
Dernière mise à jour : août 2026
Vous détenez un contrat Nuances Plus, ou votre conseiller vous propose d’y transférer un vieux contrat. L’essentiel tient en une ligne du document d’informations clés produit le 22 juillet 2026 : Nuances Plus est « ouvert à la commercialisation uniquement dans le cadre de la transformation d’un contrat d’assurance vie ». Aucune souscription directe n’est possible. La Caisse d’Épargne le confirme sur son propre site, où la gamme Nuances, commercialisée jusqu’en 2016, est désormais fermée à l’adhésion.
La question à se poser change donc. Il ne s’agit plus de choisir un contrat en agence mais de décider quoi faire de celui que vous avez déjà. On chiffre le rendement net nuances plus 2026 tel que CNP Assurances le publie, on décortique les frais nuances plus caisse d’épargne à partir de la grille officielle publiée, on passe au crible la fiscalité nuances plus 2026, et on tranche : garder, continuer à alimenter, ou verser ailleurs.
1. Nuances Plus en 2026 : un contrat fermé, accessible par transfert seulement
1.1 Fermé à l’adhésion depuis 2016, ouvert par transformation Pacte
Trois documents officiels concordent. Le document d’informations clés, contrôlé par l’ACPR, décrit un contrat « ouvert à la commercialisation uniquement dans le cadre de la transformation d’un contrat d’assurance vie ». La Caisse d’Épargne précise que les contrats de la gamme Nuances « commercialisés jusqu’en 2016 » sont « désormais fermés à l’adhésion », tout en restant « accessibles dans le cadre d’un transfert ». Et le tableau d’information réglementée de CNP Assurances porte la mention « Ouvert par transfert Pacte » sur le support Nuances Plus Euro.
L’accès passe donc exclusivement par le transfert prévu par la loi Pacte de 2019, qui permet de basculer un ancien contrat vers un contrat plus récent du même assureur sans perdre l’antériorité fiscale, à partir d’un seuil d’accès publié de 10 000 euros. Les détenteurs actuels continuent de faire vivre leur contrat normalement, par versements et arbitrages. Le fonctionnement de ce transfert est détaillé dans notre guide transfert assurance-vie loi PACTE.
Le portail réglementaire du groupe BPCE ne référence plus que les contrats Millevie, assurés par BPCE Vie. Si un conseiller vous parle d’ouvrir une assurance-vie Caisse d’Épargne en 2026, c’est de cette gamme qu’il s’agit.
1.2 CNP Assurances porte le risque, la Caisse d’Épargne distribue
La Caisse d’Épargne distribue, mais l’engagement est porté par CNP Assurances, filiale du groupe La Banque Postale. Les trois agences de notation la placent dans le haut du panier des assureurs-vie français : Fitch a relevé sa note de solidité financière à A+ perspective stable le 18 mai 2026, Moody’s la maintient à A1 perspective stable depuis le 12 juin 2025, et Standard & Poor’s à A perspective stable depuis le 19 novembre 2025. S’y ajoute le fonds de garantie des assurés, qui couvre 70 000 euros par assuré et par compagnie.
Le contrat propose trois briques : le support en euros Nuances Plus Euro, investi principalement en actifs obligataires, les unités de compte des modes Dimension Liberté et Dimension Garantie, et le mode « Gestion sous Mandat », qui donne accès à une gestion déléguée sans passer par une banque privée. Les critères de bascule sont traités dans notre guide sur la gestion libre ou gestion déléguée.
2. Ce que le contrat rapporte vraiment
2.1 Le rendement 2025 : une échelle à quatre paliers
Le fonds en euros tient la comparaison avec le marché, à condition de regarder le bon support. Au titre de l’information réglementée, CNP Assurances publie pour 2025 deux taux distincts sur Nuances Plus : 2,61 % sur le support Nuances Plus Euro, ouvert par transfert Pacte, et 2,31 % sur Assur Euro, le support fermé. En face, l’ACPR retient pour l’ensemble des contrats individuels français un taux de revalorisation moyen de 2,63 % en 2025, identique à 2024. Le support ouvert par transfert est donc à parité avec la moyenne du marché, quand le support fermé sert 0,32 point de moins. La première chose à vérifier sur votre relevé de situation est le nom de votre support en euros.
