Freedom24 avis 2026 : ce que vaut ce broker chypriote

Trois arches monochromes en béton beige imbriquées en perspective décroissante, du plus large au plus étroit, sur fond sable clair, ombres douces portées au sol.

Dernière mise à jour : août 2026

Vous avez probablement croisé le nom Freedom24 dans une publicité YouTube ou en cherchant une alternative à votre courtier actuel pour accéder aux actions américaines, aux options ou à des frais de courtage plus bas. Et la question qui revient sans cesse, c’est ce que vaut vraiment cette plateforme en 2026, et s’il vaut mieux passer chez Trade Republic ou Interactive Brokers. La question est légitime, car les avis disponibles en ligne datent souvent de 2023 ou 2024, et la plupart n’intègrent ni la grille de courtage actualisée, ni ce que la plateforme fait réellement de vos liquidités.

Le contexte a bougé en 2026. Le prélèvement forfaitaire unique est passé de 30 % à 31,4 % au 1er janvier (12,8 % d’impôt sur le revenu auxquels s’ajoutent 18,6 % de prélèvements sociaux), ce qui change directement le rendement net que vous garderez en poche sur un compte-titres ordinaire (CTO) comme celui de Freedom24. Dans le même temps, Trade Republic a obtenu l’éligibilité PEA pour les résidents français depuis le 9 janvier 2025 et sa succursale française est enregistrée auprès de l’ACPR et de l’AMF. Freedom24, lui, reste un CTO pur, sans PEA, opéré depuis Chypre par Freedom Finance Europe.

Quatre questions se posent avant d’ouvrir un compte chez ce broker, et cet article y répond dans l’ordre : qui est vraiment Freedom Finance Europe et comment vos fonds sont protégés, ce que coûte la grille 2026 et ce que deviennent vos liquidités, quelle fiscalité française s’applique à un CTO étranger avec les obligations déclaratives qui vont avec, et dans quel cas ce courtier reste pertinent face à Trade Republic et Interactive Brokers.

1. Freedom24 en 2026 : qui est ce broker chypriote et comment vos fonds sont-ils protégés ?

Avant de regarder la grille tarifaire, il faut clarifier un point qui change tout, celui de savoir avec qui vous contractez réellement. Le nom commercial laisse planer une ambiguïté, car la maison-mère est cotée à New York avec une origine kazakhe, alors que la structure qui délivre le CTO est une entité chypriote bien distincte.

1.1 Freedom Finance Europe Ltd (Chypre, CySEC 275/15), l’entité qui ouvre votre CTO

Quand vous signez chez Freedom24, le contrat vous lie à Freedom Finance Europe Ltd, une Cyprus Investment Firm (CIF) basée à Limassol et agréée par la CySEC sous la licence 275/15 depuis 2015. C’est cette entité, et elle seule, qui détient votre compte-titres. Le statut CIF lui ouvre le passeport européen prévu par MiFID II (art. 34 de la directive 2014/65/UE), ce qui dispense Freedom24 d’un agrément ACPR ou AMF en France tout en maintenant les obligations de transparence et de protection des clients de détail.

La difficulté tient à ce que cette société coexiste avec plusieurs entités sœurs qui partagent le même nom sans partager le même contrat, à commencer par la maison-mère Freedom Holding Corp. (Nasdaq, ticker FRHC) et par Freedom Finance JSC au Kazakhstan.

Cette distinction n’a rien de théorique, et vous la retrouverez deux fois plus loin. Un produit affiché sous la marque Freedom peut relever d’une entité qui n’est pas la vôtre, et les conditions publiées ne valent alors pas pour un résident français. Pour un panorama plus large, notre comparatif des meilleurs courtiers bourse le détaille.

1.2 ICF Chypre 20 000 €, ce que cette garantie couvre et ce qu’elle ne couvre pas

La protection adossée à Freedom Finance Europe s’appelle l’Investor Compensation Fund chypriote, en abrégé ICF. Les conditions générales de la société fixent le plafond d’indemnisation à 20 000 € par investisseur, et la garantie joue uniquement en cas de défaillance de l’intermédiaire, jamais contre une perte de marché.

Pour situer ce plafond, le FGDR français couvre 70 000 € sur les titres, la SIPC américaine 500 000 $ par compte (dont 250 000 $ en cash), et le DGS chypriote 100 000 € mais sur les seuls dépôts bancaires, donc sans pertinence ici. L’ICF 20 000 € est nettement moins protecteur que ses équivalents français ou américain, une donnée à mettre en regard du volume que vous logez chez le broker.

