqu’où s’applique-t-elle vraiment, et que recouvre exactement le mot « exonéré » ? On situe d’abord chaque dispositif les uns par rapport aux autres, avant d’attaquer la subtilité la plus mal comprise du sujet, l’écart entre exonération d’impôt et exonération de prélèvements.
2.1 La vue générale : ce qui est imposable, ce qui ne l’est pas
Pour s’y retrouver d’un coup d’œil, rien ne vaut une lecture dispositif par dispositif. Le tableau ci-dessous résume le régime fiscal de chaque source d’épargne salariale, selon que vous placez ou que vous percevez.
| Dispositif | Si placé sur le plan | Si perçu immédiatement | Plafond d’exonération IR |
|---|---|---|---|
| Intéressement | Exonéré d’IR | Imposable (traitements et salaires) | 75 % du PASS |
| Participation | Exonéré d’IR (si placé sous 15 j) | Imposable (traitements et salaires) | 75 % du PASS |
| Abondement | Exonéré d’IR | Sans objet (versé par l’employeur) | Plafonds % du PASS |
| Versement volontaire PER (déductible) | Réduit le revenu imposable | Sans objet | Plafond épargne retraite |
Données à jour — juin 2026.
Autrement dit, c’est la décision du salarié qui pilote tout. Placé, l’intéressement comme la participation restent exonérés d’impôt sur le revenu tant qu’ils ne dépassent pas 75 % du PASS, soit 36 045 € en 2026. Perçus, ils retombent dans la catégorie des traitements et salaires, où ils suivent le barème progressif de l’impôt sur le revenu comme n’importe quel salaire. L’abondement de l’employeur, lui, est exonéré dans ses propres plafonds, et le versement volontaire déductible sur un PER vient carrément réduire votre revenu imposable. Quatre dispositifs, quatre logiques, mais une seule question qui revient à chaque fois : qu’est-ce que vous faites de l’argent ?
2.2 « Exonéré d’impôt » ne veut pas dire « zéro prélèvement »
C’est une confusion que l’on croise très souvent, et elle coûte cher en mauvaises surprises. « Exonéré d’impôt sur le revenu » ne signifie pas « exonéré de tout ». L’exonération d’IR et l’exonération de prélèvements sociaux sont deux sphères distinctes, qui ne se recouvrent presque pas.
Concrètement, l’intéressement, la participation et l’abondement, même placés et donc exonérés d’IR, supportent la CSG/CRDS au taux de 9,70 % (CSG 9,20 % + CRDS 0,50 %), prélevée sur les revenus d’activité sans abattement pour frais professionnels. Bonne nouvelle pour la déclaration, cette CSG/CRDS est précomptée directement par l’employeur, elle n’apparaît donc pas dans votre déclaration d’impôt sur le revenu. Mais elle est bien due, car ce n’est pas le seul prélèvement en jeu : les gains générés à l’intérieur du plan, eux, subissent les prélèvements sociaux à 18,6 % au moment de la sortie.
Le diagramme ci-dessous illustre ce décalage, avec une grande sphère « exonéré d’IR » et une bien plus petite « exonéré de prélèvements sociaux » qui ne se chevauchent qu’à la marge.

3. Intéressement, participation, abondement : le détail et la déclaration
La règle générale et les prélèvements sont en place. Reste à décortiquer chaque source, une par une, pour savoir quoi décider et où la retrouver sur la déclaration. On part de l’intéressement, là où votre choix est le plus visible, puis on enchaîne sur la participation et son délai décisif, et l’abondement, avant de finir par la mécanique déclarative.
3.1 La prime d’intéressement : percevoir ou placer ?
L’intéressement arrive sur votre compte avec une question implicite : qu’en faites-vous ? À réception, vous choisissez entre percevoir la prime, qui devient alors imposable, et la placer sur un plan, où elle reste exonérée. L’exonération d’IR joue dans la limite de 75 % du PASS, soit 36 045 € en 2026, un plafond largement supérieur à la prime moyenne.
Le délai est le point sur lequel on voit le plus d’erreurs. Si vous voulez le versement immédiat de votre prime, vous devez en faire la demande dans les 15 jours suivant sa mise à disposition. Passé ce délai sans demande de votre part, la prime est automatiquement placée sur le plan, et donc exonérée. Une fois l’argent dans le plan, les gains qu’il génère restent exonérés d’IR, mais ils supporteront les prélèvements sociaux de 18,6 % à la sortie.
Une astuce revient souvent dans les cas que l’on rencontre. Si votre TMI (Tranche Marginale d’Imposition) est de 30 % ou plus et que vous n’avez pas de besoin de liquidité immédiat, placez plutôt que de percevoir : sur une prime de 2 000 €, un salarié à TMI 30 % économise environ 600 € d’impôt rien qu’en bloquant la somme cinq ans sur le PEE. À l’inverse, si vous avez besoin de cet argent tout de suite, percevoir reste un choix légitime, à condition d’assumer l’imposition.
Note de Henri
quand on regarde les données comportementales, ce qui frappe c’est combien d’épargnants laissent filer le délai de 15 jours par simple inertie. Dans la majorité des cas, ce non-choix penche du bon côté, l’exonération, mais il vaut mieux décider activement que subir un automatisme.
L’arbre de décision ci-dessous formalise ce choix, du besoin de liquidité jusqu’à la case 1AJ.

Pour creuser la mécanique de la prime, notre guide explique comment maximiser sa prime nette après CSG-CRDS et PEE.
3.2 La prime de participation : le délai de 15 jours qui change tout
La participation suit la même logique d’exonération que l’intéressement, mais avec une différence de taille. Elle redistribue une fraction du bénéfice et devient obligatoire dès 50 salariés, là où l’intéressement reste facultatif. Là encore, vous disposez de 15 jours, cette fois à compter de l’information du montant attribué, pour choisir entre le versement immédiat imposable et le placement sur un PEE ou un plan retraite.