Le second chiffre est le barème commercial annoncé le 22 janvier 2026, qui dépend de la part de votre encours investie en unités de compte, selon quatre paliers.
| Contrat (barème 2025) | 100 % fonds en euros | dès 30 % d’UC | dès 40 % d’UC | plus de 50 % d’UC | Taux maximal servi |
|---|---|---|---|---|---|
| Nuances Plus | 2,10 % | 2,52 % | 2,73 % | 2,94 % | 4,74 % |
| Nuances 3D | 2,05 % | 2,46 % | 2,67 % | 2,87 % | 4,67 % |
| Nuances Privilège | 2,30 % | 2,76 % | 2,99 % | 3,22 % | 5,02 % |
Données à jour : août 2026.
Le taux maximal suppose un versement unique, plus de 50 % d’unités de compte et une période de campagne : les deux dispositifs de bonification 2025 ont atteint jusqu’à 1,02 % sur les encours et 2,00 % sur les versements, politique reconduite en 2026. Ces taux s’entendent nets de frais de gestion et bruts de prélèvements sociaux.
Atteindre le palier haut suppose d’accepter une exposition aux unités de compte, donc un risque de perte en capital, sur une enveloppe que l’on détient précisément pour sa sécurité. L’ACPR chiffre l’écart de rémunération lié à ces bonifications à au moins 0,4 point autour de la moyenne du marché. Pour replacer ces ordres de grandeur, le rendement assurance vie 2026 détaille les déterminants du marché.
2.2 Cinq ans de rendements servis
CNP Assurances publie son information réglementée depuis 2021, mais la maille change en route : un taux unique par produit jusqu’en 2023, puis un taux par support à partir de 2024.
| Année (servie en N+1) | Nuances Plus | Nuances 3D | Moyenne marché ACPR |
|---|---|---|---|
| 2021 | 0,98 % (taux unique) | 0,82 % (taux unique) | 1,28 % |
| 2022 | 1,69 % (taux unique) | 1,51 % (taux unique) | 1,91 % |
| 2023 | 2,56 % (taux unique) | 2,33 % (taux unique) | 2,60 % |
| 2024 | 2,62 % Nuances Plus Euro / 2,31 % Assur Euro | 2,65 % 3D Euro / 2,17 % Nuances Sécurité | 2,63 % |
| 2025 | 2,61 % Nuances Plus Euro / 2,31 % Assur Euro | 2,65 % 3D Euro / 2,18 % Nuances Sécurité | 2,63 % |
Données à jour : août 2026.

La lecture bascule en 2024, quand CNP se met à publier un taux par support. Le support ouvert par transfert colle alors à la moyenne de marché sur les deux exercices, à 2,62 % puis 2,61 % contre 2,63 %, pendant que le support fermé reste à 2,31 %, soit 0,30 point d’écart entre les deux supports du même contrat. Ce n’est donc pas la performance du fonds en euros qui pénalise ce contrat, mais le support que l’on y détient, puis sa structure de coûts.
3. Ce que le contrat coûte, et ce que l’on peut y détenir
3.1 La grille officielle : de 1,46 % à 6,01 % par an
Une précision de méthode s’impose. La brochure tarifaire 2026 de la Caisse d’Épargne renvoie au document d’informations clés pour les frais propres à chaque contrat. Cette grille, normée par le règlement PRIIPS, chiffre l’incidence annuelle de l’ensemble des coûts en fourchette, car tout dépend de l’option d’investissement choisie.
| Poste de coût (sortie à 8 ans) | Incidence annuelle |
|---|---|
| Coûts d’entrée | 0,38 % à 1,05 % |
| Frais de gestion et autres frais administratifs | 1,04 % à 4,05 % |
| Coûts de transaction | 0,00 % à 1,39 % |
| Commissions liées aux résultats | 0,00 % à 1,55 % |
| Coûts de sortie | 0,00 % |
| Incidence totale | 1,46 % à 6,01 % |
Données à jour : août 2026.
