
Vous avez déjà un compte Revolut, l’onglet « Investir » s’affiche juste à côté de votre solde, et acheter une action semble ne tenir qu’à deux ou trois écrans. La tentation est réelle, car investir en bourse sur Revolut commence dès 1 € grâce aux fractions d’actions, sans ouvrir de compte ailleurs. Mais derrière cette facilité, une question revient dans chaque avis sur Revolut Bourse : ce point d’entrée tient-il vraiment la route une fois qu’on regarde les frais réels et la fiscalité française ? Et le détail qui change tout, c’est que l’offre se résume à un compte-titres ordinaire, sans PEA (plan d’épargne en actions) ni assurance-vie.
Dans cet avis, on passe au crible l’offre actions et ETF de Revolut, du coût réel d’un ordre jusqu’à la déclaration d’un compte détenu à l’étranger. On vous dit ensuite, profil par profil, quand Revolut suffit et quand un courtier dédié devient le meilleur choix.
1. Investir en bourse sur Revolut : un parcours en quelques minutes depuis l’app
Vous savez déjà que l’on peut entrer en bourse dès 1 € depuis l’app. Mais à quoi ressemble vraiment le parcours, du compte existant jusqu’à l’ordre exécuté, et où surgissent les premiers frais ? Commençons par le concret de l’achat, avant d’élargir à l’univers disponible et au coût réel.
1.1 Du compte à l’ordre exécuté : fractions d’actions dès 1 €
Une action, c’est une part du capital d’une société cotée, qui s’échange à un cours unitaire pouvant atteindre plusieurs centaines d’euros. Une fraction d’action, c’est une portion de cette part, ce qui vous permet d’investir un montant choisi plutôt qu’un nombre entier de titres. C’est précisément ce levier que Revolut met en avant pour abaisser la barrière d’entrée.
Le parcours est court. Quand vous êtes déjà titulaire d’un compte Revolut, vous activez l’onglet « Investir » directement dans l’application, après une vérification d’identité (KYC) et l’acceptation des conditions de Revolut Securities Europe UAB. Vous alimentez ensuite le compte, vous choisissez un titre, vous saisissez un montant qui n’est pas forcément un nombre entier d’actions, puis vous validez. L’ordre s’exécute en quelques secondes pendant les heures de marché.
Concernant le ticket d’entrée, le montant minimal d’achat est de 1 € pour les actions et ETF européens et de 1 USD pour les titres américains, la plus petite fraction négociable descendant jusqu’à 0,00000001 part. Vous pouvez donc vous positionner sur un titre coté à plusieurs centaines d’euros avec une petite somme.
Un mot sur les limites par ordre, car elles méritent que vous les vérifiiez vous-même. Les sources consultées évoquent un achat plafonné à 100 000 € ou 50 000 titres et une vente plafonnée à 1 500 000 € ou 50 000 titres, mais ces valeurs restent à confirmer sur la page officielle Revolut et n’ont pas pu être recoupées avec un haut degré de confiance.

Ce schéma reprend le parcours de bout en bout et signale, à chaque étape, les points où des frais ou des plafonds peuvent apparaître. Si vous cherchez à bien démarrer en bourse, cette accessibilité est un vrai atout de départ.
1.2 Plans d’investissement programmés (DCA) et qualité de l’interface
Au-delà de l’achat ponctuel, Revolut propose des plans d’investissement ETF, c’est-à-dire des achats récurrents sur une sélection de produits cotés. Ces plans vous permettent d’automatiser un investissement régulier (DCA, pour dollar cost averaging) sans commission de courtage. Si vous êtes un investisseur passif qui veut lisser ses versements dans le temps, c’est un vrai point fort.
Attention toutefois à une confusion fréquente : sans commission de courtage ne veut pas dire sans aucun frais. La page d’aide précise que d’autres frais peuvent s’appliquer, notamment les frais propres à l’ETF et les frais de change sur les supports libellés en devise. Le détail du change, on y revient en section 3, là où il pèse vraiment dans le coût réel.