Le piège tient dans l’affectation par défaut. Si vous ne faites aucun choix dans le délai, la participation n’est pas perdue, elle est affectée automatiquement selon l’accord, généralement pour moitié sur un PER d’entreprise collectif. Vous restez exonéré, mais vous ne pilotez plus la destination de l’argent. Le plafond d’exonération est identique à celui de l’intéressement, 36 045 € en 2026.
Le tableau suivant met les deux primes côte à côte pour faire ressortir ce qui change réellement au moment de déclarer.
| Critère | Intéressement | Participation |
|---|---|---|
| Caractère | Facultatif | Obligatoire ≥ 50 salariés |
| Condition d’exonération | Placement sur plan | Placement / pas de demande de versement sous 15 jours |
| Plafond d’exonération IR | 75 % PASS (36 045 € en 2026) | 75 % PASS (36 045 € en 2026) |
| Si perçu / non placé | Traitements et salaires | Traitements et salaires |
| Pré-rempli sur la déclaration ? | Partie imposable, en général oui | Partie imposable, en général oui |
Données à jour — juin 2026.
En résumé, les deux primes se ressemblent sur le plafond et sur le traitement de la part perçue, mais la participation ajoute cette affectation par défaut qui peut vous échapper si vous restez passif. Pour comprendre comment le montant est calculé en amont, notre article détaille la formule de calcul de la participation.
3.3 L’abondement de l’employeur : capter le maximum d’argent gratuit
Avec l’abondement, on change de logique : ce n’est plus vous qui décidez, c’est votre versement qui déclenche un complément de l’employeur. Versez sur un plan, et l’entreprise ajoute une somme par-dessus, exonérée d’IR pour vous dans la limite de plafonds exprimés en pourcentage du PASS. C’est, de loin, le meilleur rendement immédiat de l’épargne salariale.
Encore faut-il savoir où ces plafonds plafonnent. Le tableau ci-dessous donne les montants 2026 par type de plan.
| Plan | Plafond d’abondement | Montant 2026 |
|---|---|---|
| PEE | 8 % du PASS | 3 844,80 € |
| PERECO / PERCO | 16 % du PASS | 7 689,60 € |
| Abondement unilatéral PEE (sans versement salarié) | Plafond spécifique | 3 000 € / an, porté à 6 000 € si accord d’intéressement ou de participation volontaire |
Données à jour — juin 2026.
Deux limites s’apparient. L’abondement ne peut pas dépasser les plafonds en pourcentage du PASS ci-dessus, et il ne peut pas non plus excéder le triple de votre versement personnel. En pratique, cela veut dire qu’il faut alimenter le plan pour déclencher le maximum d’argent gratuit : sur un PERECO, capter les 7 689,60 € suppose d’y verser au moins le tiers de cette somme. Bonne nouvelle pour votre déclaration, l’abondement exonéré n’a rien à faire sur votre feuille d’impôt, il figure simplement au relevé annuel, sans report en IR.
Le choix du plan compte donc directement sur la somme captée, et c’est souvent là que se joue l’optimisation. Notre article sur le plan épargne entreprise revient sur l’intérêt de basculer des sommes en franchise d’impôt.
3.4 Capter l’abondement et déclarer la fraction perçue : la case 1AJ sous contrôle
Avant d’arriver aux cases, un dernier coup d’œil sur l’écart de potentiel entre les plans. Le diagramme ci-dessous compare les plafonds d’abondement 2026 et montre, d’un seul regard, pourquoi un PERECO peut rapporter le double d’un PEE.

Une fois ces trois sources en place, la déclaration devient simple à condition de respecter une règle. Les sommes que vous avez placées ne se déclarent pas, elles vivent au relevé annuel. Seules les sommes perçues se déclarent, en traitements et salaires, dans la case 1AJ pour le déclarant 1 ou 1BJ pour le déclarant 2, et elles sont normalement pré-remplies par l’employeur.
L’erreur que l’on voit le plus souvent tient en deux gestes malheureux. Le premier consiste à déclarer en salaire une fraction qui était en réalité placée et donc exonérée. Le second, à re-déclarer une somme déjà pré-remplie, ce qui revient à payer l’impôt deux fois. Le bon réflexe est de vérifier que la case 1AJ ne contient que la fraction réellement perçue, jamais la fraction placée. Pour choisir où loger votre épargne et auprès de quel teneur de compte, notre comparatif PEE et PERCOL aide à trancher.
Vous savez désormais quoi faire de vos primes et où les retrouver sur la déclaration. Mais l’épargne salariale n’est qu’une partie du tableau : reste l’épargne retraite que vous alimentez vous-même, où la première décision n’est plus « percevoir ou placer », mais « déduire ou non » vos versements volontaires.
4. Versements volontaires sur le PER : déduire ou non ?
Avec l’épargne salariale, votre seule décision portait sur le sort de primes versées par d’autres. Le PER (Plan d’Épargne Retraite) change la donne, car c’est vous qui alimentez l’enveloppe, et la première question fiscale tombe dès le premier euro versé. Faut-il cocher la déduction de ce versement, ou y renoncer ? Tout dépend d’un seul chiffre, votre tranche marginale, avant de regarder jusqu’où vous pouvez déduire et où inscrire tout cela sur la 2042.
4.1 Déductible ou non déductible : le rôle décisif de la TMI
Sur un PER, chaque versement volontaire ouvre un choix binaire que beaucoup d’épargnants ignorent. Le versement déductible vient réduire votre revenu imposable de l’année, dans la limite d’un plafond que nous verrons juste après. L’économie d’impôt n’est pas un cadeau, c’est le produit de votre versement par votre tranche marginale d’imposition (TMI). En contrepartie, à la sortie, la part « versements » sera réimposée au barème. Le versement non déductible inverse la logique, c’est-à-dire qu’il n’apporte aucun avantage à l’entrée, mais à la sortie la part « versements » échappe à l’impôt sur le revenu, et seuls les gains sont taxés.