Sur 10 000 euros investis, le document chiffre les coûts totaux sur huit ans entre 1 139 et 10 358 euros, et l’incidence annuelle grimpe de 4,22 % à 11,05 % si vous sortez au bout d’un an. Sur le support en euros pris isolément, l’information réglementée donne un chiffre bien plus doux, avec un taux moyen de frais prélevés par l’assureur de 0,74 % en 2025, à comparer au chargement de gestion moyen du marché que l’ACPR situe à 0,63 %. L’écart entre ces deux mondes tient aux unités de compte, dont les frais propres s’ajoutent à ceux du contrat.

Le document publie aussi son illustration en euros, sur 10 000 euros investis. Sur une sortie au bout d’un an, les coûts totaux prélevés s’établissent entre 422 et 1 105 euros. Sur une sortie à huit ans, la durée de détention recommandée, ils s’établissent entre 1 139 et 10 358 euros. Tout en haut de la fourchette, les frais prélevés en huit ans dépassent donc le capital investi. Poste par poste, c’est la ligne de gestion qui décroche, de 1,04 % à 4,05 % par an selon l’option choisie, parce qu’elle englobe les frais propres des supports en plus des 0,74 % que le contrat prélève sur le fonds en euros. Les commissions de résultat peuvent ajouter jusqu’à 1,55 %, les coûts de transaction jusqu’à 1,39 %, et il n’y a aucun frais de sortie. Le mécanisme est détaillé dans notre dossier frais assurance-vie.
3.2 Un catalogue large, mais sans aucun ETF
Le catalogue publié par CNP Assurances est plus étoffé qu’on ne l’imagine, avec des OPCVM monétaires, actions, obligataires, mixtes et immobiliers venus bien au-delà du groupe. On y trouve Carmignac Investissement, Comgest Nouvelle Asie et Edmond de Rothschild Tricolore Rendement, mais aussi BlackRock, Fidelity, Pictet, Templeton, JPMorgan et DNCA, aux côtés des fonds Ecureuil, Vega et Natixis du réseau. La pierre-papier est présente avec les SCPI Pierre Plus et Primopierre et le support Assur Immeuble. Notre analyse de Carmignac détaille ce que vaut ce type de fonds patrimonial.
Une absence change tout le calcul. Aucun ETF ne figure au catalogue de Nuances Plus, alors que ces fonds indiciels suivent les grands indices mondiaux pour des frais courants de l’ordre de 0,10 % à 0,25 % par an. C’est cette couche de frais internes qui explique l’écart entre les deux bornes du tableau précédent, et c’est là que se joue la différence avec les contrats en ligne.
| Catégorie de support | Nuances Plus | Linxea Spirit 2 | Boursorama Vie | Yomoni Vie |
|---|---|---|---|---|
| Nombre de supports publié | Catalogue OPCVM multi-maisons | Plus de 1 100 | 600 | Allocation déléguée en ETF |
| ETF | Aucun | Oui, catégorie dédiée | Oui, dont 8 fonds d’ETF maison | Exclusivement des ETF |
| Pierre-papier | SCPI et support immobilier | 42 SCPI, plus SCI et OPCI | SCPI, SC, SCI, OPCI | Non |
| Titres vifs | Non | Oui | Non | Non |
| Produits structurés | Oui, en campagnes | Oui | Oui | Non |
Données à jour : août 2026.
★★★★★4,9 / 5 · TrustpilotYomoni Assurance-vie · Gestion pilotée
- Frais de gestion : 0,7 % par an (parmi les plus bas, moyenne marché ~0,90 %/an)
- Frais de versement : 0 € (aucun frais d’entrée, là où les réseaux traditionnels en prélèvent souvent)
- Ticket d’entrée : 1 000 €
- Frais des supports : 0,3 % par an
Idéal pour un détenteur qui laisse dormir son contrat et délègue tout
★★★★★4,6 / 5 · TrustpilotLinxea Assurance-vie · en ligne
- Frais de gestion : 0,50 % maximum (parmi les plus bas, moyenne marché ~0,90 %/an)
- Frais de versement : 0 % (aucun frais d’entrée, là où les réseaux traditionnels en prélèvent souvent)
- Capital garanti sur les fonds euros : 98 %
- Supports disponibles : plus de 1 100
Idéal pour un détenteur privé d’ETF qui veut aussi la pierre-papier

Comparer des grilles tarifaires d’un contrat à l’autre n’apprend pas grand-chose, parce qu’elles ne couvrent pas les mêmes couches. Le règlement PRIIPS impose en revanche à chaque assureur de publier la même mesure, l’incidence annuelle de l’ensemble des coûts pour 10 000 euros investis et une sortie à huit ans. Sur cette base, Nuances Plus va de 1,46 % à 6,01 % par an, Yomoni Vie de 0,78 % à 7,57 %, et Linxea Spirit 2 de 0,51 % à 8,77 %. Les contrats en ligne descendent nettement plus bas, mais leur borne haute dépasse celle de Nuances Plus : ce n’est pas le contrat qui fixe le coût, c’est le choix des supports à l’intérieur. Les principes d’allocation sont traités dans notre dossier diversifier son assurance-vie 2026.