Sur l’expérience d’usage, l’application est régulièrement citée comme intuitive et bien notée. La note App Store ressort autour de 4,8/5 et la note Google Play autour de 4,5 à 4,7/5, sachant qu’il s’agit de notes globales de l’app, non spécifiques à la bourse, et que le nombre d’avis n’est pas stabilisé selon les sources.
En contrepartie, les outils d’analyse restent basiques face à une plateforme de trading dédiée. Un module avancé, « Trading Pro », est facturé 15 €/mois et inclus sans surcoût dans le plan Ultra ; un service de gestion automatisée (robo-advisor) existe par ailleurs à 0,75 %/an, distinct de l’investissement en titres en direct. Si vous comptez programmer vos versements sur des ETF programmés, gardez l’œil sur ces frais annexes, même sur les plans présentés sans commission.
2. Univers disponible et qui se trouve derrière le service
L’accès est simple, on l’a vu. Mais que peut-on réellement acheter, et surtout qui répond juridiquement de vos titres une fois l’ordre passé ? C’est ce double point que cette section éclaire, de l’offre de supports jusqu’à l’entité dépositaire.
2.1 Actions, ETF, obligations et dividendes : une offre correcte mais plus étroite
Avant de compter les titres, une distinction structure tout le reste. Le compte Revolut Invest est un compte-titres ordinaire (CTO), c’est-à-dire une enveloppe. Les actions, ETF et obligations sont des supports logés dans cette enveloppe. Gardez bien cette séparation entre l’enveloppe et le support, car elle conditionne plusieurs constats qui suivront.
Sur la profondeur de l’offre, les chiffres varient selon les sources et la date, d’où une prudence nécessaire. On retiendra une fourchette d’environ 2 000 à 2 800 actions (le rapport de gestion 2024 évoque plus de 2 800 sociétés, certaines sources de presse 2026 retiennent plutôt 2 000), à dominante américaine. Concernant les ETF, l’écart est encore plus large, entre 150 et 500 et plus selon les sources, sans qu’il ait pu être tranché. Les obligations sont désormais accessibles en France, à une date d’arrivée non précisée.
Pour les actions à dividende, les versements arrivent en espèces sur le compte d’investissement, le montant et la fréquence dépendant de chaque société ou ETF, pas d’un calendrier propre à Revolut. Sur les titres américains, une retenue à la source étrangère s’applique, un point que l’on détaille plus loin.
Un dernier réflexe avant d’aller plus loin. La transférabilité des titres vers un autre courtier n’est possible que dans certains cas, via un virement de portefeuille de type DTC, et la procédure peut s’avérer lourde. À défaut, sortir suppose de vendre ses titres, ce qui constitue un événement fiscal taxable plutôt qu’un simple transfert. Ce point mérite une vérification au cas par cas si vous envisagez le compte-titres ordinaire de Revolut comme une étape transitoire.
2.2 Sécurité des titres, entité dépositaire et cotation de Revolut
Pour la bourse, votre interlocuteur n’est pas une banque mais une entreprise d’investissement lituanienne, Revolut Securities Europe UAB (RSE UAB), supervisée par la Banque de Lituanie au titre de la directive MiFID II. C’est elle qui détient et exécute, et ce caractère lituanien aura son importance plus loin.
Vient ensuite une confusion qu’il faut lever, car elle touche à la protection de votre argent. Les dépôts en espèces, gérés par Revolut Bank UAB, sont garantis jusqu’à 100 000 €. Les titres, eux, relèvent d’un autre mécanisme : ils sont d’abord ségrégués, donc votre propriété, puis couverts jusqu’à 22 000 € par le système lituanien d’indemnisation en cas de liquidation. Ce plafond de 22 000 € reste inférieur à la garantie française de 70 000 € du FGDR (fonds de garantie des dépôts et de résolution) sur les titres, mais la ségrégation demeure la première protection, l’indemnisation n’intervenant qu’en cas d’échec de celle-ci. Aucun de ces mécanismes ne couvre le risque de marché, c’est-à-dire la baisse du cours.