Tout se joue donc sur un choix entre TMI d’aujourd’hui et TMI anticipée à la retraite. Si vous êtes à une TMI élevée (30 %, 41 % ou 45 %) et que vous prévoyez une tranche plus basse une fois retraité, le versement déductible est généralement gagnant, car vous déduisez à taux fort et vous réintégrez à taux faible. À l’inverse, si votre TMI est aujourd’hui à 0 % ou 11 %, renoncer à la déduction est souvent le bon choix, puisque l’avantage d’entrée serait minime et qu’il alourdirait inutilement la sortie. Un cas concret fixe l’ordre de grandeur, avec un salarié à TMI 41 % qui verse 5 000 € déductibles, soit une économie d’impôt immédiate d’environ 2 050 € (le calcul détaillé arrive en 6.1).
La subtilité à retenir, c’est que le PER déductible n’est jamais « gratuit », il organise simplement un report d’imposition dans le temps, et son intérêt tient entièrement à l’écart de TMI entre les deux moments. L’arbre ci-dessous résume ce parcours de décision.

Pour comprendre le contrat fiscal différé dans son ensemble, notre guide sur le fonctionnement du plan épargne retraite mérite un détour avant de trancher entre TMI actuelle et TMI à la retraite.
4.2 Le plafond d’épargne retraite : combien puis-je déduire (salarié, dirigeant) ?
Une fois la décision de déduire prise, encore faut-il connaître la limite. Le plafond annuel de déduction correspond, pour un salarié, au plus élevé de deux montants, soit 10 % des revenus professionnels nets de l’année N-1 (dans la limite de 8 PASS), soit 10 % du PASS N-1 comme plancher. Le tableau suivant traduit ces règles en euros pour 2026, selon votre statut.
| Profil | Base | Plafond 2026 |
|---|---|---|
| Salarié — plancher | 10 % du PASS N-1 | 4 710 € |
| Salarié — plafond | 10 % des revenus N-1 (≤ 8 PASS) | jusqu’à 37 680 € |
| TNS / indépendant | 10 % du bénéfice imposable (≤ 8 PASS) + 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS | jusqu’à 88 911 € (= 10 % × 8 PASS + 15 % × 7 PASS, PASS 2026 = 48 060 €) |
Données à jour — juin 2026.
Autrement dit, un salarié déduit au minimum 4 710 €, même avec de faibles revenus, et jusqu’à 37 680 € s’il gagne assez. Le plafond ne s’arrête pas là, car trois mécanismes l’étendent. Vous pouvez d’abord reporter les plafonds non utilisés des trois années précédentes (N-1 à N-3), ce qui gonfle votre capacité de déduction si vous n’aviez rien versé. En couple marié ou pacsé, la case 6QR mutualise les plafonds des deux déclarants, et c’est un levier souvent oublié quand l’un des conjoints n’utilise pas le sien. Un point récent enfin, depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués à partir de 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable.
Le cas du dirigeant ou du travailleur indépendant mérite un mot à part. Sans salariés, il n’a pas accès à l’épargne salariale classique, mais son plafond de déduction est nettement plus généreux, jusqu’à environ 88 911 €, et le PER prend le relais des anciens contrats Madelin. Pour un indépendant, ce le détail du calcul de la cotisation déductible TNS permet de chiffrer précisément l’espace de déduction disponible.
4.3 Où déclarer les versements déductibles : 6NS, 6NT et les pièges
Le plafond connu, il reste à savoir où porter tout cela sur la déclaration. Les versements volontaires déductibles se renseignent dans la rubrique « Épargne retraite », à l’étape 3 « Revenus et charges » de la déclaration en ligne. Le tableau ci-dessous récapitule les cases à connaître.
| Case | Objet |
|---|---|
| 6NS | Versements déductibles — déclarant 1 |
| 6NT | Versements déductibles — déclarant 2 |
| 6NU | Versements PER déductibles — personnes à charge |
| 6QS / 6QT / 6QU | Versements déductibles sur anciens contrats (PERP, Madelin) — déclarant 1 / 2 / personnes à charge |
| 6PS / 6PT / 6PU | Plafond de déduction épargne-retraite disponible — pré-rempli ; intègre le report des plafonds non utilisés des 3 années précédentes (N-1 à N-3), calculé automatiquement par l’administration |
| 6QR | Mutualisation des plafonds entre conjoints / partenaires de PACS |
Deux confusions reviennent à ce stade. La première consiste à inscrire en 6NS ou 6NT un versement que vous aviez choisi non déductible, ce qui vous ferait perdre l’avantage de la sortie allégée sans rien gagner à l’entrée. La seconde concerne le plafond pré-rempli des cases 6PS et 6PT, qui n’est pas un montant à payer ni un montant à verser, mais une simple information indicative de votre capacité de déduction restante. La déduction du revenu imposable n’a d’ailleurs rien à voir avec une réductions et crédits d’impôt, puisqu’elle agit sur l’assiette et non directement sur l’impôt dû. Vous savez maintenant déduire à l’entrée, reste à comprendre ce que tout cela coûtera le jour où le PER se dénoue.
5. La sortie du PER : rente ou capital, et à quel taux
Le PER repose sur un pacte simple, l’avantage obtenu à l’entrée se paie à la sortie. Encore faut-il savoir combien, et la réponse dépend de deux variables, le mode de sortie (rente ou capital) et la nature des versements d’origine (déductibles ou non). Plutôt que de plonger directement dans les taux, prenons d’abord une carte du cycle de vie du contrat, puis avançons de la rente vers le capital, du plus simple au plus technique.
