
L’INSEE a publié le 15 avril 2026 la valeur de l’IRL janvier 2026, autrement dit l’irl 2026 1er trimestre : 146,60, soit un glissement annuel de +0,78 %. Pour les bailleurs et les locataires concernés par la révision annuelle d’un loyer d’habitation, c’est ce chiffre qui détermine, en pratique, le pourcentage applicable cette année. On est très loin du pic de 2022-2024, où le « bouclier loyers » à +3,5 % avait verrouillé un IRL exceptionnel. En 2026, la fourchette de révision se situe entre +0,8 % et +1,4 % selon le trimestre de référence inscrit au bail.
Cette mécanique semble simple, mais elle cache plusieurs pièges qu’on rencontre régulièrement. La date anniversaire à respecter, le délai d’un an au-delà duquel la révision est prescrite, le trimestre de référence à identifier correctement dans la clause d’indexation, et surtout le plafonnement absolu qui s’applique depuis le 24 août 2022 aux passoires thermiques classées DPE F et G : sur ces logements, aucune révision n’est possible, quel que soit l’indice IRL.
Voici comment faire le calcul IRL de la révision applicable à votre bail en 2026, avec les valeurs INSEE des quatre derniers trimestres regroupées dans un tableau IRL 2026, la formule légale, le modèle de courrier à envoyer, et les règles à connaître si vous êtes bailleur d’un logement classé F ou G.
1. Valeurs IRL 2026 par trimestre et pourcentage de révision applicable
Avant d’envoyer un courrier ou de calculer un nouveau loyer, vous avez besoin de savoir d’où sort le chiffre et sur quelle série il s’appuie. On part donc de la définition INSEE et des valeurs trimestrielles complètes 2024-2026, pour ensuite traduire ces niveaux d’indice en pourcentage applicable selon le trimestre de référence inscrit dans le bail.
1.1 Définition INSEE, valeurs IRL 2024-2026 et calendrier de publication
L’IRL (Indice de Référence des Loyers) n’est pas une valeur annuelle, c’est une série trimestrielle publiée par l’INSEE. La méthode de calcul est précise, puisqu’il s’agit de la moyenne sur 12 mois de l’indice des prix à la consommation hors tabac et hors loyers (IPC HTHL). Cette définition date de la loi de modernisation de l’économie de 2008, qui a remplacé l’ancien IRL adossé à l’ICC. La source officielle unique est l’INSEE série Idbank 001515333 (base 100 : T4 1998), et toute autre publication, qu’elle vienne de l’ANIL, de La Finance pour Tous ou d’un site de bailleurs, n’est qu’une reprise.
Sur le plan du calendrier, l’INSEE publie un IRL par trimestre, environ un mois et demi après la fin du trimestre concerné, soit T1 vers le 15 avril, T2 vers le 15 juillet, T3 vers le 15 octobre, T4 vers le 15 janvier de l’année suivante. La valeur de référence cette année, l’IRL T1 2026, a été diffusée le 15 avril 2026 à 146,60, soit un glissement annuel de +0,78 %. Le T2 2026 est attendu mi-juillet 2026.
Tableau : Valeurs IRL, séries 2024-2026
| Trimestre | Indice IRL | Glissement annuel | Date de publication |
|---|---|---|---|
| T1 2024 | 143,46 | +3,50 % | 16/04/2024 |
| T2 2024 | 145,17 | +3,50 % | 12/07/2024 |
| T3 2024 | 144,51 | +2,47 % | 15/10/2024 |
| T4 2024 | 144,64 | +1,90 % | 15/01/2025 |
| T1 2025 | 145,47 | +1,40 % | 15/04/2025 |
| T2 2025 | 146,68 | +1,04 % | 14/07/2025 |
| T3 2025 | 145,77 | +0,87 % | 14/10/2025 |
| T4 2025 | 145,78 | +0,79 % | 15/01/2026 |
| T1 2026 | 146,60 | +0,78 % | 15/04/2026 |
Données à jour — mai 2026. Source : INSEE série Idbank 001515333.