Reste une question qui revient dans presque chaque recherche sur l’entrée en bourse de Revolut. Revolut n’est pas cotée : il n’existe pas de « cours » ni de « prix de l’action Revolut » accessible au grand public, et des préparatifs d’introduction sont évoqués sans qu’aucune cotation n’ait eu lieu en 2026. Ne confondez donc pas l’éventuelle valeur de Revolut elle-même avec le fait d’acheter, via l’app, les actions d’autres sociétés bel et bien cotées.
3. Frais réels par plan : le vrai test du verdict
Le service est accessible, l’univers est correct, l’entité est identifiée. Mais c’est sur les frais que se joue l’essentiel du verdict. Combien coûte vraiment un ordre, et comment ce coût se compare-t-il aux courtiers dédiés une fois le change inclus ?
3.1 Quotas d’ordres gratuits et commission selon le plan
La tarification de Revolut est compétitive en apparence, mais elle se lit en plusieurs strates. La logique de base est simple : chaque plan inclut un quota d’ordres gratuits par mois, puis facture les ordres suivants. Le tableau ci-dessous met en regard le prix de l’abonnement et le nombre d’ordres offerts.
| Plan Revolut | Prix mensuel | Ordres gratuits/mois | Commission au-delà |
|---|---|---|---|
| Standard | 0 € | 1 | 1 € ou 0,25 % (min 1 €) — à confirmer |
| Plus | 3,99 € | 3 | idem |
| Premium | 9,99 € | 5 | idem |
| Metal | 16,99 € | 10 | idem |
| Ultra | 45 € | 10 | idem |
Données à jour — juin 2026. Quotas d’ordres gratuits confirmés ; commission au-delà du quota à confirmer sur la page officielle.
Autrement dit, payer un abonnement plus cher revient surtout à acheter davantage d’ordres gratuits. Mais le point décisif n’est pas dans le quota, il est dans ce qui se passe au-delà.
Et là, les sources ne tranchent pas. La commission appliquée au-delà du quota n’est pas établie : soit un forfait de 1 € par ordre, soit 0,25 % avec un minimum de 1 €. La page officielle doit faire foi, car cet écart change le verdict pour les gros ordres. Le statut des droits de garde reste, lui aussi, incertain : certaines sources évoquent leur suppression (auparavant 0,12 %/an), au moins une source récente signalant au contraire un maintien de ce taux ; à vérifier sur la grille officielle, car l’écart pèse sur les portefeuilles importants.
S’y ajoutent enfin des taxes réglementaires, indépendantes de Revolut : la taxe sur les transactions financières (TTF) française de 0,40 % sur certaines grandes capitalisations françaises éligibles, et un taux de 0,20 % en Espagne et en Italie, à confirmer.
3.2 Frais de change : le coût caché sur les titres US
Voilà le poste que l’on néglige le plus souvent, alors qu’il décide du coût réel sur les titres américains. Comme ces titres se règlent en USD, convertir vos euros en dollars passe par l’allocation de change mensuelle du compte Revolut. Une fois cette allocation gratuite épuisée, un « fair usage fee » s’applique.
Concrètement, ce frais est de 1 % au-delà du seuil gratuit sur le plan Standard (seuil d’environ 1 000 €/mois) et de 0,5 % sur le plan Plus (seuil d’environ 3 000 €/mois) ; les plans Premium, Metal et Ultra suppriment ces frais supplémentaires. Une majoration de change s’applique en outre le week-end sur les plans concernés, 1 % sur Standard et 0,5 % sur Plus. Le service d’investissement n’a donc pas de barème de change « bourse » distinct, la conversion EUR/USD passant par le quota de change du compte courant.
L’astuce qui en découle vaut pour tout investisseur orienté actions US. Comparez le coût total annuel, commissions plus change plus abonnement, selon votre rythme réel avant de choisir un plan. Un plan supérieur, change inclus, peut rendre Revolut compétitif pour un portefeuille majoritairement libellé en dollars, là où le plan Standard se ferait grignoter par le change.