La première ligne de défense reste la ségrégation des avoirs, que les conditions générales imposent au broker. Vos titres ne sont pas mélangés au bilan de la société, ce qui les protège en cas de procédure collective, indépendamment de l’ICF. Pour creuser la logique d’un compte-titres hors juridiction française, investir hors de France détaille le fonctionnement complet.

1.3 Réputation et signaux à pondérer : Trustpilot, S&P, Hindenburg

Restent les signaux de réputation, et ils tirent en sens contraire.

Le premier est négatif et récent. Trustpilot n’affiche plus de note pour Freedom24 et indique que la note n’est pas disponible en raison d’une violation de ses conditions d’utilisation (constat au 21 août 2026). La plateforme précise sur la même page avoir retiré plusieurs faux avis au sujet de l’entreprise. La fiche recense 1 276 avis, dont 239 sur les douze derniers mois. Des comparateurs tiers continuent d’afficher un score moyen, sans reprendre cet avertissement.

Le deuxième est positif et tout aussi daté. S&P Global Ratings a relevé le 24 juin 2026 la note de crédit émetteur long terme de Freedom Finance Europe Ltd de « B+ » à « BB- », avec une perspective stable, la note court terme étant confirmée à « B ». L’agence cite le renforcement de la gestion des risques et de la conformité. La maison-mère reste notée « B- ».

Les deux mesurent des choses différentes, la capacité à tenir des engagements financiers d’un côté, l’expérience client déclarée de l’autre. La solidité financière de l’entité chypriote s’améliore pendant que la fiabilité de ses avis en ligne est mise en cause, et un investisseur prudent tiendra compte des deux.

Un signal plus ancien continue de circuler, le rapport publié par Hindenburg Research le 15 août 2023 visant Freedom Holding Corp. La cible était la maison-mère, pas l’entité chypriote, et l’external review transmis à la SEC en 2024 a conclu à l’absence de preuves matérielles. La licence de Freedom UA a par ailleurs été suspendue par la BNU le 19 octobre 2022, sans que cela touche le contrat chypriote. Dernier point pratique, la recevabilité du médiateur AMF est limitée pour les dossiers transfrontaliers, et l’AMF redirige souvent vers l’ombudsman chypriote.

2. Grille de courtage et liquidités chez Freedom24 en 2026 : combien ça coûte, ce que rapporte le cash

L’identité et la sécurité étant éclaircies, on entre dans le concret de la grille tarifaire et du sort réservé aux liquidités. C’est ici que se joue l’écart économique réel face à Trade Republic et IBKR.

2.1 Smart, All Inclusive et tarif Promo, où se situe le vrai prix

Freedom24 publie quatre plans tarifaires dans son barème contractuel du 19 août 2026, et aucun des quatre ne facture d’abonnement mensuel. Le choix se joue donc uniquement sur la structure des commissions.

L’offre Smart facture les actions et ETF des États-Unis et d’Europe 0,02 $ ou 0,02 € par action, avec un minimum de 2,00 $ ou 2,00 € par ordre, et les options sur actions américaines à 0,65 $ par contrat, sans frais d’ordre additionnels. C’est une grille lisible pour un particulier qui passe des ordres de quelques centaines d’euros.

L’offre All Inclusive obéit à une autre logique. Elle facture 0,5 % du montant de chaque transaction, plus 0,012 $ ou 0,012 € par action, plus 1,20 $ ou 1,20 € par ordre, cette composante de 0,5 % s’appliquant aussi bien aux actions américaines qu’européennes. Sur un ordre de 500 €, elle revient donc plus cher que Smart.

Deux précisions comptent. All Inclusive in USD est le plan par défaut du barème, celui vers lequel un compte bascule à l’expiration d’un tarif promotionnel. Et sur cette offre, les options sur actions américaines passent à 3 $ par contrat plus 10 $ par ordre, soit un tout autre budget que les 0,65 $ de Smart.

Un tarif « Promo in EUR » est par ailleurs réservé aux personnes résidant en France, en Italie, en Roumanie et en Tchéquie ou ressortissantes de ces pays, pour les comptes ouverts entre le 1er mars 2026 et le 31 août 2026 inclus. Il ramène le courtage à 0 € de minimum par ordre et 0 € par action, une commission de 0,012 € par contrat ne s’appliquant qu’aux titres cotant moins de 1 €. Il court 365 jours ou 240 transactions, puis le compte bascule sur All Inclusive in USD.

Sur les frais annexes, Freedom24 ne facture ni droits de garde ni frais d’inactivité sur le compte de trading. Le retrait par virement bancaire coûte 7 € pour un compte en euros, le réapprovisionnement par carte est facturé 2 % quand le virement entrant est gratuit, et la TTF française de 0,30 % est répercutée sur les actions françaises éligibles.

