Différence auto-entrepreneur micro-entreprise : notre clarification en 2026

Rendu 3D minimaliste : un cadre rectangulaire ajouré beige se dresse sur une étendue de sable ondulé, projetant une ombre douce, devant un fond bleu-gris pâle.

Dernière mise à jour : juillet 2026

Vous êtes sur le point de vous lancer en indépendant, et la même hésitation revient sans cesse : faut-il choisir « auto-entrepreneur » ou « micro-entreprise », comme si c’étaient deux statuts à départager ? C’est la confusion qu’on rencontre le plus souvent avant de démarrer, et elle pousse à chercher une distinction qui n’a jamais existé. La réalité est bien plus simple : depuis la fusion des régimes au 1ᵉʳ janvier 2016, les deux mots désignent strictement la même chose. La seule différence auto-entrepreneur micro-entreprise est terminologique, « micro-entrepreneur » étant le terme officiel et « auto-entrepreneur » l’usage courant resté dans les habitudes.

On commence donc par lever cette confusion une bonne fois pour toutes, avant d’aller voir ce qui change vraiment vos chiffres en 2026 : la catégorie d’activité, les seuils, les cotisations et l’imposition du statut micro-entreprise.

1. Auto-entrepreneur, micro-entreprise, entreprise individuelle : trois mots, une seule réalité

La question est claire, et la réponse aussi : auto-entrepreneur et micro-entreprise désignent la même chose. Reste à vous le démontrer pour de bon, et pour ça il faut partir du sens exact de chaque mot. On commence donc par la terminologie, puis on remonte vers les trois niveaux qui s’emboîtent derrière ces appellations, jusqu’à la certitude qu’aucune démarche ne sépare l’un de l’autre.

1.1 Le sens exact de chaque mot : usage courant contre terme officiel

La confusion vient d’un simple décalage entre le vocabulaire de l’administration et celui de tout le monde. Quatre mots circulent, et chacun a un sens précis. « Auto-entrepreneur » est l’ancien terme légal, en vigueur de 2009 à 2016, resté dans le langage courant par habitude. « Micro-entrepreneur » est le terme officiel depuis 2016, celui que vous trouverez sur les pages de l’URSSAF et des impôts. « Micro-entreprise », lui, ne désigne pas une personne mais un régime, l’ensemble micro-social et micro-fiscal. Enfin, « entreprise individuelle (EI) » est la forme juridique, le fait d’exercer en son nom propre sans créer de société.

MotStatut officiel ?Ce qu’il désigne réellementSynonyme actuel de
Auto-entrepreneurNon (usage courant, ancien terme légal 2009-2016)Entrepreneur individuel au régime microMicro-entrepreneur
Micro-entrepreneurOui (terme légal depuis 2016)Entrepreneur individuel au régime microAuto-entrepreneur
Micro-entrepriseOui (désigne le régime)Le régime micro-social et micro-fiscal« Statut » auto-entrepreneur
Entreprise individuelle (EI)Oui (forme juridique)La structure juridique « en nom propre »— (niveau supérieur)

Ce qu’il faut en tirer tient en une phrase : si votre banque, un client ou l’URSSAF emploie l’un ou l’autre mot, il parle exactement de la même chose. Aucune démarche de « conversion » n’existe entre auto-entrepreneur et micro-entreprise, et c’est précisément cette fausse piste qui coûte le plus de temps. Beaucoup cherchent en ligne « comment passer d’auto-entrepreneur à micro-entreprise » et tombent sur des pages contradictoires, tout simplement parce que la question n’a pas d’objet : il n’y a aucun formulaire, aucun changement de statut, aucune bascule à effectuer. Inutile donc de corriger quoi que ce soit, puisqu’il n’y a rien à corriger.

1.2 Trois niveaux à ne jamais confondre : forme juridique, régime fiscal, régime social

Le malentendu se dissipe dès qu’on retient ceci : la micro-entreprise n’est pas une forme juridique. C’est un régime simplifié qui vient se greffer sur une entreprise individuelle. Trois niveaux s’emboîtent, et bien les distinguer vous évite l’essentiel des malentendus.

NiveauÉlémentRôleAlternatives au même niveau
1. Forme juridiqueEntreprise individuelle (EI)Définit le cadre légal « en nom propre »EURL, SASU, SARL, SAS (sociétés)
2. Régime fiscalMicro-fiscal (abattement forfaitaire)Détermine le calcul de l’IRRégime réel (BIC/BNC réels)
3. Régime socialMicro-social (cotisations sur CA)Détermine le calcul des cotisationsRégime de droit commun des TNS

La forme juridique, d’abord : vous choisissez entre l’EI et une société (EURL, SASU). Le régime fiscal, ensuite : votre EI relève soit du micro-fiscal et de son abattement forfaitaire, soit du régime réel. Le régime social, enfin : c’est le micro-social ou le droit commun des travailleurs non salariés (TNS). Ces trois niveaux fonctionnent indépendamment les uns des autres, et c’est ce qui prête à confusion au premier abord, car on peut être en EI au réel, en EI au micro, ou avoir basculé en société. Le micro n’est donc qu’une combinaison particulière de ces niveaux, pas une case unique.

D’où vient la règle de décision : créer une activité en nom propre sous les seuils, c’est être une EI et relever par défaut du régime micro, donc être « micro-entrepreneur », c’est-à-dire « auto-entrepreneur ». Vouloir quitter le micro sans changer de structure, c’est rester une EI mais opter pour le régime réel. Vous voyez pourquoi on peut cesser d’être « micro » sans jamais cesser d’être entrepreneur individuel.

1.3 Visualiser la synonymie : l’intersection des trois ensembles

Une question revient souvent, et elle mérite qu’on s’y arrête : « suis-je auto-entrepreneur ou micro-entreprise ? » La réponse, c’est les deux à la fois. Quand les trois ensembles se recouvrent, l’EI, le régime micro-fiscal et le régime micro-social, la zone centrale où ils se superposent porte la double étiquette auto-entrepreneur = micro-entrepreneur. Les deux appellations ne sont pas un statut à part, juste le nom courant de cette combinaison, de loin la plus fréquente.