Ce diagramme empile, pour une stratégie type, les trois composantes du coût annuel, commissions, change et abonnement, chez quatre courtiers. Il montre bien que c’est le plan choisi, et non la seule grille de courtage, qui fait la différence. Pour creuser le sujet au-delà de la bourse, notre avis sur Revolut détaille l’ensemble des services.
3.3 Face aux courtiers dédiés : Trade Republic, DEGIRO, BoursoBank
Reste à situer Revolut face aux spécialistes du courtage. Le tableau suivant compare des prestataires, pas des classes d’actifs : chaque ligne met en regard une enveloppe et ses conditions chez quatre acteurs.
| Critère | Revolut (RSE UAB) | Trade Republic | DEGIRO | BoursoBank |
|---|---|---|---|---|
| Frais/ordre actions | 1 € ou 0,25 % (min 1 €) — à confirmer | 1 € fixe | ≈ 1 € + 1 € frais tiers (Euronext Paris) | 1,99 € (offre Découverte) |
| ETF en plan programmé | 0 € (sans commission) | 0 € | sélection à 1 € | non communiqué |
| PEA proposé | Non (CTO seul) | Oui (depuis le 9 janvier 2025) | Non (CTO seul) | Oui |
| IFU français fourni | Non | Oui | Non | Oui |
| Univers actions | ≈ 2 000–2 800 | ≈ 10 000+ | 30 000+ | large (Euronext + intl) |
| Régulateur | Banque de Lituanie | BaFin (Allemagne) | flatexDEGIRO (Allemagne) | ACPR (France) |
Données à jour — juin 2026. Frais et univers susceptibles d’évoluer.
Le constat est net. Sur le coût pur du courtage et l’ETF programmé sans commission, Revolut tient parfaitement la comparaison, au coude-à-coude avec Trade Republic. Mais c’est le seul du panel à n’offrir ni PEA ni IFU (l’imprimé fiscal unique qui récapitule vos opérations pour la déclaration), avec en prime l’univers d’actions le plus étroit. Si vous voulez comparer en détail un courtier qui propose le PEA, notre avis sur Trade Republic entre dans le détail.
Ce que ce comparatif laisse de côté est justement l’essentiel pour un résident fiscal français. Un poste invisible dans les grilles tarifaires, l’enveloppe et la déclaration, pèse bien plus lourd que quelques centimes de courtage. C’est ce que la suite analyse.
4. La limite décisive : compte-titres ordinaire, fiscalité et déclaration
Ce poste invisible évoqué plus haut, l’enveloppe et la déclaration, c’est ici qu’il se chiffre. Et pour un résident fiscal français, il pèse souvent plus lourd que tout le reste du comparatif réuni.
4.1 CTO uniquement : pas de PEA ni d’assurance-vie, PFU 31,4 %
On l’a vu en section 2.1, le compte Revolut Invest est un compte-titres ordinaire (CTO). C’est la seule enveloppe disponible, sans PEA ni assurance-vie, c’est-à-dire sans les deux enveloppes qui portent l’essentiel de l’optimisation fiscale française.
Concrètement, les gains du CTO (plus-values, dividendes, intérêts) relèvent du prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % en 2026, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux après la hausse de CSG de la LFSS 2026. Vous gardez la possibilité d’opter pour le barème progressif, mais les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus dans tous les cas. Surtout, un CTO ne « mûrit » jamais fiscalement, contrairement au PEA dont l’impôt sur le revenu s’efface après cinq ans. Le tableau ci-dessous met en regard les trois enveloppes selon qu’elles sont accessibles ou non chez Revolut.
| Enveloppe | Disponible sur Revolut ? | Fiscalité des gains (2026) | Intérêt principal |
|---|---|---|---|
| CTO | Oui | PFU 31,4 % (ou barème), pas d’abattement durée | Univers large, liberté totale |
| PEA | Non | Après 5 ans : IR exonéré, PS 18,6 % | Optimisation actions UE |
| Assurance-vie | Non | Après 8 ans : IR 7,5 % (≤ 150 k€) + PS 17,2 % = 24,7 %, abattement 4 600/9 200 € | Transmission, long terme |
Cadre fiscal 2026 consolidé (LFSS 2026). Le CTO ne bénéficie d’aucun abattement pour durée de détention.