Vient enfin la question du change, sur laquelle circulent beaucoup d’approximations. La conversion de devises se fait dans la plateforme par la fonction Exchange, et la documentation officielle indique qu’aucune commission n’est prélevée sur ces opérations de change. Freedom24 précise ne proposer aucun service de trading sur le Forex, et invite à considérer comme suspecte toute offre de ce type utilisant son nom.

La vigilance porte ailleurs, sur la conversion automatique, que les conditions générales autorisent au taux de marché dont la société dispose au moment de l’opération, sans marge publiée à l’avance. IBKR annonce de son côté ajouter ou retrancher 0,03 % au taux de change sur ses conversions automatiques, contre 0,002 % avec un minimum de 2 $ pour un ordre de change explicite. Le réflexe utile consiste à détenir la devise avant de passer l’ordre.

Poste de fraisFreedom24 2026 (offre Smart)Trade Republic 2026Interactive Brokers (IBKR) 2026
Ordre actions US0,02 $/action, min 2,00 $1 € forfait + 0 frais placeTiered : 0,005 $/action, min 1 $
Ordre actions EU0,02 €/action, min 2,00 €1 € forfaitTiered : 0,05 % min 1,25 €
Investissement programmé0 € de commission0 € sur les plans d’épargnevia robo-advisor
Options US (par contrat)0,65 $ (Smart) ; 3 $ + 10 $/ordre (All Inclusive)non proposé0,15-0,65 $
Droits de garde0 €0 €0 €
Frais d’inactivité0 €0 €0 €
Change de devisessans commission via Exchange ; auto-conversion au taux de marché, non publiépas de frais ajoutés au taux de change bancaire0,002 % min 2 $ en change explicite ; 0,03 % en auto-conversion
Retrait par virement7 €gratuit2 gratuits par mois civil
TTF 0,30 % FR éligiblesrépercutéerépercutéerépercutée

Données à jour : août 2026.

Trade Republic CTO + PEA Courtier · PEA sans frais sur plans d’épargne

  • Intérêts sur les liquidités : 3 %
  • Ticket d’entrée : 1 €
  • Plafond des liquidités rémunérées : 50 000 €
  • Plans d’épargne : 0 €

Idéal pour le DCA en ETF et faire travailler son cash non investi

Le classement dépend entièrement de votre façon d’investir. Pour des versements réguliers sur ETF, Freedom24 et Trade Republic sont tous deux à 0 € de commission, le premier par sa fonction d’investissement programmé, le second par ses plans d’épargne. Sur des ordres ponctuels, le forfait à 1 € de Trade Republic reste le moins cher. L’ensemble des CTO accessibles aux résidents français figure dans notre comparatif complet des meilleurs CTO.

Le graphique ci-dessous chiffre ce scénario sur une année pleine, en supposant douze ordres passés manuellement. La facture annuelle ressort à 24 € chez Freedom24, 12 € chez Trade Republic et 15 € chez IBKR, les droits de garde, les frais d’inactivité et le change restant à 0 € pour les trois puisque l’ETF de ce scénario cote en euros. En versements programmés, les deux premières barres tomberaient à zéro.

Diagramme en barres comparant le coût annuel de Freedom24, Trade Republic et IBKR pour douze ordres manuels de 500 € sur un ETF coté en euros.
Coût annuel comparé Freedom24 vs Trade Republic vs IBKR, 12 ordres manuels de 500 € sur ETF coté EUR, 2026

2.2 Ce que Freedom24 fait de vos liquidités en 2026, face à Trade Republic et IBKR

Voici le point sur lequel un lecteur venu chercher du rendement sur son cash doit s’arrêter. Freedom Finance Europe ne rémunère pas les liquidités qui dorment sur le compte-titres. Les conditions générales en vigueur au 1er juillet 2026 ne prévoient aucun programme de placement de trésorerie ouvert aux clients, et le barème du 19 août 2026 ne comporte aucune ligne de rémunération du solde.

Une confusion fréquente mérite d’être levée, et elle tient à la distinction entre entités vue en partie 1. Un compte de placement rémunéré est bien proposé sous la marque Freedom, avec des taux publiés, mais par l’entité kazakhe du groupe sur sa propre plateforme. Ces conditions ne relèvent pas du contrat chypriote qui régit un compte ouvert depuis la France, et un résident français n’y a pas accès.

Ce que Freedom24 propose à la place est une réponse de courtier plutôt que de banque. La société oriente les clients cherchant un rendement régulier vers des ETF obligataires à très courte maturité, achetables comme n’importe quel titre coté. Ce sont des instruments de marché, pas des dépôts, leur valeur peut baisser, et ils relèvent de l’ICF à 20 000 € et non d’une garantie des dépôts.