Diagramme de Venn de trois ensembles dont l'intersection designe auto-entrepreneur = micro-entrepreneur.
La synonymie auto-entrepreneur = micro-entrepreneur visualisée

1.4 Quel mot s’applique à votre situation ?

Lequel de ces mots vous concerne, au juste ? Le parcours est simple, il suffit de le suivre dans l’ordre. Vous exercez une activité indépendante seul, en nom propre ? Vous êtes une entreprise individuelle. Votre chiffre d’affaires reste sous les seuils du régime micro et vous n’avez pas opté pour le réel ? Vous êtes alors micro-entrepreneur, ce que tout le monde appelle auto-entrepreneur. Si en revanche vous avez choisi une société (EURL, SASU) ou opté pour le régime réel, vous sortez du champ micro et ces deux mots ne vous désignent plus. Dans l’immense majorité des lancements en solo, c’est bien la première branche qui s’applique, et c’est ce qui explique que ces deux appellations soient devenues les plus répandues.

Arbre de decision guidant vers l'appellation auto-entrepreneur, micro-entreprise ou societe selon la situation.
Quelle appellation pour votre situation : auto-entrepreneur, micro-entreprise ou société

2. D’où vient la double appellation ? La généalogie 2009 → 2026

Si les deux mots sont équivalents, pourquoi en traîne-t-on deux ? La réponse tient en trois jalons. On remonte le fil de la naissance du mot en 2009 jusqu’au statut unique de 2022, en passant par le renommage de 2016 qui a créé, sans le vouloir, cette coexistence dont personne n’arrive vraiment à se débarrasser.

2.1 2009 : la naissance de l’auto-entrepreneur (loi LME)

Tout commence avec la loi n° 2008-776 du 4 août 2008 de modernisation de l’économie (LME), entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2009. Son ambition était de simplifier radicalement la création d’une activité indépendante : déclaration en ligne, cotisations proportionnelles au chiffre d’affaires, franchise de TVA. À une époque où lancer une activité supposait encore de la paperasse et des cotisations forfaitaires dues même sans recette, le régime a séduit par sa simplicité, en particulier ceux qui voulaient tester une idée ou compléter un revenu sans prendre de risque administratif. À l’origine, « auto-entrepreneur » ne désignait pas un statut à part mais un régime optionnel que l’on choisissait au sein de l’entreprise individuelle. Le mot est né là, et il a connu un tel succès populaire qu’il s’est ancré durablement dans le langage.

2.2 2016 : la fusion des régimes et le basculement du vocabulaire (loi Pinel)

C’est ici que tout se joue. La loi n° 2014-626 du 18 juin 2014 (loi Pinel), dont les dispositions sont entrées en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2016, a fusionné le régime de l’auto-entrepreneur et celui de la micro-entreprise en un régime unique. Trois conséquences en découlent. Le terme légal devient « micro-entrepreneur ». Le régime micro devient le régime par défaut de toute entreprise individuelle créée sous les seuils, sans qu’il faille encore le « choisir », on y est automatiquement sauf option contraire. Et le mot « auto-entrepreneur » survit dans l’usage courant, jusque dans certaines adresses administratives comme autoentrepreneur.urssaf.fr.

AnnéeTexteEffet sur le vocabulaire
2009Loi LME (04/08/2008)Création du mot « auto-entrepreneur » (régime optionnel)
2016Loi Pinel (18/06/2014)Fusion ; terme officiel « micro-entrepreneur » ; micro = régime par défaut de l’EI
2022Loi du 14/02/2022Statut unique de l’EI, séparation automatique des patrimoines

Voilà l’origine exacte de la double appellation : un changement de nom légal en 2016 que le langage courant n’a jamais vraiment adopté. Dix ans plus tard, « auto-entrepreneur » reste le mot que tout le monde emploie, et c’est précisément ce décalage qui entretient l’idée fausse de deux statuts distincts.

2.3 2022 : le statut unique de l’entrepreneur individuel et le patrimoine protégé

Dernier jalon, et il ne crée aucun mot nouveau. La loi n° 2022-172 du 14 février 2022 a supprimé l’EIRL et instauré, depuis le 15 mai 2022, un statut unique de l’entrepreneur individuel. L’apport est concret pour le micro-entrepreneur : la séparation automatique du patrimoine personnel et professionnel, sans aucune formalité d’affectation. Auparavant, protéger sa résidence principale supposait une déclaration d’insaisissabilité ou le choix de l’EIRL, une démarche que beaucoup oubliaient. Désormais, les biens utiles à l’activité forment le patrimoine professionnel, gage des créanciers professionnels, tandis que la résidence principale et les biens personnels sont en principe protégés d’office. Cette réforme ne renomme rien, elle renforce simplement la sécurité de l’EI sur laquelle repose le régime micro, et c’est une bonne nouvelle qui passe souvent inaperçue au moment de se lancer.

Frise chronologique 2009-2026 avec quatre jalons legaux expliquant la double appellation auto-entrepreneur.
La généalogie de l’auto-entrepreneur, de 2009 à 2026

3. BIC ou BNC : la seule distinction qui change réellement vos chiffres

Si ce n’est pas le mot employé qui modifie quoi que ce soit, qu’est-ce qui fait varier vos cotisations et votre impôt ? Une seule variable, et elle n’a rien à voir avec l’appellation : votre catégorie d’activité. On la définit ici, on voit comment la déterminer, puis on met les trois profils côte à côte pour un premier aperçu chiffré. Cet aperçu servira de socle à tout ce qui suit sur les seuils, les cotisations et l’abattement.

3.1 BIC et BNC : ce que recouvrent ces deux acronymes

Deux acronymes structurent toute la fiscalité du micro, et autant les fixer une fois pour toutes. Les BIC (bénéfices industriels et commerciaux) couvrent les activités commerciales, artisanales et de vente : acheter pour revendre, fabriquer, fournir un service commercial comme la restauration ou le bâtiment. Les BNC (bénéfices non commerciaux) couvrent les activités libérales et intellectuelles, ce que l’on pourrait appeler les métiers du savoir : conseil, rédaction, formation, développement informatique, professions de l’expertise. La frontière n’est pas toujours évidente, et c’est souvent là que se joue la première hésitation au moment de l’inscription, car une même prestation peut basculer d’un côté ou de l’autre selon qu’elle relève d’un acte commercial ou d’un travail intellectuel. Cette catégorie n’est pas une étiquette administrative anodine, car c’est elle qui détermine l’abattement micro-fiscal, le taux de cotisations sociales et la caisse de retraite à laquelle vous serez rattaché.