Ce qu’on observe sur la courbe, c’est la décrue très nette depuis le pic de 2022-2024, puisque entre juillet 2022 et mars 2024, le « bouclier loyers » avait verrouillé un IRL exceptionnel à +3,5 % maximum. Depuis le T2 2025, le glissement annuel oscille autour de +1 %, avec une stabilisation marquée entre T4 2025 (+0,79 %) et T1 2026 (+0,78 %). Pour situer l’indice irl dans son contexte historique, on est sur le rythme le plus bas depuis 2021.
Une nuance technique mérite votre attention, car les glissements annuels publiés par l’INSEE peuvent légèrement différer du calcul direct entre deux indices, en raison des arrondis officiels et de révisions ponctuelles de la série IPC HTHL sous-jacente. La règle est donc d’utiliser la valeur exacte de l’indice avec deux décimales, sans arrondir l’IRL ou le loyer trop tôt dans la formule.
1.2 Quel pourcentage de révision pour mon bail en 2026 ?
Avec ces neuf valeurs trimestrielles sous les yeux, comment savoir laquelle s’applique à votre bail ? Le principe est simple, car le pourcentage de révision dépend uniquement de l’IRL du trimestre de référence inscrit dans le contrat, comparé à la même valeur de l’année précédente. Autrement dit, un bail dont la clause d’indexation pointe sur le T2 utilisera l’IRL T2 du moment et l’IRL T2 de l’année d’avant, jamais le dernier indice publié.
Pour 2026, la fourchette se situe entre +0,8 % et +1,4 % selon le trimestre de référence. Voici comment se décline le glissement applicable selon le trimestre inscrit au bail :
- T2 (le plus fréquent en pratique pour les baux signés au printemps-été) → +1,04 % en glissement annuel sur T2 2025 contre T2 2024 ;
- T1 (cas typique des baux signés au premier trimestre) → +0,78 % avec l’IRL T1 2026 publié le 15 avril ;
- T4 (baux signés en fin d’année) → +0,79 % avec l’IRL T4 2025.
La fourchette irl 2026 1er trimestre à T4 2025 inscrit donc l’irl 2026 dans une plage très resserrée, sans rapport avec les +3,5 % qui ont marqué les esprits au moment du bouclier loyers.
Un point souvent sous-estimé concerne les baux dont la clause d’indexation est silencieuse ou imprécise sur le trimestre de référence. Dans ce cas, c’est l’article 17-1 I al. 3 de la loi du 6 juillet 1989 qui tranche, en retenant le trimestre du dernier IRL publié à la date de signature du bail. Les cas que l’on voit le plus souvent en contestation tiennent justement à cette zone grise, avec un bailleur qui prend l’indice du trimestre courant au lieu de celui inscrit au contrat, et un locataire qui découvre l’erreur en relisant sa clause un an plus tard.
2. Comment calculer la révision : formule, date anniversaire et délai d’un an
Vous avez désormais la valeur INSEE et le trimestre de référence. Reste à transformer ces deux nombres en montant de loyer révisé. La formule légale tient en une ligne, mais elle ne suffit pas, car son application est encadrée par deux règles temporelles, à savoir la date anniversaire qui ouvre le droit, et le délai d’un an qui le périme. On commence par le calcul irl brut avec un exemple chiffré, avant de remonter aux contraintes de calendrier qui peuvent l’invalider.
2.1 La formule légale et un exemple chiffré
L’article 17-1 I de la loi du 6 juillet 1989 fixe la formule de révision sans ambiguïté :
Nouveau loyer = Loyer en cours × (IRL nouveau ÷ IRL de référence)
L’IRL nouveau est la valeur du trimestre de référence à la date anniversaire du bail. L’IRL de référence est la valeur du même trimestre, l’année précédente. Pas de moyenne, pas de pondération, pas d’arbitrage, juste un quotient simple.
Prenons un cas concret. Un loyer principal hors charges de 850 €, un bail dont le trimestre de référence est le T2, une révision qui s’applique entre 2025 et 2026. Voici comment cela se calcule :
850 × (146,68 / 145,17) = 858,84 €, soit une hausse de +1,04 % sur le loyer.
Le locataire paiera donc 858,84 € hors charges à compter de la date d’effet de la révision, soit 8,84 € de plus par mois. Sur une année pleine, l’augmentation totale représente 106 €, un montant modeste mais qui se cumule d’année en année.