5.1 Le cycle de vie fiscal du PER : où l’impôt se déclenche
Avant d’entrer dans le détail des taux, mieux vaut voir où l’impôt frappe sur toute la vie du contrat. Au versement, vous avez choisi de déduire ou non, ce qui fixe déjà le régime de sortie. Pendant la phase de capitalisation, les gains s’accumulent sans aucune imposition à l’intérieur du plan, et c’est l’un des grands atouts du PER. La fiscalité ne se réveille qu’à un événement déclencheur, qu’il s’agisse d’un déblocage anticipé prévu par la loi ou du départ en retraite. C’est à ce moment que vous tranchez entre rente et capital, et que la déclaration entre en scène.
Un point souvent sous-estimé concerne les prélèvements sociaux. Les gains ne sont pas taxés tant qu’ils restent dans le plan, mais à la sortie, les prélèvements sociaux de 18,6 % s’appliquent sur la part gains. La frise ci-dessous matérialise ces jalons, du versement à la déclaration.

Ce report explique pourquoi les décisions prises pendant la phase d’accumulation pèsent autant sur la note finale. Si vous en êtes encore à vous demander quand et comment démarrer, les conditions pour ouvrir un PER précisent les étapes avant le premier versement.
5.2 Sortie en rente : RVTG ou RVTO selon que vous aviez déduit
Première façon de récupérer son épargne, la rente, dont le traitement fiscal dépend entièrement de votre choix de départ. Si vos versements avaient été déduits, la rente est une rente viagère à titre gratuit (RVTG), elle s’ajoute à vos pensions et profite de l’abattement de 10 % propre aux retraites, les prélèvements sociaux frappant une fraction de la rente. Elle se déclare en pensions, dans les cases 1AS à 1DS.
Si vos versements n’avaient pas été déduits, la rente bascule en rente viagère à titre onéreux (RVTO), et seule une fraction est imposable, déterminée par votre âge au premier versement. Cette fraction s’établit à 70 % avant 50 ans, 50 % de 50 à 59 ans, 40 % de 60 à 69 ans, et 30 % à 70 ans et plus. La RVTO se déclare dans les cases 1AW à 1DW. La confusion à éviter, c’est de traiter une RVTG comme une RVTO, ou d’oublier l’abattement de 10 % réservé à la RVTG, deux erreurs qui changent le montant final. L’arbre ci-dessous relie chaque combinaison à sa case de déclaration.

Pour replacer la rente dans l’éventail des options de liquidation, notre guide compare rente et capital sur le plan du revenu net perçu chaque année.
5.3 Sortie en capital : deux blocs (part versements, part gains)
La sortie en capital obéit à une règle qu’on oublie souvent, le capital n’est pas taxé d’un seul tenant, il se décompose en deux blocs traités séparément. Le tableau ci-dessous résume le régime applicable lorsque les versements avaient été déduits.
| Composante | Imposition IR | Prélèvements sociaux |
|---|---|---|
| Part « versements » | Barème progressif, sans abattement de 10 % | Aucun PS sur la part versements |
| Part « gains » | PFU 12,8 % (ou barème sur option, case 2OP) | PS 18,6 % |
Données à jour — juin 2026.
La part « versements » se déclare comme une pension perçue en capital, en cases 1AD à 1DD, imposée au barème mais sans l’abattement de 10 % des pensions, contrairement à la rente RVTG. La part « gains » va en case 2TZ, au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % en 2026, soit 12,8 % d’IR et 18,6 % de prélèvements sociaux. Si vos versements n’avaient pas été déduits, la part « versements » est tout simplement exonérée d’IR à la sortie, et seuls les gains restent taxés au PFU.
Un cas chiffré rend tout cela plus intuitif. Prenons un PER de 50 000 €, dont 40 000 € de versements déductibles et 10 000 € de gains. Au barème et à une TMI de 30 %, la part versements génère 12 000 € d’IR, et la part gains 3 140 € (10 000 € × 31,4 %). La nuance à retenir, c’est que le PFU ne s’applique jamais à toute la sortie, mais seulement à la part gains, et qu’aucun abattement de 10 % ne vient adoucir la part versements en capital. Cette précision en appelle une autre, car il existe une option qui peut alléger fortement l’impôt sur la part versements.
5.4 L’option du PFL 7,5 % : suis-je éligible ?
Sur la part versements d’un capital, le titulaire peut, sur option, choisir un prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) de 7,5 % plutôt que le barème. Avant application, un abattement de 10 % non plafonné réduit l’assiette, ce qui ramène le taux effectif à 6,75 % du capital brut. Reprenons le cas précédent, où 40 000 € de versements deviennent 36 000 € après abattement, taxés à 7,5 %, soit 2 700 € seulement, contre 12 000 € au barème à 30 %. L’écart est considérable pour les TMI élevées.
L’option n’est pourtant pas ouverte à tout le monde, car deux conditions cumulatives la verrouillent. Il faut que le capital soit versé en une seule fois, donc une sortie non fractionnée, et que les versements aient été déduits à l’entrée. C’est pourquoi une bonne partie des sortants n’y a pas droit, soit parce qu’ils étalent leur capital sur plusieurs années, soit parce qu’ils avaient renoncé à la déduction. Le diagramme ci-dessous montre la zone d’intersection où l’éligibilité est réunie.

Note de Tom
quand on optimise une décision patrimoniale sur ses axes fiscal et financier, c’est exactement le genre de case qu’il ne faut pas laisser au pilote automatique. Sortir tout le capital d’un coup pour décrocher le PFL plutôt que de fractionner par habitude, ça peut changer la facture du simple au quadruple.