C’est là le cœur du sujet, et le point qui surprend le plus. Entre deux micro-entrepreneurs, ce qui change réellement les montants, ce n’est jamais le mot « auto-entrepreneur » ou « micro-entreprise », c’est la catégorie BIC ou BNC. Deux personnes inscrites sous le même régime, l’une en vente de marchandises, l’autre en conseil, n’auront ni le même abattement, ni le même taux social, ni la même retraite. Le vocabulaire est identique pour les deux, les chiffres n’ont rien à voir.

Note de Tom

quand on dirige une entreprise, on apprend vite que deux activités qui se ressemblent sur le papier peuvent avoir des règles fiscales très différentes. Pour le micro, c’est pareil : avant de raisonner sur les taux, le premier réflexe est de bien identifier sa catégorie, parce que tout le reste en découle.

Arbre de decision pour classer son activite en BIC vente, BIC services ou BNC avec abattement et taux social.
Classer son activité en BIC vente, BIC services ou BNC

3.2 Vue d’ensemble chiffrée : vente, services et libéral comparés

Pour rendre l’écart palpable, prenons un même chiffre d’affaires de 30 000 € et regardons ce qu’il devient selon les trois catégories. Le tableau ci-dessous croise les paramètres qui dépendent de l’activité. Il donne un premier aperçu : chacune de ces lignes sera détaillée, profil par profil, dans la section suivante.

ParamètreVente de biens (BIC)Services (BIC)Libéral (BNC)
Abattement micro-fiscal71 %50 %34 %
Base imposable IR (sur 30 000 €)8 700 €15 000 €19 800 €
Taux micro-social 202612,3 %21,2 %25,6 %
Cotisations sociales (sur 30 000 €)3 690 €6 360 €7 680 €
Versement libératoire (taux IR)1,0 %1,7 %2,2 %
Seuil de CA micro 2026203 100 €83 600 €83 600 €

Données à jour — juin 2026.

Pour un même encaissement, l’écart est considérable. Le vendeur ne déclare que 8 700 € de base imposable quand le libéral en déclare 19 800 €, et il paie 3 690 € de cotisations là où le libéral en paie 7 680 €, soit plus du double. Tout cela pour un chiffre d’affaires identique et sous la même appellation d’auto-entrepreneur. La démonstration confirme ce que la section précédente posait : la vraie question n’a jamais été « micro ou auto », mais bien « BIC ou BNC ». Et c’est en détaillant chacun de ces paramètres qu’on va maintenant voir, euro par euro, ce que le régime micro coûte vraiment en 2026.

4. Ce que recouvre concrètement le régime micro en 2026 : seuils, cotisations, abattement

Vous avez votre catégorie en tête, BIC ou BNC, et c’est elle qui va commander tous les chiffres qui suivent. Entrons donc dans le concret, euro par euro : le plafond qui conditionne l’accès au régime, ce que vous payez en cotisations sociales, et ce que l’administration retire de votre chiffre d’affaires avant de calculer votre impôt.

4.1 Les seuils de chiffre d’affaires 2026 et leur revalorisation

La première chose à vérifier, c’est si vous restez sous le plafond. Pour la période 2026-2028, les seuils de chiffre d’affaires micro sont de 203 100 € pour la vente de biens et la fourniture de logement (BIC), et de 83 600 € pour les prestations de services (BIC) comme pour les activités libérales (BNC). Un point qui prête souvent à confusion, c’est qu’il s’agit du CA encaissé, donc l’argent réellement reçu sur votre compte, et non du bénéfice une fois vos frais déduits. Si vous mélangez vente et services, le total ne doit pas dépasser 203 100 €, dont au maximum 83 600 € pour la part services.

Ces montants viennent d’augmenter. La grille précédente, en vigueur de 2023 à 2025, plafonnait à 188 700 € et 77 700 €, contre 203 100 € et 83 600 € aujourd’hui. C’est une revalorisation triennale, qui ne rejoue donc qu’en 2029, et le graphique ci-dessous vous en donne la lecture immédiate.

Diagramme en barres comparant les seuils de CA micro-entreprise 2025 vs 2026 pour la vente et les services.
Seuils de chiffre d’affaires micro-entreprise : revalorisation 2025 vs 2026

Voilà une précision qui rassure souvent ceux qui frôlent le plafond : dépasser une fois ne vous fait pas perdre le régime du jour au lendemain. Le micro n’est perdu qu’après deux années civiles consécutives de dépassement, et la bascule vers le réel intervient alors au 1ᵉʳ janvier suivant. Vous avez donc le temps de voir venir et d’organiser votre passage à un autre régime sans précipitation.

4.2 Le régime micro-social : des cotisations calculées sur le CA encaissé

Voilà le poste qui pèse le plus, et le plus simple à calculer. Le régime micro-social applique un pourcentage forfaitaire à votre CA encaissé, ce qui veut dire que sans encaissement, il n’y a aucune cotisation à payer. Le taux, lui, dépend entièrement de la nature de votre activité.

ActivitéCatégorieTaux micro-social 2026Caisse de retraite
Vente de marchandises / hébergementBIC12,3 %SSI
Prestations de services commerciales/artisanalesBIC21,2 %SSI
Activités libérales non réglementéesBNC25,6 %SSI
Professions libérales réglementées CIPAVBNC23,2 %CIPAV

Données à jour — juin 2026.

L’écart saute aux yeux : un vendeur de biens reverse 12,3 % de ce qu’il encaisse, là où un libéral en reverse plus du double. Notez aussi qu’au 1ᵉʳ janvier 2026, le taux des activités libérales BNC affiliées à la SSI est passé de 24,6 % à 25,6 %, dans le cadre de la trajectoire de hausse des cotisations. Ces prélèvements ne sont pas perdus pour autant, puisqu’ils ouvrent des droits à la maladie, à la retraite et aux allocations familiales. À cela s’ajoute une contribution à la formation professionnelle (CFP), de 0,1 % pour les commerçants, 0,3 % pour les artisans et 0,2 % pour les professions libérales. Reste la caisse de retraite : la plupart des activités relèvent de la SSI, mais certaines professions libérales réglementées dépendent de la CIPAV, avec un taux de 23,2 % et une logique de droits à la retraite qui lui est propre.