4. Fiscalité 2026 : ce que vous conservez en gardant le contrat
4.1 Le rachat avant et après 8 ans
La fiscalité obéit au cadre général de l’assurance-vie, principal actif immatériel d’un contrat ancien. Avant 8 ans, le rachat supporte le prélèvement forfaitaire unique de 30 % sur la plus-value, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Après 8 ans, deux régimes coexistent selon le cumul des primes versées sur l’ensemble de vos contrats. Pour la fraction inférieure à 150 000 euros, le prélèvement forfaitaire non libératoire descend à 7,5 %, ce qui porte le total à 24,7 %. Au-delà de 150 000 euros, l’excédent revient à 30 %.
Après huit ans, un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule et de 9 200 euros pour un couple marié ou pacsé s’impute uniquement sur la part impôt sur le revenu des gains rachetés. Les foyers dont le revenu fiscal de référence N-2 reste inférieur à 25 000 euros, ou 50 000 euros en imposition commune, peuvent demander à être dispensés du prélèvement forfaitaire non libératoire. Deux exemples fixent les ordres de grandeur. Sur un rachat dégageant 4 000 euros de plus-value avant 8 ans, la note est de 1 200 euros. Sur 10 000 euros de plus-value après 8 ans pour une personne seule, elle tombe à 2 125 euros, l’abattement ne jouant que sur la part impôt sur le revenu. L’option pour le barème progressif ne devient intéressante qu’en dessous d’une tranche marginale de 11 %. Le calcul de la part imposable est exposé dans notre guide rachat partiel assurance-vie, et la fiscalité assurance-vie retrait en 2026 détaille les cas chiffrés.

Un point mérite l’attention sur un contrat de cette génération. Les primes versées avant le 27 septembre 2017 relèvent du prélèvement forfaitaire libératoire, à 35 % avant 4 ans, 15 % entre 4 et 8 ans et 7,5 % au-delà, toujours majoré des 17,2 % de prélèvements sociaux. Sur un contrat de plus de huit ans alimenté avant cette date, c’est donc ce taux de 7,5 % qui s’applique aux gains correspondants, et l’arbre ci-dessous distingue les deux générations de primes.
Une subtilité revient souvent. Le seuil des 8 ans court depuis l’ouverture du contrat, pas depuis le dernier versement. Un contrat ouvert il y a plus de huit ans et alimenté l’an dernier est traité comme tel pour la totalité des plus-values, ce qui rend cette antériorité difficile à remplacer. La documentation retient par ailleurs une durée de détention recommandée de 8 ans et un versement des sommes rachetées sous 30 jours.
4.2 Les prélèvements sociaux du fonds en euros
Le service public retient pour les revenus de 2026 un taux de 18,6 % de prélèvements sociaux dans le cas général, mais maintient l’assurance-vie à 17,2 %, soit 9,2 % de CSG, 0,5 % de CRDS et 7,5 % de prélèvement de solidarité. Sur un rendement 2025 servi à 2,61 %, il reste environ 2,16 % après prélèvements sociaux.
Le moment où ils sont dus explique une bonne part de l’intérêt d’un vieux contrat. L’article L136-7 du code de la sécurité sociale prévoit qu’ils sont dus « lors de leur inscription au bon ou contrat » pour les droits exprimés en euros. Les intérêts du fonds en euros sont donc taxés chaque année, au moment où ils sont inscrits au contrat et au taux alors en vigueur. Le même article précise qu’au dénouement, l’assiette est calculée « déduction faite des produits ayant déjà supporté la contribution », si bien qu’un rachat ne porte que sur la part non encore prélevée.