5.5 La matrice des quatre combinaisons de sortie
Rente ou capital, versements déduits ou non, ces deux variables se croisent et donnent quatre régimes distincts. Le tableau suivant les rassemble pour servir de repère unique.
| Versements / Sortie | Rente | Capital |
|---|---|---|
| Déductibles | RVTG : pensions, abattement 10 % + PS | Versements : barème sans abattement (ou PFL 7,5 %) ; Gains : PFU 31,4 % |
| Non déductibles | RVTO : fraction imposable selon l’âge + PS | Versements : exonérés d’IR ; Gains : PFU 31,4 % |
Données à jour — juin 2026.
Pour vous, cela veut dire qu’avant de remplir quoi que ce soit, vous devez situer votre situation dans une seule des quatre cases. La rente déduite passe en 1AS, la rente non déduite en 1AW, le capital déduit en cases 1AD à 1DD (ou au PFL), et dans tous les cas la part gains atterrit en case 2TZ. Une option mérite d’être gardée en réserve, car si votre revenu global est modeste, vous pouvez demander l’imposition de la part gains au barème plutôt qu’au PFU, en cochant la case 2OP. Cette matrice couvre la sortie « normale » à la retraite, mais la vie réserve parfois des sorties plus précoces.
5.6 Déblocages anticipés : accidents de la vie vs résidence principale
L’épargne du PER est en principe bloquée jusqu’à la retraite, mais la loi prévoit six cas de déblocage anticipé (article L224-4 du Code monétaire et financier). Le tableau ci-dessous distingue leur traitement fiscal, qui n’est pas du tout homogène.
| Cas | Fiscalité à la sortie |
|---|---|
| Invalidité (titulaire, conjoint, enfant) | Part versements et gains : exonérée d’IR ; PS uniquement sur les gains |
| Décès du conjoint ou partenaire de PACS | Exonérée d’IR ; PS sur gains |
| Expiration des droits au chômage | Exonérée d’IR ; PS sur gains |
| Surendettement | Exonérée d’IR ; PS sur gains |
| Cessation d’activité non salariée (liquidation judiciaire) | Exonérée d’IR ; PS sur gains |
| Acquisition de la résidence principale | Part versements (déduits) : barème (réintégrée au revenu), sans abattement 10 %, exonérée de PS ; gains : PFU |
Données à jour — juin 2026.
La distinction est claire, les cinq « accidents de la vie » donnent une sortie fiscalement douce, le capital échappe à l’IR et seuls les gains subissent les prélèvements sociaux. L’achat de la résidence principale, lui, n’est pas un accident mais un projet, et il est donc traité comme une sortie volontaire en capital, la part versements déduits étant réintégrée au barème et les gains taxés au PFU. Côté calendrier, le déblocage prend généralement jusqu’à deux mois après réception d’un dossier complet. Ces règles amènent enfin la vraie question, en euros, qu’est-ce que tout cela donne pour un profil comme le vôtre ?
6. Cas pratiques chiffrés : pour quel profil le PER vaut-il le coup ?
Les mécanismes sont clairs, mais une règle fiscale ne devient parlante qu’une fois traduite en euros. Donnons donc un prix à ce que nous venons de voir, avec trois cas concrets, puis le point de bascule entre barème et PFL, et enfin une cartographie qui répond à la seule question qui compte vraiment, pour qui le PER déductible est-il réellement rentable ?
6.1 Trois cas chiffrés : intéressement, versement déductible, sortie en capital
Reprenons les trois situations les plus courantes en chiffres. Premier cas, un salarié à TMI 30 % reçoit une prime d’intéressement de 2 000 €. S’il la place sur le PEE, il paie 0 € d’IR. S’il la perçoit, il acquitte environ 600 € d’IR (30 %), la CSG/CRDS de 9,70 % étant de toute façon précomptée. Le placement économise donc près de 600 € d’impôt, au prix d’un blocage de cinq ans. Pour creuser les conditions de versement et de disponibilité, notre guide détaille la prime d’intéressement et son choix placer ou percevoir.
Deuxième cas, un salarié à TMI 41 % verse 5 000 € déductibles sur son PER. Il économise immédiatement environ 2 050 € d’impôt. À la sortie en capital, si sa TMI est retombée à 30 %, la part versements n’est imposée que d’environ 1 500 €, et c’est cet écart de TMI entre l’entrée et la sortie qui crée le gain net. Troisième cas, un PER de 50 000 € composé de 40 000 € de versements déductibles et de 10 000 € de gains. La part gains coûte 3 140 € au PFU dans tous les scénarios, mais la part versements varie énormément selon l’option choisie, 12 000 € au barème à 30 % contre 2 700 € au PFL. Le diagramme ci-dessous compare ces deux options selon la TMI.

6.2 À partir de quel montant le PFL bat-il le barème ?
Le cas C laisse une question en suspens, à quel niveau l’option PFL devient-elle réellement payante ? La réponse tient dans la pente. Le PFL applique un taux effectif fixe de 6,75 % du capital brut, quelle que soit la somme, alors que le barème grimpe avec votre tranche. Pour une part versements de 40 000 €, l’écart est déjà spectaculaire, 12 000 € au barème à TMI 30 % contre 2 700 € au PFL. La courbe ci-dessous croise les deux régimes selon le montant sorti.

Ce graphique montre que le point de croisement dépend de votre tranche. À TMI 11 %, le barème reste compétitif sur les petits capitaux, et le PFL n’apporte pas grand-chose. À partir d’une TMI de 30 %, en revanche, le prélèvement forfaitaire libératoire gagne presque toujours, car son taux plafonne à 6,75 % quand le barème prélève 30 %, 41 % ou 45 %. Dès que vous sortez un capital significatif en une seule fois avec une TMI de 30 % ou plus, comparez systématiquement les deux options avant de valider votre déclaration, l’écart se chiffre vite en milliers d’euros. Reste à savoir dans quel profil vous vous reconnaissez.