4.3 Combien de cotisations pour 100 € encaissés selon votre métier ?

Pour fixer les idées, prenez 100 € encaissés et regardez ce qu’il en reste après cotisations selon le métier. Le vendeur de biens en garde près de 88, le prestataire de services BIC un peu moins de 79, et le libéral BNC autour de 74. C’est exactement le même geste, encaisser 100 €, pour trois factures sociales très différentes.

Diagramme en barres des taux de cotisations micro-sociales 2026 pour quatre profils d'activite, de 12,3 a 25,6 %.
Taux de cotisations micro-sociales 2026 selon l’activité

4.4 Le régime micro-fiscal : l’abattement forfaitaire et ses pièges

Une fois les cotisations sociales réglées, reste l’impôt sur le revenu. Et c’est là qu’intervient l’autre grand mécanisme du micro, l’abattement forfaitaire. Le principe est volontairement simple : au lieu de tenir une comptabilité et de déduire vos frais réels, vous déclarez votre CA brut, et l’administration applique un abattement censé représenter vos charges. Ce qui reste après abattement, le bénéfice imposable, vient s’ajouter aux autres revenus de votre foyer et est soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu.

ActivitéAbattement forfaitaireBase imposable à l’IR (sur 10 000 € de CA)
Vente de marchandises (BIC)71 % (min. 305 €)2 900 €
Prestations de services (BIC)50 % (min. 305 €)5 000 €
Activités libérales (BNC)34 % (min. 305 €)6 600 €

Données à jour — juin 2026.

Le piège est ici, et il est plus fréquent qu’on ne le croit : l’abattement n’est pas une exonération. Il ne fait que réduire la base sur laquelle l’impôt se calcule, il ne supprime pas l’impôt. Beaucoup se persuadent qu’avec un abattement de 71 %, ils ne paieront presque rien, alors que les 29 % restants s’ajoutent bel et bien à leurs autres revenus et peuvent les faire changer de tranche. Autre conséquence : comme le forfait est fixe, il avantage qui a peu de frais réels et pénalise qui en a beaucoup. Prenez un consultant qui travaille de chez lui, avec un ordinateur pour seul outil : il gagne au change avec son abattement de 34 %. À l’inverse, un négociant qui achète des marchandises à faible marge, ou un sous-traitant aux achats lourds, voit ses frais réels dépasser largement son abattement de 71 %, et c’est précisément le premier signal qu’il faut envisager le régime réel.

4.5 Vos charges réelles dépassent-elles l’abattement ?

Tout se résume à une comparaison que vous pouvez faire vous-même. Additionnez vos charges réelles annuelles, puis comparez-les à l’abattement forfaitaire de votre catégorie, 71 %, 50 % ou 34 % de votre CA. Si vos frais réels passent au-dessus de l’abattement, le forfait vous coûte plus cher qu’une déduction au réel, et il devient pertinent d’étudier le régime réel ou la société. S’ils restent en dessous, le micro garde son avantage fiscal. L’erreur à éviter, c’est de rester en micro par pure habitude alors que les charges sont devenues lourdes, simplement parce qu’on n’a jamais refait le calcul.

Arbre de decision comparant charges reelles et abattement forfaitaire micro (71, 50, 34 %) pour rester ou non au micro.
Charges réelles ou abattement forfaitaire : le micro est-il encore avantageux

5. Les options et charges qui se greffent : versement libératoire, TVA, ACRE et CFE

Les chiffres de base du régime sont clairs : un plafond, un taux social, un abattement. Mais par-dessus ce socle viennent se greffer des couches optionnelles qui changent l’addition, et que beaucoup activent ou subissent sans bien en mesurer l’effet. Elles sont trois, de l’option fiscale à manier avec prudence jusqu’aux frais de démarrage : le versement libératoire d’abord, puis ce seuil de TVA qui se déclenche bien avant le plafond micro, et enfin les aides et charges du lancement.

5.1 Le versement libératoire de l’impôt sur le revenu : utile ou piège ?

Le versement libératoire est une option distincte du régime micro-fiscal classique. Au lieu de payer votre IR l’année suivante, après déclaration, vous le réglez en même temps que vos cotisations sociales, à chaque déclaration URSSAF, sous la forme d’un pourcentage fixe de votre CA.

ActivitéTaux du versement libératoire (IR)
Vente de marchandises (BIC)1,0 %
Prestations de services (BIC)1,7 %
Activités libérales (BNC)2,2 %

Données à jour — juin 2026.

Pour y prétendre, votre foyer doit remplir une condition de revenus : le revenu fiscal de référence (RFR) de l’année N-2 ne doit pas dépasser 29 315 € par part (pour une option exercée en 2026, ce sont les revenus 2024 qui comptent), et la demande se fait avant le 30 septembre pour une application l’année suivante. Sur le papier, l’option séduit par sa simplicité, payer son impôt au fil de l’eau plutôt que de provisionner. Mais elle comporte une limite qui coûte cher : elle n’est avantageuse que si votre foyer est réellement imposable. Si vous n’êtes pas imposable, le régime classique vous aurait fait payer zéro d’IR, tandis que le versement libératoire vous prélève 1,0 %, 1,7 % ou 2,2 % de votre CA dès le premier euro encaissé. Autrement dit, vous payez un impôt que vous ne deviez pas. C’est l’erreur la plus fréquente sur cette option, et c’est justement pour la trancher qu’il faut prendre le temps de comparer le coût des deux régimes d’imposition avant de cocher la case.

5.2 Devez-vous opter pour le versement libératoire ?

Le test tient en deux questions, dans l’ordre. D’abord : votre foyer est-il imposable, avec une tranche marginale d’imposition (TMI) d’au moins 11 % ? Si la réponse est non, inutile d’aller plus loin, restez au régime classique. Si la réponse est oui, vérifiez la seconde condition : votre RFR N-2 est-il sous le plafond de 29 315 € par part ? Si oui, le versement libératoire devient généralement intéressant, puisque le taux forfaitaire d’IR est alors souvent plus doux que ce que le barème progressif vous appliquerait. La règle d’action est donc simple : si votre foyer n’est pas imposable, n’optez pas. Pour ceux qui veulent chiffrer leur cas précis et arbitrer entre les deux options, nous détaillons la méthode dans notre guide sur comment arbitrer entre versement libératoire et régime classique.