Face à cela, les deux concurrents rémunèrent bien le cash, mais sous conditions. Trade Republic sert 3 % brut sur les liquidités, réservés aux nouveaux clients et dans la limite de 50 000 €, intérêts calculés quotidiennement et versés mensuellement. Au-delà, le solde est rémunéré au taux de la facilité de dépôt de la Banque centrale européenne, soit 2,25 % depuis le 17 juin 2026.

Chez IBKR, le dispositif est plus sélectif qu’il n’y paraît. Le barème affiche 1,70 % en euros et 3,13 % en dollars sur la fraction du solde dépassant 10 000 unités, selon une formule indexée sur un taux de référence diminué de 0,5 point. Mais ce taux plein suppose un patrimoine supérieur à 100 000 $ chez le courtier, et le comparateur publié par IBKR montre qu’un compte de 20 000 € d’actifs avec 5 000 € de liquidités touche 0,000 %.

BrokerCash EUR brutConditionCash USD brutFiscalité résident FR
Freedom24non rémunéréprogramme de placement de trésorerie closnon rémunérésans objet
Trade Republic3,0 %nouveaux clients, jusqu’à 50 000 € ; au-delà taux BCE 2,25 %non proposéPFU 31,4 % (intérêts)
IBKR1,70 %fraction au-delà de 10 000 € ET patrimoine > 100 000 $3,13 %PFU 31,4 % (intérêts)

Données à jour : août 2026.

Un investisseur dont l’objectif principal est de faire travailler des liquidités n’a pas de raison d’ouvrir un compte Freedom24, et trouvera chez Trade Republic une rémunération immédiate sur les premiers 50 000 €. Pour les alternatives bancaires classiques, consultez notre dossier compte à terme 2026.

3. Fiscalité française 2026 du CTO Freedom24 : PFU 31,4 %, déclaration 3916-bis et limites de l’univers

Les taux bruts ne disent pas la vérité économique tant qu’on n’a pas passé tout cela au crible du fisc. Un CTO chypriote obéit aux mêmes règles qu’un CTO domestique, avec deux contraintes propres, l’absence de prélèvement à la source par Freedom24 et l’obligation déclarative du compte étranger via le 3916-bis. On détaille le PFU 2026, le mécanisme W-8BEN sur les dividendes américains, puis la comparaison structurelle face au PEA, celui de Trade Republic notamment.

3.1 PFU 31,4 % en 2026 (12,8 % IR + 18,6 % PS) : ce qui change vs 30 % et l’option barème

Le PFU des revenus mobiliers d’un CTO a basculé au 1er janvier 2026. La décomposition est désormais 12,8 % d’IR + 18,6 % de PS, soit 12,8 + 18,6 = 31,4 %. Les 18,6 points recouvrent la CSG 10,6 %, la CRDS 0,5 % et le prélèvement de solidarité 7,5 %, dont les taux figurent à l’article L. 136-8 du code de la sécurité sociale. La hausse de 1,4 point vient de l’augmentation de la CSG par la LFSS 2026.

Concernant le calendrier, les revenus encaissés en 2025 et déclarés au printemps 2026 restent soumis au PFU 30 % historique (12,8 % IR + 17,2 % PS). Ceux encaissés à partir du 01/01/2026, déclarés au printemps 2027, sont les premiers à subir le PFU 31,4 %.

Ce taux mérite un repère. Un placement réglementé exonéré comme le livret A sert 1,7 % nets de tout prélèvement, quand un rendement brut logé sur un compte-titres doit être amputé de 31,4 %. Un rendement brut de 2,5 % sur un compte-titres ne laisse ainsi qu’environ 1,71 % net, soit à peu près ce que sert le livret A, mais sans le risque de marché ni le risque de change de ce dernier.

L’option pour le barème progressif reste pertinente pour les contribuables non imposables ou en TMI 11 %, grâce à l’abattement de 40 % sur dividendes éligibles. Pour les revenus perçus à partir de 2026, déclarés en 2027, il est désormais possible de renoncer à cette option dans le délai de réclamation ou en cours de contrôle si elle se révèle défavorable, assouplissement porté par la loi de finances pour 2026. Les moins-values mobilières restent par ailleurs imputables sur des plus-values de même nature pendant 10 ans (CGI art. 150-0 D 11°). Pour le cadre fiscal complet, consultez notre dossier compte-titres ordinaire (CTO) en 2026.