Le constat est clair. Pour qui vise des actions ou ETF européens éligibles à horizon long, un PEA ouvert ailleurs sera plus avantageux après cinq ans qu’un CTO Revolut, à supports comparables. Revolut n’est donc jamais le choix optimisé fiscalement pour un résident français qui investit sur le long terme. L’avantage de courtage gagné en section 3 s’efface devant l’enveloppe manquante.
4.2 Déclaration : pas d’IFU, formulaire 3916 et retenue US
La seconde limite est déclarative, et elle est plus technique. Revolut Securities Europe UAB, l’entité lituanienne identifiée en 2.2, n’émet pas d’Imprimé Fiscal Unique (IFU) français exploitable. Résultat, le calcul des plus-values selon la méthode du prix moyen pondéré, la conversion en euros des opérations en devise et le report dans les déclarations 2074 et 2042 reposent entièrement sur vous. Faisable, mais chronophage à chaque cession tant qu’aucun IFU n’est fourni.
Et ce n’est pas tout, car le compte d’investissement est rattaché à une entité lituanienne. À ce titre, il doit être déclaré chaque année via le formulaire 3916 / 3916 bis, sous peine d’une amende de 1 500 € par compte non déclaré et par an (la Lituanie étant un État de l’UE coopératif, c’est ce seuil qui s’applique, et non celui de 10 000 € réservé aux États non coopératifs). Ce réflexe devient d’autant plus important qu’avec la directive DAC8, en vigueur depuis le 1er janvier 2026, l’administration fiscale française reçoit désormais des données sur les comptes Revolut. La déclaration d’un compte détenu hors de France n’a donc plus rien d’optionnel.
Un point joue en votre faveur, en revanche, sur les dividendes américains. La retenue à la source US tombe à 15 % au lieu de 30 % dès lors que le formulaire W-8BEN a été correctement pris en compte. Revolut l’applique automatiquement quand ce formulaire a été renseigné à l’inscription ; encore faut-il vérifier sur son compte qu’il a bien été enregistré.
Note de Tom
quand on structure un patrimoine sur plusieurs classes d’actifs, on apprend à raisonner enveloppe avant tout. Je choisis d’abord le contenant selon l’horizon et la fiscalité, et seulement ensuite le courtier. Prendre le problème dans l’autre sens, c’est se retrouver enfermé dans un CTO là où un PEA aurait fait le travail.
C’est exactement le bon ordre des décisions, résumé dans le schéma ci-dessous : on choisit l’enveloppe (PEA, assurance-vie ou CTO) selon l’horizon et la fiscalité, puis le courtier, et non l’inverse.

5. Verdict : excellente porte d’entrée, rarement l’outil principal de long terme
Vous avez désormais tous les éléments en main : accessibilité forte, courtage compétitif, mais enveloppe unique et déclaration manuelle. Reste à trancher, profil par profil.
5.1 Pour qui Revolut convient — et pour qui un courtier dédié est préférable
Revolut convient bien à trois profils. Le débutant qui teste avec de petites sommes d’abord : fractions dès 1 €, interface mobile fluide et un ordre gratuit par mois suffisent pour se familiariser sans engagement. Le client Revolut déjà équipé ensuite, qui investit depuis une application qu’il utilise au quotidien, sans ouvrir de compte ailleurs. L’investisseur passif en ETF enfin, dont les plans programmés permettent un DCA peu coûteux, sous réserve de surveiller les frais de change et les frais propres aux ETF vus en partie 1.