Arbre de decision sur le versement liberatoire de l'impot auto-entrepreneur selon imposition et RFR.
Versement libératoire de l’impôt auto-entrepreneur : faut-il opter

5.3 La franchise en base de TVA : un seuil qui se déclenche avant le plafond micro

Tant que votre CA reste sous certains seuils, vous bénéficiez de la franchise en base de TVA : vous ne facturez pas de TVA à vos clients et vous n’en récupérez pas sur vos achats. Voilà pour le confort. Le problème, c’est que ces seuils de TVA ne sont pas les mêmes que les seuils du régime micro, et qu’ils sont nettement plus bas. La franchise tombe à 85 000 € pour la vente de biens et l’hébergement (seuil majoré de tolérance à 93 500 €), et à 37 500 € pour les prestations de services (seuil majoré à 41 250 €).

La confusion la plus dommageable se loge exactement là : seuil de TVA et seuil micro sont deux choses différentes. Vous pouvez parfaitement rester micro-entrepreneur, sous votre plafond de 203 100 € ou 83 600 €, tout en étant devenu redevable de la TVA. Pensez à un prestataire de services qui dépasse 37 500 € de CA : il est encore très loin de son plafond micro de 83 600 €, mais il doit déjà se préoccuper de facturer la TVA. La mécanique des seuils mérite d’être comprise : tant que vous dépassez le seuil de base sans franchir le seuil majoré, la franchise est conservée pour l’année en cours et perdue au 1ᵉʳ janvier suivant. En revanche, dès que vous franchissez le seuil majoré, vous devenez assujetti à la TVA dès le 1ᵉʳ jour du mois de dépassement, sans délai.

Un mot sur l’actualité réglementaire, parce qu’elle a inquiété beaucoup de micro-entrepreneurs : le projet d’un seuil unique de TVA abaissé à 25 000 € a été définitivement abandonné, supprimé par la loi n° 2025-1044 du 3 novembre 2025, l’article qui le portait ayant été retiré le 20 novembre 2025. Les seuils habituels sont donc reconduits pour 2026. Le bon réflexe reste de surveiller votre seuil de TVA bien avant votre plafond micro, car c’est lui que vous atteindrez en premier. Le graphique ci-dessous superpose, pour chaque activité, le seuil de TVA et le seuil micro, et montre cet écart où l’on est encore micro mais déjà concerné par la TVA.

Diagramme en barres superposant seuil de franchise TVA et seuil micro-entreprise par activite, en euros.
Seuil de TVA vs seuil micro-entreprise : le no man’s land de la franchise

5.4 ACRE, CFE et autres charges de démarrage

Reste à voir ce qui change la première année par rapport aux suivantes, car le démarrage a ses propres règles. L’aide la plus connue est l’ACRE (aide aux créateurs et repreneurs d’entreprise), une exonération partielle de cotisations sociales la première année. Et c’est ici qu’une date compte vraiment : pour les créations avant le 1ᵉʳ juillet 2026, le taux minoré correspond à 50 % du taux normal, alors que pour les créations à compter du 1ᵉʳ juillet 2026, l’avantage est ramené à 25 % d’exonération seulement. La demande se fait auprès de l’URSSAF dans les 60 jours suivant le début d’activité, et passer cette fenêtre, c’est perdre l’aide pour de bon.

ChargeAnnée de créationAnnées suivantes
Cotisations micro-socialesRéduites via ACRE (50 % puis 25 %)Taux plein (12,3 / 21,2 / 25,6 %)
CFEExonéréeDue si CA > 5 000 €
CFP (formation)DueDue
TVAFranchise si sous seuilsFranchise si sous seuils

Données à jour — juin 2026.

L’autre charge à anticiper est la cotisation foncière des entreprises (CFE). Vous en êtes exonéré l’année de création, mais elle devient due dès l’année suivante, sauf si votre CA annuel reste inférieur ou égal à 5 000 €, auquel cas l’exonération est permanente. La CFP, elle, est due dès le départ, et la TVA reste en franchise tant que vous êtes sous les seuils vus plus haut. À retenir, donc : si votre projet est prêt, créer avant le 1ᵉʳ juillet 2026 et demander l’ACRE dans les 60 jours vous fait bénéficier de 50 % d’exonération plutôt que 25 %. Sur une première année, cette aide qui divise par deux les cotisations de la première année n’est pas un détail.

6. Quand le régime micro montre ses limites : micro, réel ou société (EURL, SASU) ?

Vous savez maintenant ce que le micro coûte vraiment, et à quel moment le forfait commence à jouer contre vous. La question devient alors : si je quitte le micro, vers quoi je vais ? Il y a en réalité deux marches à franchir, et beaucoup confondent les deux. La première reste à l’intérieur de l’entreprise individuelle, on change seulement de régime fiscal. La seconde change la structure elle-même, on crée une société. Prenons-les dans l’ordre, en donnant à chaque fois le critère de décision plutôt qu’une préférence toute faite.

6.1 Première marche : rester en EI mais passer au régime réel

Avant même de penser « société », la première bascule possible est bien plus discrète : elle reste interne à votre EI. Vous gardez exactement la même structure juridique, vous quittez simplement le régime micro-fiscal pour le régime réel. Le tableau suivant isole ce choix, qui précède souvent celui d’une société.

CritèreRégime microRégime réel (EI au réel)
Calcul du bénéficeCA − abattement forfaitaireCA − charges réelles déduites
Déduction des charges réellesNonOui
Déduction d’un déficitNonOui (imputable)
ComptabilitéAllégée (livre des recettes)Complète (bilan, compte de résultat)
TVAFranchise possible sous seuilsRégime réel de TVA
Avantage si peu de chargesÉlevéFaible
Avantage si charges lourdesFaibleÉlevé

Données à jour — juin 2026.

Tout se joue sur vos charges. Le micro déduit un abattement forfaitaire et vous épargne la comptabilité, mais il ne vous laisse déduire ni vos frais réels, ni un éventuel déficit. Le réel fait l’inverse : il déduit vos charges au centime près et vous permet d’imputer un déficit, au prix d’une comptabilité complète et du régime réel de TVA. Le réel l’emporte quand vos charges sont lourdes, le micro reste imbattable quand vous avez peu de frais. C’est souvent cette bascule interne, et non directement la société, qui constitue la vraie première étape de sortie du micro.

6.2 Deuxième marche : micro-entreprise, EURL ou SASU comparées

Quand le réel ne suffit plus, parce que votre CA dépasse durablement les seuils ou que vous avez besoin d’une structure plus solide, vient la question de la société. Deux formes unipersonnelles dominent, l’EURL et la SASU, et il vaut la peine de les mettre face au micro plutôt que de les opposer entre elles d’emblée.