Frise chronologique de la fiscalité du CTO France de 2018 à 2026 : PFU 30 % puis 31,4 % LFSS 2026, Trade Republic PEA.
Fiscalité du CTO en France 2018–2026 : frise chronologique PFU et Freedom24

3.2 Le parcours déclaratif : 2047, 2042, 3916-bis, W-8BEN, et l’amende 1 500 €

Première spécificité, Freedom24 ne prélève aucun acompte à la source pour la France. Un broker domestique précompte les 12,8 % d’IR et les 18,6 % de PS au fil de l’eau, alors qu’ici le contribuable règle l’intégralité de la note lors de la déclaration annuelle. Un dividende encaissé en 2026 ne sera liquidé qu’à l’automne 2027, et ce décalage de trésorerie doit être provisionné.

Le parcours suit cinq étapes, sans IFU pré-rempli. Étape 1, récupérer le rapport d’activité annuel Freedom24 (janvier-février) et reconstituer les plus-values en FIFO sur le formulaire 2074. Étape 2, remplir le 2047 pour les revenus de source étrangère. Étape 3, reporter sur la 2042, avec 2DC pour les dividendes, 3VG pour les plus-values et 8VL / 8VM / 8WM / 8UM pour le crédit d’impôt conventionnel, à ne pas confondre avec la 2AB. Étape 4, remplir le 3916-bis. Étape 5, valider et conserver les justificatifs, dix ans étant la prudence d’usage pour un compte à l’étranger.

Diagramme de flux en 5 étapes pour déclarer un CTO Freedom24 aux impôts français : formulaires 2074, 2047, 2042, 3916-bis.
Déclarer son compte Freedom24 aux impôts français 2026 — Parcours en 5 étapes

Sur le volet américain, la perte est brutale en cas d’erreur. Les dividendes des sociétés américaines subissent une retenue à la source dont le taux dépend du formulaire W-8BEN signé à l’ouverture, valable trois ans. Avec un W-8BEN valide, la convention franco-américaine du 31 août 1994 plafonne cette retenue à 15 %, et elle est alors intégralement récupérable. Comme la CSG et la CRDS entrent dans le champ de la convention, les impôts français couverts atteignent 23,9 % du dividende brut, très au-dessus des 15 % retenus, et le crédit d’impôt est absorbé en totalité.

Sans W-8BEN valide, le dispositif se grippe. La retenue américaine passe à 30 %, alors que le crédit d’impôt reste plafonné au taux conventionnel de 15 %, et la différence devient une perte définitive. Le détail chiffré aide à visualiser la ponction. Sur 100 $ de dividende brut, la retenue américaine prélève 15,0 $ au départ, l’impôt français net du crédit représente 16,4 $, et il reste 68,6 $ nets à l’investisseur. Sans W-8BEN, ce net tombe à 53,60 $.

Diagramme en anneau décomposant un dividende américain de 100 $ sur CTO : 68,6 $ nets, 16,4 $ d'impôt français après crédit et 15 $ de retenue à la source américaine.
Décomposition d’un dividende américain de 100 $ sur CTO en 2026, W-8BEN signé

L’obligation souvent oubliée et lourdement sanctionnée reste le 3916 / 3916-bis prévu par l’article 1649 A du CGI. Il impose de déclarer chaque année les comptes ouverts à l’étranger, même sans mouvement et à solde nul. On renseigne l’organisme (Freedom Finance Europe Ltd, Limassol, CySEC 275/15), le numéro de compte, la date d’ouverture et l’usage.

Le barème des sanctions se lit en deux temps. L’omission expose à une amende forfaitaire de 1 500 € par compte non déclaré, portée à 10 000 € lorsque le compte est situé dans un État n’ayant pas conclu de convention d’assistance administrative avec la France, ce qui n’est pas le cas de Chypre. Lorsque des avoirs non déclarés figurent sur le compte, une majoration de 80 % des droits dus se substitue à l’amende forfaitaire, et le délai de reprise passe de trois à dix ans. Chypre étant juridiction CRS active depuis 2017, la DGFiP reçoit de toute façon les informations chaque année.

3.3 CTO seul, pas de PEA : l’arbitrage fiscal qui coûte 12,8 points sur la plus-value

L’univers Freedom24 est étendu sur les actions et les options américaines, mais il s’arrête net sur l’enveloppe fiscale française, ni PEA, ni PEA-PME. Or c’est là que se joue le différentiel fiscal décisif sur le long terme. Un PEA mature (≥ 5 ans) ne subit que 18,6 % de prélèvements sociaux sur les plus-values de retrait, contre 31,4 % du PFU en CTO, soit un écart de 12,8 points sur la plus-value finale.