L’arbre ci-dessus matérialise les quatre filtres successifs, à savoir la présence d’une clause d’indexation, la date anniversaire dépassée, le classement DPE du logement et le délai d’un an. Si l’un des filtres bloque, la révision n’est pas applicable, même si la formule mathématique donne un résultat. Le filtre DPE, particulièrement le cas des passoires thermiques classées F ou G, est traité plus loin dans la section dédiée à l’évaluation, parce qu’il ouvre tout un volet d’arbitrage patrimonial qui dépasse le cadre du calcul.
L’erreur classique côté bailleur, c’est d’appliquer la formule sur le loyer charges comprises plutôt que sur le seul loyer principal hors charges. La révision IRL ne porte que sur le loyer ; les provisions sur charges restent inchangées et obéissent à leur propre régime de régularisation annuelle. Une révision calculée sur le loyer total est juridiquement nulle pour la part charges, et expose à une demande de remboursement du locataire.
2.2 Date anniversaire, délai d’un an et non-rétroactivité
La formule est en place, mais le droit de l’appliquer obéit à un calendrier précis. Trois règles temporelles encadrent la révision et conditionnent sa validité.
La date anniversaire du bail est le seul déclencheur. Elle correspond au jour et au mois de signature initiale du bail, reconduit chaque année. C’est à cette date, et pas à la date de publication de l’IRL ou de l’envoi du courrier, que le droit à révision s’ouvre. Un point souvent sous-estimé, c’est que la révision n’est jamais automatique. Elle suppose un acte positif du bailleur, c’est-à-dire un courrier de notification au locataire. Sans courrier, le loyer reste inchangé indéfiniment, même si la clause d’indexation IRL figure bien au contrat.
Le délai d’un an post-loi ELAN. La loi ELAN n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 (article 17-1 I) a clarifié un point qui faisait débat avant 2018, en accordant au bailleur 12 mois à compter de la date anniversaire pour notifier la révision. Au-delà, la révision est prescrite pour cette année-là. La Cour de cassation a confirmé cette lecture dans un arrêt de la 3ᵉ chambre civile du 4 octobre 2018 (n° 17-23.190). En pratique, un bailleur qui « oublie » sa révision pendant treize mois ne peut plus la rattraper sur l’exercice écoulé, puisque l’IRL de l’année suivante prend le relais, mais l’année manquée reste perdue.
La non-rétroactivité. C’est sans doute la règle la moins intuitive pour les bailleurs primo-investisseurs. La nouvelle valeur de loyer ne s’applique qu’à compter de la date d’envoi du courrier de notification, pas à la date anniversaire. Si la date anniversaire tombe le 1ᵉʳ juin et que le courrier est envoyé le 15 octobre, le locataire paie l’ancien loyer jusqu’au 15 octobre puis le nouveau loyer à partir de cette date. Les quatre mois d’écart sont irrécupérables. Une éventuelle clause de rétroactivité à la date anniversaire est de validité incertaine et n’est pas confirmée par jurisprudence Cour de cassation publiée, et la prudence opérationnelle commande d’y renoncer.
Le triptyque date anniversaire / délai d’un an / non-rétroactivité a une conséquence pratique simple, c’est qu’un mois d’attente entre la date anniversaire et l’envoi du courrier est un mois de révision perdu. Sur un loyer de 850 € révisé à +1,04 %, cela représente 8,84 € de manque à gagner par mois d’attente. Sur un portefeuille de plusieurs lots, l’arithmétique du retard se chiffre vite en plusieurs centaines d’euros par exercice.
La formule est claire, les bornes temporelles aussi. Reste la question pratique du passage à l’acte, c’est-à-dire la rédaction du courrier de révision, les mentions qui le rendent opposable, et le moment précis où il faut l’envoyer pour ne perdre aucun mois.
3. Rédiger et envoyer le courrier de révision : mode d’emploi bailleur
La révision n’étant jamais automatique, c’est le courrier qui transforme le droit en montant effectivement perçu. D’abord la forme légale et les mentions obligatoires, ensuite la fenêtre d’envoi optimale avec trois cas-types par date anniversaire.