4.3 La transmission, atout majeur si la clause est bien rédigée
Le régime dépend de l’âge du souscripteur au versement, pas au décès. Avant 70 ans, l’article 990 I du code général des impôts prévoit un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire désigné, puis une taxation de 20 % jusqu’à 700 000 euros au-delà de l’abattement et de 31,25 % ensuite. Multiplier les bénéficiaires multiplie d’autant l’abattement. Après 70 ans, l’article 757 B s’applique, avec un abattement global de 30 500 euros à répartir hors conjoint et partenaire de Pacs, puis les droits de succession au barème. Les intérêts et plus-values produits par les versements effectués après 70 ans restent exonérés, un point régulièrement oublié.
Le conjoint survivant et le partenaire de Pacs sont totalement exonérés depuis la loi TEPA de 2007. La clause démembrée, qui attribue l’usufruit au conjoint et la nue-propriété aux enfants, combine protection et transmission sans double taxation, à condition d’être verrouillée par un notaire. Le mécanisme est détaillé dans notre dossier assurance-vie démembrée, et le cadre de la succession en assurance-vie reprend les deux articles 990 I et 757 B.
5. Garder, alimenter, ou verser ailleurs ?
5.1 La règle de décision
Si votre Nuances Plus a plus de huit ans, on le garde. L’antériorité fiscale acquise, et les prélèvements sociaux du fonds en euros déjà acquittés année après année, valent presque toujours davantage qu’une économie de frais obtenue ailleurs. Le schéma qui revient consiste à le laisser en dormance, compteur fiscal courant, et à orienter les nouveaux versements ailleurs.
Sur un contrat de moins de huit ans avec peu de plus-values et un encours modeste, le calcul penche dans l’autre sens, l’antériorité perdue étant faible. Avec des plus-values importantes, le calcul se fait au cas par cas sur le net après fiscalité. Il n’existe pas de portabilité entre assureurs, la loi Pacte de 2019 n’ayant ouvert le transfert qu’à l’intérieur d’un même assureur : quitter le contrat implique un rachat total. La réallocation sans casser l’antériorité est traitée dans notre analyse arbitrage assurance-vie.

Note de Tom
sur les contrats de réseau bancaire un peu anciens, ce qui frappe c’est le réflexe de tout solder d’un coup dès qu’on découvre la grille de frais. Dans la plupart des dossiers qu’on a vus, la bonne séquence est l’inverse : on garde le contrat pour son antériorité, on arrête d’y verser, et on redirige les flux. La décision se prend sur le versement suivant, pas sur le stock.
5.2 Où diriger les nouveaux versements
Trois contrats en ligne couvrent l’essentiel des cas. Linxea Spirit 2, assuré par Spirica, filiale de Crédit Agricole Assurances, est accessible dès 500 euros et sert deux fonds en euros en 2025, à 3,08 % pour le Nouvelle Génération et 3,26 % pour l’Euro Objectif Climat, garantis à 98 % du capital. Boursorama Vie, assuré par Generali, s’ouvre dès 300 euros et a servi 3 % sur Euro Exclusif en 2025, porté à 4,60 % avec le bonus de 1,60 % accordé sur les versements de l’année. Yomoni Vie, assuré par Suravenir, est accessible dès 1 000 euros et fonctionne uniquement en gestion déléguée sur des ETF.
| Critère | Nuances Plus | Linxea Spirit 2 | Boursorama Vie | Yomoni Vie |
|---|---|---|---|---|
| Assureur | CNP Assurances | Spirica | Generali | Suravenir |
| Accès | Transfert Pacte, dès 10 000 € | 500 € | 300 € | 1 000 € |
| Fonds en euros 2025 | 2,61 % servi en moyenne | 3,08 % et 3,26 % | 3,00 %, jusqu’à 4,60 % avec bonus | 3,00 % (Suravenir Opportunités 2) |
| Frais sur versement | 0,38 % à 1,05 % annualisés | 0 % | 0 % | 0 % |
| Frais de gestion des UC | Compris dans l’incidence PRIIPS | 0,50 % maximum | 0,75 % | 1,6 % maximum tout compris |
| Frais d’arbitrage | Compris dans l’incidence PRIIPS | 0 % par Internet | 0 % | 0 % |
| Mode de gestion | Libre, Garantie ou sous mandat | Libre ou pilotée | Libre ou pilotée | Pilotée uniquement |
| Souscription | Agence, par transfert | 100 % en ligne | 100 % en ligne | 100 % en ligne |
Données à jour : août 2026.