Le bon réflexe est le suivant, saturer d’abord le PEA (plafond 150 000 €) puis le PEA-PME (75 000 €, total cumulé 225 000 €) avant d’envisager un CTO Freedom24. C’est ce que change l’arrivée du PEA chez Trade Republic le 09/01/2025. L’organisation typique est désormais Trade Republic en PEA + un CTO étranger pour ce qui n’entre pas dans l’enveloppe. Bourse Direct, BoursoBank et Fortuneo restent dans la course pour qui privilégie l’IFU pré-rempli et un support 100 % francophone.

Le CTO Freedom24 garde du sens dans trois cas précis, l’usage des options sur actions américaines à 0,65 $ par contrat en offre Smart, la détention d’actifs non éligibles au PEA comme les actions américaines individuelles ou les ETF non européens, et l’investissement programmé sans commission sur un univers de titres plus large que celui des plans d’épargne classiques. Hors de ces trois cas, le choix long terme penche nettement en faveur du PEA, et notre comparatif PEA 2026 détaille les alternatives.

4. Freedom24 vs Trade Republic vs IBKR en 2026 : quel broker pour quel profil ?

Trois entités, trois régulateurs, trois grilles tarifaires. La comparaison gagne en clarté quand on l’attaque par les douze critères qui pèsent vraiment dans une décision d’ouverture.

4.1 Comparatif large 12 critères et arbre de décision en 3 questions

CritèreFreedom24Trade RepublicInteractive Brokers
Entité régulatriceCySEC (Chypre), licence 275/15BaFin (Allemagne) + succursale FR ACPR/AMF depuis 09/01/2025Interactive Brokers Ireland Ltd, régulée Central Bank of Ireland
Couverture sécuritéICF Chypre, 20 000 € par investisseurLiquidités garanties jusqu’à 100 000 € par client via les banques partenaires ; titres en garde séparée, propriété du clientICS Ireland, 90 % du montant perdu plafonné à 20 000 €, clients particuliers uniquement
PEA / PEA-PMENonOui depuis le 09/01/2025 (PEA Trade Republic disponible aux résidents FR)Non
Actions US (frais)0,02 $/action, min 2,00 $ (Smart)1 € forfait0,005 $/action min 1 $ (Tiered)
Actions EU (frais)0,02 €/action, min 2 € (Smart)1 € forfait0,05 % min 1,25 €
Options US0,65 $/contrat (Smart)Non0,15-0,65 $/contrat
Investissement programmé0 € de commissionOui, 0 € sur les plans d’épargneOui via robo-advisor
Cash EURnon rémunéré3,0 % (nouveaux clients, jusqu’à 50 000 €)1,70 % au-delà de 10 000 €, si patrimoine > 100 000 $
Cash USDnon rémunérénon proposé3,13 % au-delà de 10 000 USD, si patrimoine > 100 000 $
Reporting fiscal FRAucun IFU, rapport d’activitéRapport fiscal récapitulatif ; acompte de 12,8 % prélevé sur les intérêts avec un IBAN françaisAucun IFU, statements détaillés
Application mobileOuiOui (UX très épurée)Oui (IBKR Mobile + GlobalTrader, courbe d’apprentissage)
Support FROui (email + chat)Oui (email)Oui (limité)

Données à jour : août 2026.

Trois lignes de force s’en dégagent. Trade Republic capitalise sur l’enveloppe PEA, la rémunération immédiate du cash et la simplicité fiscale. IBKR garde l’avantage sur les portefeuilles complexes et le change explicite à 0,002 %, au prix d’une courbe d’apprentissage réelle et de conditions de patrimoine sur le cash. Freedom24 occupe la place des options américaines accessibles et de l’investissement programmé sans commission, sans enveloppe PEA et avec un reporting qui repose entièrement sur le contribuable.

Pour décider, trois questions suffisent. PEA saturé ? Si non, un PEA prime sur n’importe quel CTO étranger, ne serait-ce que pour les 12,8 points que le PFU prélève en plus. Quels actifs ? ETF UCITS européens en versements réguliers, Trade Republic domine ; actions américaines individuelles, Freedom24 et IBKR se tiennent ; multi-place complexe, IBKR Pro s’impose. Utilisez-vous les options américaines ? Si oui, Freedom24 les rend accessibles à 0,65 $ par contrat quand Trade Republic ne les propose pas ; si non, et si vous laissez dormir des liquidités, le choix se joue entre Trade Republic et IBKR, le premier rémunérant dès le premier euro pour un nouveau client là où le second exige un patrimoine supérieur à 100 000 $.

Arbre de décision comparant Freedom24, Trade Republic et IBKR selon profil investisseur : PEA, actifs détenus, usage des options américaines.
Freedom24 vs Trade Republic vs IBKR 2026 : quel broker choisir ? — Arbre de décision

Pour creuser le cas Trade Republic en particulier, consultez notre avis complet sur Trade Republic.