CritèreMicro-entreprise (EI)EURLSASU
Nature juridiqueEntreprise individuelleSociété (personne morale)Société (personne morale)
Capital minimumAucun1 € symbolique1 € symbolique
Dépôt de capital à la créationNonOuiOui
Imposition par défautIR (abattement forfaitaire)IR (option IS)IS (option IR 5 ans)
Statut social du dirigeantTNSTNSAssimilé salarié
Charges sociales (ordre de grandeur)% du CA≈ 40-45 % de la rémunération≈ 70-80 % de la rémunération
Déduction des charges réellesNon (forfait)OuiOui
Plafond de CA203 100 / 83 600 €AucunAucun
ComptabilitéAllégée (livre des recettes)ComplèteComplète

Données à jour — juin 2026.

Deux différences pèsent plus que les autres. La première est sociale : en micro comme en EURL, le dirigeant est un travailleur non salarié, tandis qu’en SASU il est assimilé salarié, ce qui change tout le calcul des charges. Sur une même rémunération, comptez de l’ordre de 40 à 45 % de charges en EURL contre 70 à 80 % en SASU, mais l’assimilé salarié de la SASU bénéficie en échange d’une meilleure couverture et d’un accès plus simple aux dividendes peu chargés socialement. Pour mesurer ce que ce choix statut TNS et assimilé salarié implique sur votre rémunération nette, le sujet mérite un détour dédié. La seconde différence concerne le capital : contrairement à une idée reçue, le micro n’exige aucun capital, là où EURL et SASU réclament un dépôt, fût-il symbolique d’un euro. Quant à l’EIRL, inutile de la chercher dans ce tableau : elle a été supprimée en 2022 et sa protection patrimoniale est désormais intégrée d’office à l’EI.

Note de Henri

quand on regarde l’arbitrage micro contre société uniquement sous l’angle du taux affiché, on se trompe de question. Ce qui compte, c’est le coût social et fiscal complet une fois que l’activité tourne, et les données montrent qu’un dirigeant qui se verse peu reste souvent gagnant en TNS, là où celui qui vise les dividendes trouve son compte en SASU. Le bon réflexe est de raisonner sur le net après tout, pas sur le pourcentage de cotisations isolé.

6.3 Quand quitter le micro, et pour quel statut ?

Le raisonnement complet tient en deux questions enchaînées. La première sert de déclencheur : votre CA dépasse-t-il les seuils micro, ou vos charges réelles dépassent-elles l’abattement ? Si la réponse est non aux deux, restez en micro, vous n’avez aucune raison d’en changer. Si la réponse est oui, passez à la seconde question : avez-vous besoin d’un statut assimilé salarié ou de vous verser des dividendes faiblement chargés ? Si oui, la SASU est la piste à étudier. Si non, l’EURL ou l’EI au réel sera le plus souvent l’option la plus économe. La logique de fond ne varie pas : l’EURL est généralement plus avantageuse pour une faible rémunération grâce au statut TNS, tandis que la SASU prend l’avantage dès qu’on cherche à optimiser des dividendes.

Arbre de decision pour quitter la micro-entreprise vers EURL ou SASU selon CA, charges et statut social.
Quand quitter le micro-entreprise et pour quel statut : EURL ou SASU

Vous savez désormais quel statut vous correspond et à partir de quand il devient pertinent d’en changer. Reste une dernière question, et pas la moindre : une fois la décision prise, comment crée-t-on et gère-t-on concrètement sa micro sans se tromper dans les démarches ?

7. Créer et gérer sa micro-entreprise : la procédure et les garde-fous

Bonne nouvelle pour commencer : c’est la partie la plus simple, et de loin la moins chère. Là où une société exige un dépôt de capital, des statuts et parfois un passage chez le notaire, vous créez votre micro-entreprise gratuitement, en ligne, en une après-midi. On suit donc le parcours dans l’ordre où il se présente, puis les quelques obligations à tenir une fois immatriculé, et on termine par la liste des pièges qui reprend toutes les confusions croisées depuis le début.

7.1 La création via le guichet unique INPI, étape par étape

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2023, toutes les formalités de création passent par le guichet unique de l’Institut national de la propriété industrielle (INPI), accessible sur formalites.entreprises.gouv.fr. Cette adresse unique a remplacé les anciens centres de formalités des entreprises et l’ancien site guichet-entreprises, et centralise désormais tout. La démarche est gratuite pour une micro-entreprise classique, et sans aucun dépôt de capital.

Le parcours suit sept étapes qui s’enchaînent dans l’ordre suivant. Vous vérifiez d’abord votre éligibilité et votre catégorie BIC ou BNC, ce travail de cadrage fait en amont qui évite la majorité des erreurs de déclaration. Vous déclarez ensuite le début d’activité sur le guichet unique INPI, ce qui déclenche l’obtention du SIRET auprès de l’INSEE, le numéro qui identifie officiellement votre entreprise. Vient l’activation de l’espace personnel sur autoentrepreneur.urssaf.fr, puis le choix de la périodicité de déclaration, mensuelle ou trimestrielle, et de l’option pour le versement libératoire si votre situation s’y prête. Restent deux réflexes de démarrage : ouvrir un compte bancaire dédié à l’activité dès que le CA dépasse 10 000 € par an deux années de suite, et souscrire les assurances obligatoires selon votre métier.

Diagramme de flux des sept etapes ordonnees de creation d'une micro-entreprise, du guichet INPI a l'assurance.
Les sept étapes ordonnées de la création d’une micro-entreprise

7.2 Déclarations et obligations courantes une fois lancé

Une fois le SIRET en poche, la gestion au jour le jour tient en quelques gestes simples, à condition de ne pas en oublier un. Le tableau ci-dessous récapitule ce qui vous attend selon la fréquence.

ObligationFréquencePrécision
Déclaration de CA à l’URSSAFMensuelle ou trimestrielleMême si CA = 0 (sinon pénalité)
Paiement des cotisationsÀ la déclaration% du CA encaissé
Déclaration des revenus (IR)AnnuelleReport du CA, abattement appliqué d’office
Compte bancaire dédiéObligatoire si CA > 10 000 € deux années consécutives
Livre des recettesEn continuComptabilité allégée
TVA (si seuils dépassés)Selon régimeFacturer et déclarer la TVA

Données à jour — juin 2026.