Pour trois autres profils, en revanche, un courtier dédié l’emporte nettement. L’investisseur de long terme qui optimise sa fiscalité d’abord : l’absence de PEA est décisive, là où Trade Republic (PEA depuis le 9 janvier 2025) ou BoursoBank offrent l’abattement de durée et un IFU qui automatise la déclaration. L’investisseur actif ou averti ensuite, pour qui DEGIRO ouvre un univers bien plus large et des marchés que les outils basiques de Revolut ne couvrent pas. Celui qui veut éviter la paperasse enfin : tant que Revolut ne fournit pas d’IFU, chaque cession se calcule à la main, formulaire 3916 en prime.
Trois règles simples résument l’arbitrage. Horizon long et supports éligibles PEA : un PEA ailleurs, pas le CTO Revolut. Tester, fractionner, rester sur mobile avec de petites sommes : Revolut est un bon premier pas. Portefeuille majoritairement en actions US et plan supérieur déjà souscrit, change inclus : Revolut redevient compétitif sur le coût, au prix d’une déclaration manuelle assumée. Pour départager les enveloppes elles-mêmes, notre comparatif des PEA en ligne complète utilement le tableau.
Le verdict global tient en une phrase, sans complaisance ni dénigrement : Revolut est une excellente porte d’entrée en bourse, mais rarement le meilleur outil principal d’un investisseur français de long terme. Le diagramme ci-dessous note l’offre dimension par dimension et fait ressortir ce contraste, fort sur l’accessibilité et les frais, faible sur la fiscalité et l’automatisation déclarative.

5.2 Revolut Bourse en un coup d’œil
Voici, dimension par dimension, le constat factuel et ce qu’il change pour un investisseur français.
| Dimension | Constat factuel | Impact pour l’investisseur français |
|---|---|---|
| Accessibilité | Fractions dès 1 € / 1 USD, mobile, KYC intégré | Excellente porte d’entrée pour débuter |
| Univers | ≈ 2 000–2 800 actions, ≈ 150–500+ ETF (selon sources), obligations | Suffisant pour débuter, étroit vs DEGIRO/TR |
| Frais d’investissement | Au moins 1 ordre gratuit/mois (Standard) ; droits de garde au statut incertain (suppression vs 0,12 %/an selon les sources) | Compétitif sur le courtage, à vérifier sur les droits de garde |
| Frais de change | Allocation gratuite puis 0,5–1 % selon plan ; titres US en USD | Coût caché réel sur supports en devise |
| Enveloppe | CTO uniquement, pas de PEA ni assurance-vie | Pas d’optimisation fiscale française |
| Fiscalité | PFU 31,4 % (CTO), retenue source US 15 % (W-8BEN) | Standard CTO, sans abattement de durée |
| Déclaration | Pas d’IFU + compte étranger (3916) ; DAC8 dès 2026 | Charge déclarative manuelle, amende 1 500 € si oubli 3916 |
| Sécurité titres | RSE UAB, Banque de Lituanie, ségrégation + 22 000 € | Cadre MiFID II ; plafond indemnisation < FGDR (70 000 €) |
| Cotation Revolut | Non cotée, pas de « prix de l’action Revolut » | Ne pas confondre avec l’achat d’actions via l’app |
| Verdict profil | Porte d’entrée oui ; outil principal long terme non | Bon premier pas, courtier dédié ensuite |
Synthèse à jour — juin 2026. Données tarifaires et d’univers volatiles, à revérifier.
Conclusion
Pour démarrer, Revolut Bourse coche les bonnes cases : on investit dès 1 € en fractions d’actions, depuis une application déjà ouverte, avec un courtage compétitif et au moins un ordre gratuit par mois. C’est une excellente porte d’entrée, et c’est souvent par là que commence un débutant qui veut tester sans s’engager. Le problème surgit dès qu’on raisonne long terme et résidence fiscale française. L’offre se limite à un compte-titres ordinaire taxé au PFU de 31,4 %, sans PEA ni assurance-vie, et l’absence d’IFU vous laisse calculer chaque plus-value à la main, formulaire 3916 en prime.