3.1 Forme du courrier, 7 mentions obligatoires et cas du bail meublé
La loi de 1989 n’impose aucun formalisme particulier, un simple courrier suffit en théorie. En pratique, la lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) s’est imposée, parce qu’elle apporte deux preuves clés, la date certaine d’envoi et la réception par le locataire. Sans ces éléments, un litige sur la non-rétroactivité ou sur le respect du délai d’un an devient très difficile à arbitrer. La remise en main propre contre récépissé reste valable. L’e-mail seul est juridiquement risqué selon l’ANIL, utile en avis amiable préalable, jamais en notification opposable.
Le courrier doit contenir sept mentions obligatoires :
- Identité complète des parties (bailleur et locataire) ;
- Date du bail initial ;
- Trimestre IRL de référence inscrit au contrat ;
- Valeur de l’IRL nouveau et valeur de l’IRL de référence (avec leurs trimestres respectifs) ;
- Calcul détaillé du nouveau loyer principal hors charges ;
- Date d’effet de la révision (qui correspond à la date d’envoi de la LRAR) ;
- Mention explicite que les charges ne sont pas concernées par la révision IRL.
Des modèles éprouvés sont mis à disposition par l’ANIL, l’UNPI et la FNAIM. Pensez à conserver l’AR et la copie du courrier pendant trois ans, durée de la prescription triennale prévue à l’article 7-1 de la loi de 1989 ; avant ce terme, l’absence de preuve écrite peut ruiner un dossier solide.
Le cas du bail meublé mérite une attention particulière. Depuis la loi ALUR du 24 mars 2014, il est aligné sur le bail nu pour la révision IRL (article 25-9). Une nuance change tout, c’est que la clause d’indexation doit être expressément rédigée dans le contrat ; à défaut, le loyer reste figé jusqu’à la fin du bail, sans rattrapage. Si vous vous orientez vers la location meublée LMNP, c’est le premier point à vérifier à la signature, parce qu’aucun avenant unilatéral ne peut suppléer une clause initialement absente. À distinguer du bail mobilité (1 à 10 mois, pas de révision), du bail commercial (ILC ou ILAT) et du bail rural (IFL), trois régimes hors scope IRL.
3.2 Fenêtre d’envoi optimale et cas-types par anniversaire
Le courrier doit partir dans les 30 à 60 jours suivant la date anniversaire, dès la parution INSEE de l’IRL de référence. Au-delà, la non-rétroactivité commence à coûter, chaque mois d’attente vaut un mois de révision perdu, soit 8,84 € sur un loyer de 850 € révisé à +1,04 %.
Anniversaire en juin. Le bailleur attend la publication de l’IRL T1 mi-avril, prépare la LRAR fin avril et l’envoie pour effet au 1ᵉʳ juin. Calendrier idéal, calé sur la fenêtre 30-60 jours, qui capture l’irl janvier 2026 publié à temps. L’erreur fréquente, c’est d’attendre l’IRL T2 mi-juillet et de décaler la révision alors que le trimestre de référence du bail n’a pas changé.
Anniversaire en janvier. L’IRL T4 paraît mi-janvier, pile dans la fenêtre d’envoi, et la LRAR part dans la seconde quinzaine. L’erreur typique consiste à anticiper en envoyant le courrier en décembre avec l’IRL T3, mais le trimestre de référence du bail est T4, et la révision calculée sur T3 n’est pas conforme à l’article 17-1 I.
Bail nu sans clause d’indexation. La règle de l’article 17-1 I al. 3 s’applique, on utilise l’IRL du dernier trimestre publié à la date de signature. Un avenant unilatéral ajoutant une clause après coup est nul ; seule une renégociation tripartite permet d’introduire la révision pour les années à venir, sans rattrapage.

Si vous gérez plusieurs lots, échelonner les dates anniversaires entre acquisitions est un levier opérationnel sous-estimé, abordé dans notre guide investissement locatif 2026. Pour un bien passé de F à E après travaux, la révision redevient possible dès la prochaine date anniversaire, sans rattrapage des années « gelées ». Reste à voir ce qui se passe quand le logement est classé F ou G.
4. Passoires thermiques DPE F/G, contestation et récapitulatif
L’arbre de décision en section 2.1 a déjà signalé le filtre DPE comme bloquant. Reste à comprendre ce que ce gel implique, quels arbitrages patrimoniaux il ouvre, et comment contester une révision qui contournerait l’interdiction.