6.3 Quel profil pour le PER déductible ? La cartographie entrée/sortie
Tout l’intérêt du PER déductible se joue sur un seul choix, l’avantage capté à l’entrée doit dépasser le coût supporté à la sortie. Cinq profils types permettent de situer la frontière. Le jeune actif à TMI 11 % ne gagne presque rien à l’entrée, et le PER déductible se justifie mal pour lui. Le cadre à TMI 30 % déduit à 30 % et, s’il sort en capital au PFL, ne paie que 6,75 %, ce qui crée un gain net solide. Le cadre supérieur à TMI 41 % et le dirigeant à TMI 45 % sont les profils les plus favorisés, car plus la tranche d’entrée est haute, plus l’écart avec le PFL de sortie est large.
Le cinquième profil illustre le piège de l’âge. Un épargnant de 70 ans à TMI 30 % ne tire plus aucun avantage à l’entrée depuis 2026, puisque les versements à partir de 70 ans ne sont plus déductibles, alors même que la sortie reste imposable. Pour lui, le calcul a basculé. Le diagramme à bulles ci-dessous positionne ces cinq profils de part et d’autre de la droite de neutralité, là où l’avantage d’entrée égale le coût de sortie.

En résumé, le PER déductible récompense les TMI élevées qui anticipent une baisse de tranche à la retraite, et pénalise les TMI faibles comme les versements trop tardifs. Selon votre profil, les leviers à activer ne sont pas les mêmes, et notre dossier sur la préparation à la retraite détaille les outils adaptés à chaque situation. Vous savez désormais ce que chaque règle coûte ou rapporte, reste à traduire tout cela sans erreur dans votre déclaration, au bon moment et dans le bon ordre.
7. Erreurs fréquentes, calendrier et déclaration pas à pas
Vous savez désormais lire la règle et chiffrer son coût, mais c’est souvent entre la théorie et la case réellement cochée que la déclaration dérape. Avant d’ouvrir le formulaire, prenons le temps de neutraliser les pièges que l’on rencontre le plus souvent, de fixer la date à laquelle agir, puis de suivre la saisie écran par écran. On commence par ce qu’il faut éviter, pour finir par ce qu’il faut faire, étape par étape.
7.1 La checklist des erreurs à ne pas commettre
Les confusions n’ont rien de mystérieux, elles reviennent toujours aux mêmes endroits, et les connaître d’avance suffit à les désamorcer. Le tableau ci-dessous récapitule, à chaque étape du parcours, le bon geste, le piège à éviter et l’erreur que l’on voit le plus souvent.
| Étape | À faire | À éviter | Erreur fréquente |
|---|---|---|---|
| Réception prime | Choisir consciemment percevoir/placer | Laisser passer le délai de 15 j (participation) | Croire que la prime placée est imposable |
| Versement PER | Cocher déductible/non déductible selon TMI | Déduire alors qu’on est à TMI 0/11 % | Oublier que la déduction alourdit la sortie |
| Déclaration épargne salariale | Contrôler la case 1AJ pré-remplie | Re-déclarer une somme déjà pré-remplie | Déclarer la fraction exonérée en salaire |
| Déclaration versements PER | Reporter en 6NS/6NT | Inscrire un versement non déductible en 6NS | Confondre plafond pré-rempli et montant à payer |
| Sortie en capital | Ventiler versements / gains | Traiter tout le capital au PFU | Oublier l’option PFL 7,5 % |
| Sortie en rente | Vérifier RVTG vs RVTO | Déclarer une RVTG en RVTO | Oublier l’abattement de 10 % (RVTG) |
Tout cela revient à surveiller quatre confusions, déjà détaillées section par section : une épargne salariale exonérée n’est jamais à zéro prélèvement (CSG/CRDS 9,70 % et PS 18,6 % sur les gains à la sortie), un PER déductible est un report d’imposition et non un cadeau, le PFU ne frappe que la part gains d’une sortie en capital, et l’abattement de 10 % réservé à la rente RVTG ne vaut pas pour la part versements sortie en capital. La frontière entre exonération d’impôt sur le revenu et imposition réelle se joue précisément là, et notre guide sur le calcul de l’impôt sur le revenu rappelle comment le barème progressif s’applique aux sommes redevenues imposables.
7.2 Le calendrier de la déclaration 2026
Les pièges écartés, reste à ne pas rater l’échéance, car une déclaration juste mais hors délai vous expose à des majorations. Le calendrier 2026 dépend de votre mode de dépôt et, pour la voie en ligne, de votre département. Le tableau ci-dessous fixe les dates à retenir pour la campagne portant sur les revenus 2025.
| Mode | Échéance |
|---|---|
| Ouverture du service en ligne | jeudi 9 avril 2026 |
| Papier (formulaire 2042) | mardi 19 mai 2026 |
| En ligne — zone 1 (dép. 01-19 + non-résidents) | jeudi 21 mai 2026 |
| En ligne — zone 2 (dép. 2A-54) | jeudi 28 mai 2026 |
| En ligne — zone 3 (dép. 55-95 + DOM) | jeudi 4 juin 2026 |
Données à jour — juin 2026.
Pour vous, l’échéance qui compte est celle de votre zone en ligne, le 19 mai 2026 ne valant que pour les rares déclarations papier. Deux publics méritent une mention à part. Les agents de la fonction publique n’ont pas d’épargne salariale au sens où l’entendent les entreprises, mais ils disposent d’outils proches, comme la retraite complémentaire de type Préfon, dont la logique de déduction rejoint celle du PER individuel. Quant aux indépendants et dirigeants, ils n’ont pas d’épargne salariale s’ils sont sans salariés, mais un PER individuel à plafond de déduction nettement plus élevé, qui absorbe leurs anciens contrats Madelin.