Deux réserves méritent d’être posées. Chez Linxea, la gestion pilotée se facture 0,70 % par an en supplément, et les supports SCPI subissent une pénalité de 3 % en cas de sortie dans les trois ans. Chez Yomoni, le chiffre de 1,6 % est un maximum tout compris qui additionne 0,7 % de gestion, 0,6 % de frais d’assureur et 0,3 % de frais des supports, sans frais d’entrée, de sortie ni d’arbitrage. Le profil autonome qui veut des ETF et de la pierre-papier ira vers Linxea Spirit 2, tandis que l’épargnant qui préfère déléguer entièrement trouvera chez Yomoni une structure de frais lisible et sans surcouche. Les revues dédiées à Linxea 2026 et à Yomoni 2026 reprennent frais réels, fonds en euros et univers de supports.
Conclusion
Nuances Plus est un contrat sérieux par son assureur et son cadre réglementaire. Le support ouvert par transfert a servi 2,61 % en 2025, à parité avec la moyenne de 2,63 % relevée par l’ACPR, quand le support fermé s’est arrêté à 2,31 %. Ce qui pèse sur ce contrat n’est pas sa performance mais sa structure de coûts, que sa documentation officielle chiffre entre 1,46 % et 6,01 % par an, et l’absence totale d’ETF à son catalogue.
Deux points restent à retenir. La question de la souscription ne se pose plus, la gamme étant fermée à l’adhésion et accessible par transformation Pacte à partir de 10 000 euros seulement. Et l’antériorité fiscale acquise au-delà de huit ans pèse souvent plus lourd qu’une économie de frais obtenue ailleurs, ce qui justifie de conserver un contrat ancien en dormance. Le comparatif des meilleurs fonds euros 2026 donne les taux servis sans contrainte d’unités de compte, et le comparatif des 10 meilleurs contrats en ligne reprend frais et univers de supports selon le profil.
Pour récapituler, voici les contrats partenaires mentionnés plus haut :
★★★★★4,9 / 5 · TrustpilotYomoni Assurance-vie · Gestion pilotée
- Frais de gestion : 0,7 % par an (parmi les plus bas, moyenne marché ~0,90 %/an)
- Frais de versement : 0 € (aucun frais d’entrée, là où les réseaux traditionnels en prélèvent souvent)
- Ticket d’entrée : 1 000 €
- Frais des supports : 0,3 % par an
Idéal pour un détenteur qui laisse dormir son contrat et délègue tout
★★★★★4,6 / 5 · TrustpilotLinxea Assurance-vie · en ligne
- Frais de gestion : 0,50 % maximum (parmi les plus bas, moyenne marché ~0,90 %/an)
- Frais de versement : 0 % (aucun frais d’entrée, là où les réseaux traditionnels en prélèvent souvent)
- Capital garanti sur les fonds euros : 98 %
- Supports disponibles : plus de 1 100
Idéal pour un détenteur privé d’ETF qui veut aussi la pierre-papier
FAQ Nuances Plus Caisse d’Épargne 2026
Peut-on encore souscrire un contrat Nuances Plus en 2026 ?
Non. Le document d’informations clés produit le 22 juillet 2026 indique que Nuances Plus est « ouvert à la commercialisation uniquement dans le cadre de la transformation d’un contrat d’assurance vie ». La Caisse d’Épargne confirme que la gamme Nuances, commercialisée jusqu’en 2016, est fermée à l’adhésion, le transfert restant possible à partir d’un seuil publié de 10 000 euros. La gamme commercialisée aujourd’hui est Millevie, assurée par BPCE Vie.
Quel est le rendement du fonds euros Nuances Plus en 2026 ?
CNP Assurances publie pour 2025, au titre de l’information réglementée, deux taux : 2,61 % sur le support Nuances Plus Euro, ouvert par transfert Pacte, et 2,31 % sur Assur Euro, le support fermé. La moyenne de marché ACPR ressort à 2,63 %. Le barème du 22 janvier 2026 dépend de la part investie en unités de compte : 2,10 % pour un contrat entièrement en fonds euros, 2,52 % dès 30 %, 2,73 % dès 40 % et 2,94 % au-delà de 50 %, nets de frais de gestion et bruts de prélèvements sociaux.