S’il fallait retenir une seule règle, ce serait de choisir l’enveloppe avant le courtier : on fixe d’abord le contenant selon l’horizon et la fiscalité, et seulement ensuite la plateforme. Pour creuser ce point, l’avis sur Trade Republic montre ce qu’apporte un courtier doté d’un PEA et d’un IFU, tandis que notre comparatif des meilleurs CTO aide à départager les acteurs quand le compte-titres reste le bon choix.
FAQ – Revolut Bourse en 2026 : vos questions les plus fréquentes
Comment investir en bourse sur Revolut ?
Si vous avez déjà un compte Revolut, tout se passe dans l’application. Vous activez l’onglet « Investir », vous passez la vérification d’identité (KYC), vous acceptez les conditions de Revolut Securities Europe UAB, puis vous alimentez le compte. Ensuite, vous choisissez un titre, vous saisissez un montant (pas forcément une action entière) et vous validez. L’ordre s’exécute en quelques secondes pendant les heures de marché.
Quels sont les frais de bourse sur Revolut ?
Sur le courtage pur, Revolut reste peu cher : au moins un ordre gratuit par mois en Standard, puis une commission faible. La page officielle doit faire foi, car les sources hésitent entre 1 € forfaitaire et 0,25 % avec un minimum de 1 €. Le statut des droits de garde reste incertain (suppression ou 0,12 %/an selon les sources). Le vrai coût se loge dans les frais de change sur titres US.
Quelle est la banque derrière Revolut ?
Pour la bourse, ce n’est pas une banque mais une entreprise d’investissement lituanienne, Revolut Securities Europe UAB, agréée et supervisée par la Banque de Lituanie au titre de MiFID II. Les services bancaires des clients de l’Union européenne (compte courant, dépôts) relèvent, eux, de Revolut Bank UAB, agréée en Lituanie. Deux entités distinctes, donc, pour deux activités distinctes.
Est-ce que Revolut est coté en bourse ?
Non. Revolut n’est pas cotée : ses actions ne s’échangent pas sur un marché public, il n’existe donc ni « cours » ni « prix de l’action Revolut » accessible au grand public. Le groupe reste une société privée en 2026, et des préparatifs d’introduction sont évoqués sans qu’aucune cotation ait été réalisée. À ne pas confondre avec le fait d’acheter des actions d’autres sociétés via l’application.
Quelles actions sont disponibles sur Revolut ?
On retient une fourchette d’environ 2 000 à 2 800 actions selon les sources, avec une dominante américaine. S’y ajoutent des ETF, dont le nombre n’est pas tranché (de l’ordre de 150 à plus de 500), et désormais des obligations accessibles en France. C’est correct pour débuter, mais sans la profondeur d’un courtier comme DEGIRO, qui dépasse les 30 000 titres.
Perçoit-on les dividendes des actions sur Revolut ?
Oui, les dividendes des titres éligibles sont versés en espèces sur le compte d’investissement. Le montant et la fréquence dépendent de chaque société ou ETF, pas d’un calendrier propre à Revolut. Sur les actions américaines, une retenue à la source de 15 % s’applique si le formulaire W-8BEN a bien été pris en compte, sinon jusqu’à 30 %. L’imposition française s’ajoute ensuite.
Revolut bourse permet-il d’optimiser sa fiscalité ?
Non, et c’est la limite décisive. Revolut ne propose qu’un compte-titres ordinaire (CTO), sans PEA ni assurance-vie : les gains relèvent du prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux), sans abattement de durée. Pour des actions européennes éligibles sur un horizon long, un PEA ailleurs reste plus avantageux. On retrouve la mécanique du compte-titres ordinaire en détail dans notre guide.
Faut-il déclarer son compte Revolut au fisc ?
Oui. Le compte d’investissement étant rattaché à une entité lituanienne, il doit être déclaré chaque année via le formulaire 3916 / 3916 bis, sous peine d’une amende de 1 500 € par compte et par an. Revolut Securities Europe UAB n’émet pas d’imprimé fiscal unique (IFU) français : le calcul des plus-values et leur report reposent sur vous. Un courtier comme Trade Republic automatise cette partie.