Le point de vigilance qui revient le plus souvent concerne la déclaration de chiffre d’affaires. Beaucoup pensent qu’un mois sans recette les dispense de déclarer, et c’est faux : il faut déclarer même un CA nul, sous peine d’une pénalité forfaitaire pour chaque déclaration manquante. C’est l’oubli le plus banal et le plus évitable, d’autant que la déclaration à zéro vous prend trente secondes. Le reste suit tout seul : vos cotisations se paient au moment où vous déclarez, votre revenu remonte une fois par an dans votre déclaration d’impôt avec l’abattement appliqué d’office, et vous tenez un simple livre des recettes en guise de comptabilité. Le compte bancaire dédié ne devient une obligation qu’au-delà de 10 000 € de CA deux années consécutives, et la TVA n’entre dans le tableau qu’une fois les seuils de franchise dépassés.

7.3 Erreurs fréquentes et confusions courantes à éviter

Au fil de ce guide, on a croisé une série de pièges qui reviennent presque tous chez les débutants. Les voici réunis en une checklist, avec à chaque fois la bonne pratique, l’erreur miroir et la conséquence qu’elle entraîne.

À faireÀ éviterErreur fréquente associée
Comprendre que micro = auto-entreprise (même chose)Croire qu’il faut « passer » de l’un à l’autreChercher une démarche de conversion inexistante
Vérifier sa catégorie BIC/BNC avant de se lancerConfondre seuil de TVA et seuil microOublier de facturer la TVA après 37 500 / 85 000 €
Vérifier l’éligibilité au versement libératoire (RFR)Opter pour le versement libératoire en étant non imposablePayer de l’IR qu’on ne devait pas
Déclarer son CA même à 0 €Oublier une déclaration URSSAFPénalité forfaitaire par déclaration manquante
Déduire mentalement l’abattement (forfait) du bénéficeCroire que l’abattement = exonérationSous-estimer l’IR réellement dû
Anticiper la sortie du micro si charges élevéesRester en micro malgré des achats lourdsPayer l’IR sur un bénéfice forfaitaire surévalué
Demander l’ACRE dans les 60 joursOublier la fenêtre de demandePerdre l’exonération de première année

Si vous ne deviez retenir que deux lignes, ce seraient les deux premières et la quatrième. La confusion entre les deux mots vous coûte du temps, le mélange entre seuil de TVA et seuil micro coûte cher en régularisation, et l’oubli de la déclaration à zéro déclenche une pénalité pour rien. Le reste tient en un seul réflexe : vérifiez votre catégorie, surveillez vos charges, et ne laissez pas passer les fenêtres de demande.

Note de Tom

quand on lance une activité, le réflexe qui sauve, c’est d’ouvrir un compte bancaire dédié dès le premier euro, même en dessous du seuil obligatoire. J’ai vu trop d’indépendants mélanger perso et pro pendant deux ans, puis passer des week-ends entiers à reconstituer leur livre des recettes au moment d’un contrôle. Séparer les flux dès le départ, c’est dix minutes à l’ouverture contre des heures de tri plus tard.

8. L’essentiel à retenir en 2026

On a ouvert ce guide sur une confusion, celle de deux mots pris pour deux statuts. On le referme sur une certitude, et sur une page de chiffres à garder sous la main. Le tableau qui suit rassemble la réponse à la question de départ et les paramètres clés de 2026, pour que vous puissiez y revenir d’un coup d’œil sans relire l’ensemble.

8.1 Tableau récapitulatif : auto-entrepreneur et micro-entreprise en 2026

QuestionRéponse de synthèse 2026
Auto-entrepreneur ≠ micro-entreprise ?Non : strictement synonymes depuis le 01/01/2016 (loi Pinel).
Terme officiel ?« Micro-entrepreneur » (légal) ; « auto-entrepreneur » (usage courant).
Forme juridique réelle ?Entreprise individuelle (EI) ; le micro est un régime, pas une forme.
Origine de la double appellation ?Renommage légal en 2016, jamais adopté par le langage courant.
Seuils de CA 2026 ?203 100 € (vente/hébergement) ; 83 600 € (services/libéral).
Abattement micro-fiscal ?71 % (vente) / 50 % (services) / 34 % (BNC), min. 305 €.
Cotisations micro-sociales 2026 ?12,3 % / 21,2 % / 25,6 % / 23,2 % (CIPAV) du CA encaissé.
Capital exigé à la création ?Aucun (≠ SASU/EURL).
Seuils de franchise TVA 2026 ?85 000 / 93 500 € (biens) ; 37 500 / 41 250 € (services).
Quand quitter le micro ?Charges réelles > abattement, ou CA proche des seuils.
Où créer ?Guichet unique INPI (gratuit, en ligne).

Données à jour — juin 2026.

Le tableau ci-dessus dit l’essentiel : auto-entrepreneur et micro-entreprise désignent la même chose, et tout ce qui fait réellement varier vos chiffres se joue ailleurs, dans votre catégorie d’activité et dans le niveau de vos charges. Le mot que vous employez n’a aucune incidence sur vos cotisations, votre impôt ou vos plafonds. Ce qui compte, c’est d’identifier votre profil BIC ou BNC, de connaître vos seuils, et de surveiller le moment où le forfait cesse de jouer en votre faveur.

Conclusion

Une chose résume tout ce guide : auto-entrepreneur et micro-entreprise désignent strictement la même chose. Depuis la fusion des régimes au 1ᵉʳ janvier 2016, le mot que vous employez ne change rien, ni à vos cotisations, ni à votre impôt, ni à vos plafonds. « Micro-entrepreneur » est le terme officiel, « auto-entrepreneur » l’usage resté dans les habitudes, et aucune démarche ne permet de « passer » de l’un à l’autre : chercher cette conversion, c’est perdre du temps sur un problème qui n’en est pas un.

Ce qui fait réellement varier vos chiffres se joue ailleurs, et c’est là qu’il faut concentrer son attention. Tout part de votre catégorie d’activité, BIC pour la vente et les prestations commerciales, BNC pour le libéral, parce que c’est elle qui commande vos seuils de chiffre d’affaires 2026 (203 100 € en vente, 83 600 € en services et libéral), le taux de vos cotisations sociales et le niveau de votre abattement forfaitaire. Et cet abattement n’est pas une exonération : il s’applique d’office sur votre CA pour calculer le bénéfice imposable, sans tenir compte de vos charges réelles. C’est précisément pour ça que le micro cesse d’être intéressant le jour où vos achats deviennent lourds, car l’impôt porte alors sur un bénéfice forfaitaire bien plus élevé que votre marge réelle. Surveiller ce basculement, c’est savoir quand quitter le statut avant qu’il ne vous coûte plus qu’il ne vous rapporte.