Quels sont les frais réels de Nuances Plus ?
La brochure tarifaire 2026 de la Caisse d’Épargne renvoie au document d’informations clés, qui chiffre l’incidence annuelle totale des coûts entre 1,46 % et 6,01 % pour une sortie à huit ans, et entre 4,22 % et 11,05 % au bout d’un an. Le détail comprend 0,38 % à 1,05 % de coûts d’entrée, 1,04 % à 4,05 % de frais de gestion et frais administratifs, jusqu’à 1,39 % de coûts de transaction et jusqu’à 1,55 % de commissions liées aux résultats, les coûts de sortie étant nuls. Sur 10 000 euros investis, le document chiffre les coûts totaux entre 422 et 1 105 euros après un an, et entre 1 139 et 10 358 euros après huit ans. Sur le support en euros pris isolément, l’assureur a prélevé en moyenne 0,74 % en 2025.
Nuances Plus propose-t-il des ETF et des SCPI ?
Le catalogue publié par CNP Assurances référence des OPCVM monétaires, actions, obligataires, mixtes et immobiliers, issus de maisons externes comme Carmignac, Comgest, Edmond de Rothschild, BlackRock, Fidelity ou Pictet. La pierre-papier y figure, avec les SCPI Pierre Plus et Primopierre et le support Assur Immeuble. Aucun ETF n’est en revanche référencé, ce qui prive le contrat du véhicule le moins coûteux pour suivre les grands indices.
Faut-il garder son contrat Nuances Plus ou le racheter ?
Si le contrat a plus de huit ans, la réponse pratique est presque toujours de le conserver : l’antériorité fiscale acquise représente un avantage que le gain de frais compense rarement. Le schéma qui revient consiste à laisser le contrat en dormance et à orienter les nouveaux versements vers une enveloppe ouverte en parallèle. Sur un contrat récent avec peu de plus-values et un encours modeste, un rachat total suivi d’une ouverture ailleurs se rentabilise en revanche rapidement. Le comparatif des meilleurs contrats assurance vie 2026 détaille les profils concernés.
Comment récupérer l’argent d’un contrat Nuances Plus ?
L’assurance-vie reste disponible à tout moment. La demande de rachat s’effectue en agence ou via l’espace client en ligne. Le document d’informations clés prévoit que les sommes sont versées par CNP Assurances dans un délai de 30 jours et retient une durée de détention recommandée de huit ans. Un rachat partiel ne déclenche aucune pénalité, alors qu’un rachat total ferme le contrat et fait perdre l’antériorité fiscale. Le calcul de la part imposable est expliqué dans notre guide rachat partiel assurance vie.
Les prélèvements sociaux sur l’assurance-vie passent-ils à 18,6 % en 2026 ?
Non, pas sur l’assurance-vie. Pour les revenus de 2026, le service public retient un taux de 18,6 % dans le cas général mais applique 17,2 % à l’assurance-vie, soit 9,2 % de CSG, 0,5 % de CRDS et 7,5 % de prélèvement de solidarité. Sur un support en euros, l’article L136-7 du code de la sécurité sociale prévoit que ces prélèvements sont dus lors de l’inscription des intérêts au contrat, donc chaque année et au taux alors en vigueur, l’assiette du rachat étant ensuite calculée déduction faite des produits ayant déjà supporté la contribution.
Quel régime fiscal s’applique en cas de décès sur Nuances Plus ?
Pour les versements effectués avant 70 ans, l’article 990 I du code général des impôts prévoit un abattement de 152 500 euros par bénéficiaire désigné, puis une taxation de 20 % jusqu’à 700 000 euros au-delà de l’abattement et de 31,25 % ensuite. Pour les versements après 70 ans, l’abattement global tombe à 30 500 euros réparti hors conjoint et partenaire de Pacs, puis les droits de succession au barème s’appliquent, les intérêts de ces versements restant exonérés. Le conjoint survivant et le partenaire de Pacs sont totalement exonérés depuis la loi TEPA de 2007.