4.2 Combiner Trade Republic (PEA) + Freedom24 ou IBKR (CTO étranger), la configuration la plus fréquente

Ces trois questions débouchent, dans bien des cas, sur une combinaison plutôt qu’un broker unique, à savoir Trade Republic pour le PEA avec les ETF UCITS en versements programmés et les liquidités rémunérées, et Freedom24 pour le complément CTO quand le profil le justifie. La variante IBKR s’impose sur les profils multi-place complexes, au prix d’une interface moins immédiate.

Note de Tom

quand on structure un portefeuille multi-classes, le bon réflexe est de cloisonner les enveloppes plutôt que de tout mettre chez un seul broker. PEA pour ce qui peut entrer dedans, CTO étranger pour les options et les titres non éligibles. Ça change la facture sur dix ans, et ça évite de subir 12,8 points de PFU sur des positions qui auraient pu loger en PEA.

Trois gestes conditionnent la propreté du setup. Signer le W-8BEN dès la création du compte, sinon la retenue américaine passe à 30 %. Détenir la devise avant de passer un ordre en dollars, via la fonction Exchange, plutôt que de laisser jouer la conversion automatique dont la marge n’est pas publiée. Et planifier le 3916-bis dès la première déclaration, en rappel calendaire annuel. Une fois l’enveloppe principale saturée, ce compartimentage ouvre sur des stratégies plus avancées, et notre dossier stratégies sur options et produits dérivés détaille les usages des options américaines.

Conclusion

Freedom24 n’est ni un courtier à fuir, ni un courtier universel. C’est une Cyprus Investment Firm sous CySEC 275/15, protégée par l’ICF à hauteur de 20 000 €, dont S&P a relevé la note de crédit à « BB- » le 24 juin 2026.

Ses vraies forces sont tarifaires. Le courtage sur actions américaines est compétitif à 0,02 $ par action avec un minimum de 2,00 $ en offre Smart, les options américaines restent accessibles à 0,65 $ par contrat, et l’investissement programmé ne coûte aucune commission. Aucun des quatre plans tarifaires ne facture d’abonnement mensuel, ni droits de garde, ni frais d’inactivité.

Trois limites pèsent tout aussi lourd. Il n’y a pas de PEA, pas d’IFU pré-rempli, et les liquidités qui dorment sur le compte ne sont pas rémunérées, le compte de placement rémunéré diffusé sous la marque Freedom relevant d’une entité hors Union européenne. Un épargnant venu chercher du rendement sur son cash doit donc regarder ailleurs.

La fiscalité 2026 durcit encore le calcul, le PFU étant passé à 31,4 % (12,8 % d’IR + 18,6 % de PS) au 1er janvier, soit 12,8 points de plus que les 18,6 % de prélèvements sociaux d’un PEA mature. La logique pratique est donc claire, saturer d’abord le PEA avant de loger en CTO ce qui n’y entre pas. Freedom24 garde du sens pour les options américaines, les actions américaines individuelles et les titres non éligibles au PEA. Et dans tous les cas, deux gestes conditionnent la propreté du setup, signer le W-8BEN dès l’ouverture, sinon 15 % de perte définitive sur chaque dividende américain, et planifier le 3916-bis chaque année, sous peine de 1 500 € d’amende par compte non déclaré.

Pour aller plus loin sur l’enveloppe française de référence, consultez notre guide PEA 2026. Pour resituer Freedom24 dans une allocation cohérente entre actions, ETF et SCPI, notre dossier portefeuille bourse 2026 détaille la répartition par enveloppe. Et pour les profils dont la résidence fiscale ne se résume pas à la France, notre analyse fiscalité des entrepreneurs à l’international couvre les arbitrages transfrontaliers.

Pour récapituler, voici les contrats partenaires mentionnés plus haut :

Trade Republic CTO + PEA Courtier · PEA sans frais sur plans d’épargne

  • Intérêts sur les liquidités : 3 %
  • Ticket d’entrée : 1 €
  • Plafond des liquidités rémunérées : 50 000 €
  • Plans d’épargne : 0 €

Idéal pour le DCA en ETF et faire travailler son cash non investi

FAQ Freedom24 2026

Est-ce que Freedom24 est fiable ?

Freedom24 est la marque commerciale de Freedom Finance Europe Ltd, société chypriote agréée par la CySEC sous la licence 275/15, qui opère en France via le passeport MiFID II sans agrément ACPR/AMF direct. En cas de défaillance, la couverture est celle de l’ICF Chypre, soit 3,5 fois moins que le FGDR titres français. Deux signaux récents tirent en sens contraire, S&P ayant relevé la note de crédit de l’entité à « BB- », tandis que Trustpilot a suspendu l’affichage de sa note pour violation de ses conditions d’utilisation.