7.3 La procédure pas à pas sur impots.gouv.fr
Vous connaissez à présent les pièges et la date butoir, il ne reste plus qu’à remplir, dans le bon ordre. La déclaration en ligne se déroule en sept étapes, chacune assortie d’un contrôle simple qui évite l’erreur. D’abord, munissez-vous du relevé annuel de situation envoyé par votre gestionnaire, indispensable pour ventiler une sortie de PER. Connectez-vous ensuite à votre espace particulier sur impots.gouv.fr, puis rendez-vous à l’étape 3 « Revenus et charges », le cœur de la saisie.
Vient le contrôle des traitements et salaires, où vous vérifiez que la case 1AJ, pour le déclarant 1, ou 1BJ, pour le déclarant 2, ne contient que la fraction d’épargne salariale réellement perçue, jamais la fraction placée. Renseignez après cela la rubrique « Épargne retraite » et portez vos versements volontaires déductibles en case 6NS ou 6NT. Si vous liquidez un PER, ventilez la sortie entre la part versements, en cases 1AD à 1DD, et la part gains, en case 2TZ, sans oublier de cocher la case 2OP si vous préférez l’imposition de ces gains au barème. Terminez par la vérification du plafond pré-rempli en cases 6PS et 6PT, qui n’est qu’une limite de déduction, jamais un montant à payer.
Le diagramme ci-dessous reprend ces sept étapes dans l’ordre, du relevé annuel au contrôle final du plafond.

La procédure est désormais claire, du premier contrôle à la dernière case. Reste à rassembler tout cela dans un aide-mémoire unique, que vous pourrez garder sous les yeux au moment de déclarer.
8. L’essentiel à retenir et votre tableau récapitulatif
Tout au long de ce guide, une poignée de principes a commandé chaque décision. L’épargne salariale reste exonérée tant qu’elle est épargnée, et redevient imposable dès qu’elle est perçue. Le PER organise un report d’imposition, dont l’intérêt dépend de l’écart de tranche entre l’entrée et la sortie. Une sortie en capital se décompose toujours en deux blocs, versements et gains, jamais d’un seul tenant. Le tableau qui suit condense ces règles, opération par opération.
8.1 Le tableau récapitulatif : que déclarer, où, à quel taux
Cet aide-mémoire rassemble tout le guide en une vue, où chaque ligne renvoie à un mécanisme détaillé plus haut. Il indique, pour chaque opération, ce qui est imposable, dans quelle case le porter et selon quelle règle.
| Revenu / opération | Imposable ? | Catégorie / case | Taux ou règle |
|---|---|---|---|
| Intéressement placé sur plan | Non (≤ 75 % PASS) | — (relevé) | Exonéré IR ; PS sur gains à la sortie |
| Intéressement perçu | Oui | Traitements et salaires (1AJ) | Barème IR |
| Participation placée < 15 j | Non (≤ 75 % PASS) | — (relevé) | Exonéré IR |
| Participation perçue / hors délai | Oui | Traitements et salaires (1AJ) | Barème IR |
| Abondement employeur | Non (dans plafonds) | — (relevé) | Exonéré IR |
| Versement volontaire PER déductible | Réduit le revenu | Épargne retraite (6NS/6NT) | Déduction ≤ plafond |
| Sortie capital — part versements (déduits) | Oui | 1AI… (ou PFL 7,5 %) | Barème sans abattement 10 % / PFL 7,5 % |
| Sortie capital — part gains | Oui | 2TZ | PFU 31,4 % |
| Sortie rente (versements déduits) | Oui | Pensions (1AS) | Barème après abattement 10 % + PS |
| Sortie rente (non déduits) | Partiellement | Rentes à titre onéreux (1AW) | Fraction selon l’âge + PS |
| Déblocage « accident de la vie » | Capital exonéré IR | — | PS sur gains seulement |
| Déblocage résidence principale | Oui | 1AI… + 2TZ | Versements au barème ; gains au PFU |
Données à jour — juin 2026.
Pour vous, ce tableau sert de filtre final, puisqu’il suffit d’y repérer votre opération pour savoir où et comment la déclarer. Et si vous découvrez que votre contrat ne se prête pas aux meilleures conditions de sortie, le comparatif des PER individuels aide à choisir une enveloppe alignée sur votre profil avant le prochain versement.
Conclusion
Au fond, toute la fiscalité de l’épargne salariale tient en un point de bascule, que vous déclenchez vous-même. Tant que la prime reste épargnée sur un plan, elle échappe à l’impôt sur le revenu jusqu’à 36 045 € en 2026 ; dès que vous la percevez, elle redevient un salaire imposable. Le PER suit la même logique de report dans le temps, et son intérêt dépend entièrement de l’écart entre votre tranche d’aujourd’hui et celle que vous anticipez à la retraite. Restent deux confusions à ne pas faire : une somme exonérée d’impôt supporte quand même la CSG-CRDS de 9,70 % et 18,6 % de prélèvements sociaux sur les gains, et le PFU ne frappe jamais toute une sortie en capital, seulement la part gains.
C’est sur ces détails que se jouent les vrais écarts. L’option du prélèvement libératoire à 7,5 % sur la part versements, par exemple, peut diviser votre facture par quatre dès une tranche à 30 %, à condition de sortir le capital en une fois. C’est exactement le genre d’astuce qu’il ne faut surtout pas laisser au pilote automatique.
Pour aller plus loin, vous pouvez creuser le choix entre rente et capital selon le revenu net perçu chaque année, prolonger la réflexion avec notre dossier sur la préparation de la retraite, puis élargir le sujet aux autres leviers d’optimisation de l’impôt sur le revenu. Article après article, notre blog décortique chaque règle en chiffres pour que vos décisions reposent sur des calculs, pas sur des approximations.