Le reste tient en quelques réflexes simples : déclarer son CA même à zéro pour éviter la pénalité forfaitaire, ne pas confondre le seuil micro et le seuil de franchise de TVA, et ne pas laisser passer les fenêtres de demande comme celle de l’ACRE. La micro-entreprise reste le moyen le plus rapide et le moins cher de se lancer, à condition de raisonner non pas sur les mots, mais sur les bons paramètres.

Pour creuser le calcul de votre impôt selon le versement libératoire ou le régime classique, notre guide de l’imposition en micro-entreprise détaille les deux options chiffres à l’appui. Si vous démarrez, notre guide sur l’ACRE explique comment diviser vos cotisations la première année et qui peut en bénéficier. Et pour séparer proprement vos flux dès le départ, notre guide sur le compte professionnel fait le point sur l’obligation réelle et les frais à comparer.

FAQ : auto-entrepreneur et micro-entreprise, vos questions les plus fréquentes

Qu’est-ce que le régime micro-social ?

Le régime micro-social est la mécanique qui calcule vos cotisations sociales en appliquant un simple pourcentage à votre chiffre d’affaires réellement encaissé, sans aucune comptabilité de charges. Les taux 2026 dépendent de votre activité : 12,3 % en vente de biens et hébergement, 21,2 % en prestations de services commerciales ou artisanales, 25,6 % en libéral affilié à la Sécurité sociale des indépendants (SSI) et 23,2 % pour les professions rattachées à la CIPAV. Le principe qui surprend souvent les nouveaux indépendants est rassurant : pas de chiffre d’affaires encaissé, pas de cotisations à payer. Ces prélèvements ne disparaissent pas dans le vide pour autant, puisqu’ils ouvrent des droits à la maladie et à la retraite, ainsi qu’aux allocations familiales.

Qu’est-ce que le régime micro-fiscal ?

Le régime micro-fiscal simplifie le calcul de votre impôt sur le revenu. Vous déclarez votre chiffre d’affaires brut, et l’administration applique d’office un abattement forfaitaire censé représenter vos frais professionnels, sans que vous ayez à justifier la moindre dépense. Cet abattement s’élève à 71 % en vente, 50 % en services et 34 % en libéral, avec un minimum de 305 €. Le bénéfice obtenu, c’est-à-dire le chiffre d’affaires diminué de l’abattement, vient ensuite s’ajouter aux autres revenus de votre foyer et passe au barème progressif de l’impôt. Attention à une confusion fréquente : cet abattement n’est pas une exonération, il ne fait que réduire la base imposable. Pour départager le régime classique et le versement libératoire selon votre taux marginal, notre guide sur l’impôt en micro-entreprise détaille le choix chiffré.

La création d’une micro-entreprise nécessite-t-elle un dépôt de capital ?

Non, et c’est l’un des grands avantages du statut. Contrairement à une SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle) ou une EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée), qui sont des sociétés dotées d’un capital social, la micro-entreprise repose sur l’entreprise individuelle (EI) et n’exige aucun dépôt de capital. Vous n’avez ni statuts à rédiger, ni annonce légale à publier, ni compte bloqué à alimenter avant de démarrer. La création est gratuite et se fait entièrement en ligne, sur le guichet unique des formalités d’entreprises de l’INPI. C’est ce qui explique pourquoi tant de personnes se lancent en micro plutôt qu’en société : la barrière à l’entrée est quasi inexistante.

BIC et BNC : que signifient ces acronymes ?

BIC veut dire « bénéfices industriels et commerciaux » et regroupe les activités de vente, ainsi que les prestations commerciales et artisanales. BNC signifie « bénéfices non commerciaux » et couvre les activités libérales et intellectuelles, comme le conseil, la formation ou la rédaction. Cette distinction est tout sauf cosmétique, car c’est elle, et non le mot auto-entrepreneur ou micro-entreprise, qui fait réellement varier vos chiffres. La catégorie détermine votre abattement micro-fiscal (71, 50 ou 34 %), votre taux de cotisations sociales et même votre caisse de retraite. Le bon réflexe au démarrage est donc de bien identifier dans quelle catégorie tombe votre activité, puisque tout le calcul de votre net en découle.

Quel est le plus avantageux, micro-entreprise ou auto-entrepreneur ?

La question revient sans cesse, et pourtant elle n’a pas de réponse, car les deux termes désignent exactement le même régime depuis la réforme de 2016. Il n’existe aucune différence d’avantages, de cotisations, de plafonds ou de fiscalité entre « être auto-entrepreneur » et « être en micro-entreprise » : c’est un seul et même statut, sous deux noms hérités de l’histoire. Si on vous oppose l’un quand vous employez l’autre, inutile de corriger : vous parlez de la même chose. La vraie comparaison utile n’oppose pas un mot à l’autre, mais le régime micro au régime réel, ou à une société comme l’EURL ou la SASU. Pour ceux dont l’activité grandit et qui se posent la question d’une structure sociétaire, notre guide sur la rémunération du dirigeant compare les statuts sous l’angle du net réellement perçu.

Quels sont les seuils de chiffre d’affaires de la micro-entreprise en 2026 ?

Les seuils 2026, valables jusqu’en 2028 après leur revalorisation triennale, s’établissent à 203 100 € pour la vente de biens et l’hébergement, et à 83 600 € pour les prestations de services et les activités libérales. Ces montants portent sur le chiffre d’affaires encaissé, pas sur votre bénéfice. Bonne nouvelle pour qui frôle la limite : le régime n’est perdu qu’après deux années civiles consécutives de dépassement, avec une bascule au réel au 1er janvier suivant. Un point que beaucoup d’indépendants découvrent trop tard mérite votre vigilance : les seuils de franchise de TVA sont bien plus bas, à 37 500 € en services et 85 000 € en vente, et se déclenchent donc bien avant le plafond micro. On peut très bien rester micro-entrepreneur tout en devenant redevable de la TVA.

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