Qui est derrière Freedom24 ?

Freedom24 est exploitée par Freedom Finance Europe Ltd, à Limassol. La maison-mère est Freedom Holding Corp. (ticker FRHC, Nasdaq), d’origine kazakhe. L’entité chypriote en est juridiquement distincte et relève du cadre prudentiel européen. La distinction compte en pratique, car certains produits diffusés sous la marque Freedom relèvent d’entités hors Union européenne et ne sont pas accessibles depuis la France.

Quels sont les tarifs de Freedom24 en 2026 ?

Le barème contractuel du 19 août 2026 comporte quatre plans, et aucun ne facture d’abonnement mensuel. L’offre Smart facture les actions à 0,02 $ ou 0,02 € par action, minimum 2,00 $ ou 2,00 € par ordre, et les options américaines à 0,65 $ par contrat. L’offre All Inclusive applique 0,5 % du montant, plus 0,012 € par action et 1,20 € par ordre, y compris sur les actions américaines. Il n’y a ni droits de garde ni frais d’inactivité, le retrait par virement coûte 7 €, la carte 2 %, et l’investissement programmé aucune commission.

Freedom24 rémunère-t-il les liquidités non investies ?

Non. Freedom Finance Europe ne rémunère pas les liquidités qui dorment sur le compte-titres, les conditions générales en vigueur au 1er juillet 2026 ne prévoyant aucun programme de placement de trésorerie ouvert aux clients. Un compte de placement rémunéré existe sous la marque Freedom, mais il est opéré par l’entité kazakhe hors du contrat chypriote. Pour obtenir un rendement, la société oriente vers des ETF obligataires à très courte maturité, instruments de marché et non dépôts. Un épargnant cherchant une rémunération immédiate trouvera 3 % chez Trade Republic, réservés aux nouveaux clients dans la limite de 50 000 €.

Freedom24 propose-t-il un PEA ?

Non, Freedom24 ne propose que le compte-titres ordinaire (CTO), ni PEA ni PEA-PME. Pour un résident français qui n’a pas saturé son PEA, l’ouvrir en priorité est un choix fiscal défavorable, un PEA mature n’étant soumis qu’aux prélèvements sociaux, contre le PFU en CTO. Trade Republic propose un PEA aux résidents français depuis le 09/01/2025 ; notre comparatif des PEA 2026 aide à choisir.

Freedom24 propose-t-il un service de change ou de Forex ?

Freedom24 permet de convertir ses devises via la fonction Exchange, et sa documentation indique qu’aucune commission n’est prélevée sur ces opérations. En revanche, la société ne propose aucun service de trading sur le Forex et invite à considérer comme suspecte, voire frauduleuse, toute offre de ce type utilisant son nom. La vigilance porte sur la conversion automatique, autorisée par les conditions générales au taux de marché disponible et sans marge publiée. Le réflexe utile est de convertir explicitement avant de passer l’ordre.

Comment déclarer mon compte Freedom24 aux impôts français ?

Trois déclarations s’imposent chaque année. D’abord, le formulaire 3916-bis (CGI art. 1649 A) pour déclarer le compte étranger, même à solde nul et même sans mouvement. L’oubli coûte 1 500 € par compte, et bien davantage si des avoirs non déclarés y figurent, comme détaillé en partie 3. Ensuite, le formulaire 2047 pour les dividendes et plus-values de source étrangère. Enfin, le report sur le formulaire 2042 dans les cases dédiées (2DC dividendes, 3VG plus-values). Freedom24 ne fournit pas d’IFU, il faut donc reconstituer les plus-values en FIFO via le formulaire 2074 à partir du rapport d’activité annuel. Notre comparatif des meilleurs CTO 2026 détaille les différences de reporting entre courtiers.

Que devient un dividende américain de 100 $ encaissé sur un CTO Freedom24 ?

Avec un W-8BEN valide, la retenue américaine est plafonnée à 15 % par la convention du 31 août 1994, soit 15 $ prélevés et 85 $ crédités. L’impôt français au titre du PFU s’élève à 31,40 $ sur le brut, dont on retranche le crédit d’impôt de 15 $, ce qui laisse 16,40 $ à payer. Le net ressort donc à 68,60 $, le crédit étant absorbé en totalité parce que la CSG et la CRDS entrent dans le champ de la convention (23,9 % du brut couverts). Sans W-8BEN, la retenue grimpe à 30 % et le net tombe à 53,60 $.

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