FAQ – Déclaration d’épargne salariale et d’épargne retraite : ce que l’on voit souvent mal géré
L’intéressement et la participation sont-ils imposables si je les laisse sur le plan ?
Tant que vos primes restent placées sur le plan, elles échappent à l’impôt sur le revenu, dans la limite de 75 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS). Pour 2026, ce plafond s’établit à 36 045 € (75 % du PASS fixé à 48 060 €). C’est la règle fondamentale de l’épargne salariale : ce qui est épargné est exonéré, ce qui est perçu devient un complément de salaire imposable au barème progressif. Pour la participation, une précision s’impose : le choix entre percevoir et placer doit intervenir dans les 15 jours suivant l’information sur le montant attribué — passé ce délai sans demande de versement, la somme est affectée par défaut au plan. Ce n’est pas une exonération totale pour autant, puisque la CSG/CRDS de 9,70 % (CSG 9,20 % + CRDS 0,50 %) est précomptée par l’employeur sur ces sommes, et que les gains générés à l’intérieur du plan supportent les prélèvements sociaux à 18,6 % à la sortie.
Comment déclarer une sortie en capital depuis un PER alimenté par des versements déductibles ?
La sortie en capital d’un plan d’épargne retraite (PER) alimenté par des versements déductibles se ventile obligatoirement en deux blocs. La part correspondant aux versements effectués est imposée au barème progressif, sans l’abattement de 10 % applicable aux pensions, et se reporte en cases 1AD à 1DD. La part correspondant aux gains générés à l’intérieur du plan est, elle, soumise au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % (12,8 % d’IR + 18,6 % de prélèvements sociaux) et se déclare en case 2TZ. Une option mérite d’être vérifiée avant de valider sa déclaration : si la sortie se fait en une seule fois, le prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) de 7,5 % peut s’appliquer à la part versements, après un abattement de 10 % non plafonné. À TMI 30 % ou plus, ce choix est presque toujours favorable. Le relevé annuel de situation émis par le gestionnaire est la pièce maîtresse pour réaliser cette ventilation correctement — sans lui, la distinction versements/gains est impossible à établir avec précision. Consultez notre guide sur les revenus à la retraite pour un comparatif rente vs capital.
Quelle différence entre une rente en case 1AS et une rente en case 1AW ?
C’est une confusion que l’on rencontre régulièrement, et qui coûte soit un avantage fiscal manqué, soit une imposition incorrecte. La case 1AS correspond aux rentes viagères à titre gratuit (RVTG) : elle accueille les rentes issues de versements qui ont été déduits du revenu imposable à l’entrée. Ces rentes sont imposées comme des pensions et bénéficient de l’abattement de 10 % propre à cette catégorie, dans la limite des plafonds applicables. La case 1AW concerne à l’inverse les rentes viagères à titre onéreux (RVTO), issues de versements non déductibles. Ici, seule une fraction de la rente est imposable, déterminée par l’âge au premier versement : 70 % avant 50 ans, 50 % de 50 à 59 ans, 40 % de 60 à 69 ans, et 30 % à 70 ans et plus. Dans les deux cas, le gestionnaire transmet les montants à l’administration, qui les pré-remplit en général — mais la vérification reste indispensable, car une rente RVTG déclarée en RVTO, ou l’inverse, change sensiblement la note finale.
Comment fonctionne la déduction des versements volontaires sur un PER, et pour qui est-ce vraiment intéressant ?
Les versements volontaires déductibles se déclarent dans la rubrique « Épargne retraite » de l’étape 3 de la déclaration en ligne, en cases 6NS (déclarant 1) ou 6NT (déclarant 2). La déduction réduit le revenu imposable dans la limite d’un plafond qui dépend du profil : pour un salarié, ce plafond va de 4 710 € (plancher, soit 10 % du PASS 2025) jusqu’à 37 680 € (10 % des revenus de l’année précédente, plafonnés à 8 PASS). Les couples mariés ou pacsés peuvent additionner leurs plafonds via la case 6QR. L’intérêt de la déduction est directement lié à la tranche marginale d’imposition (TMI) : à TMI 30 % ou plus, l’avantage à l’entrée est significatif, et il est encore plus marqué si la TMI attendue à la retraite est inférieure. En revanche, à TMI de 0 % ou 11 %, renoncer à la déduction est souvent plus pertinent, car l’avantage d’entrée serait minime et la sortie se retrouverait inutilement alourdie. Une nouveauté à connaître : depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués à partir de 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable (LF 2026). Pour aller plus loin sur les choix entre enveloppes retraite, consultez notre guide complet sur le PER.
Peut-on débloquer son PER avant la retraite sans subir une fiscalité pleine ?
Oui, sous conditions. Le Code monétaire et financier (art. L224-4) prévoit six situations de déblocage anticipé. Cinq d’entre elles correspondent à des accidents de la vie : l’invalidité du titulaire, de son conjoint ou de ses enfants, le décès du conjoint ou partenaire de PACS, l’expiration des droits au chômage, le surendettement, et la cessation d’activité non salariée suite à liquidation judiciaire. Dans ces cinq cas, le capital récupéré est exonéré d’impôt sur le revenu ; seuls les gains supportent les prélèvements sociaux à 18,6 %. Le sixième cas, l’acquisition de la résidence principale, est traité différemment : il est imposé comme une sortie volontaire en capital, c’est-à-dire que la part versements (déduits) passe au barème progressif sans abattement, et la part gains au PFU de 31,4 %. C’est un point souvent sous-estimé. Le délai de traitement d’un déblocage est en général de deux mois maximum à compter de la réception d’un dossier complet par le gestionnaire. Pour les salariés qui disposent d’un PEE, des cas de déblocage anticipé spécifiques existent également, dont la liste est publiée sur service-public.fr (fiches F2142 et F31622).