4.1 Gel des loyers F/G : périmètre, calendrier et arbitrage rénover/vendre/conserver
L’article 159 de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 (loi Climat et Résilience) interdit la révision IRL pour les logements F et G depuis le 24 août 2022. Le périmètre couvre la révision annuelle, l’augmentation à la relocation et la fixation du loyer après complément d’enquête sur sous-évaluation. Aucune indexation IRL n’est applicable tant que le DPE reste F ou G, quel que soit le motif.
L’article 160 a fixé une trajectoire progressive d’interdiction de location, avec G+ depuis le 1ᵉʳ janvier 2023 (>450 kWh/m²/an), G depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, F dès le 1ᵉʳ janvier 2028, E dès le 1ᵉʳ janvier 2034. Le calendrier transforme le gel en compteur à rebours. Le DPE pris en compte est celui en cours de validité (10 ans) à la date du courrier, et la lecture stricte ANIL est qu’aucune augmentation n’est possible tant que le DPE reste F ou G, même après des travaux partiels. L’outre-mer est exclu (décret n° 2023-347 du 3 mai 2023).
Si vous détenez une passoire thermique, trois options s’offrent à vous.
Rénover. Ordres de grandeur ADEME : 200 à 300 €/m² par poste, 500 à 1 000 €/m² pour une rénovation globale. Sur 60 m², le passage de F à D coûte entre 12 000 et 25 000 €, hors aides (MaPrimeRénov’, éco-PTZ, CEE), dont les conditions figurent dans notre fiche crédits, réductions et déductions d’impôt. La révision redevient possible dès le reclassement en E ou supérieur, à la prochaine date anniversaire, sans rattrapage des années gelées.
Vendre. Le bilan annuel des Notaires de France de décembre 2025 (données 2024) chiffre la décote à -12 % pour un appartement classé G, -25 % pour une maison classée G, fourchette F/G entre -9,7 % et -15 % selon la région et le bien.
Conserver sans réviser. Choix par défaut, coûteux à double titre : perte mécanique de pouvoir d’achat locatif et interdiction de louer programmée.
Tableau : DPE, révision IRL, augmentation à la relocation et interdiction de location par étiquette
| Étiquette DPE | Révision IRL | Augmentation à la relocation | Location autorisée |
|---|---|---|---|
| A à E | Autorisée | Autorisée | Oui |
| F | Interdite depuis 24/08/2022 | Interdite depuis 24/08/2022 | Jusqu’au 31/12/2027 |
| G | Interdite depuis 24/08/2022 | Interdite depuis 24/08/2022 | Interdite depuis 01/01/2025 |
| G+ (>450 kWh/m²/an) | Interdite | Interdite | Interdite depuis 01/01/2023 |
Données à jour — mai 2026. Sources : loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 (art. 159 et 160), décret n° 2023-347 du 3 mai 2023.
L’arbitrage rénover/vendre/conserver dépend du marché local et des aides mobilisables, point développé dans notre dossier stratégie d’investissement immobilier 2026. Le bon réflexe consiste à vérifier le DPE en cours de validité avant tout courrier de révision ; toute révision sur un logement F ou G est nulle et expose le bailleur à un remboursement dans la limite de la prescription triennale.
Note de Tom
la décote F/G ne joue pas qu’à l’acte, elle pèse aussi sur les délais de vente et le pouvoir de négociation des acheteurs. Sur mes arbitrages locatifs, ce qui marche le mieux, c’est de mettre en concurrence trois ou quatre artisans sur un audit énergétique chiffré avant de décider, parce que la fourchette ADEME 12 000 à 25 000 € peut bouger du simple au double selon le devis.
4.2 Contester une révision : amiable, CDC, tribunal et prescription triennale
Côté locataire, les motifs de contestation sont bien identifiés : erreur de calcul (mauvais IRL ou mauvais trimestre), logement F ou G, prescription annale dépassée par le bailleur, ou absence de clause expresse en bail meublé. Le parcours de recours se décline en trois étapes.
Étape 1, amiable. Une LRAR du locataire au bailleur, listant l’erreur et demandant la régularisation, délai de réponse usuel 15 à 30 jours. Beaucoup de litiges se résolvent à ce stade, l’erreur de bonne foi étant statistiquement la plus fréquente.
Étape 2, Commission Départementale de Conciliation (CDC). Procédure gratuite, composition paritaire bailleurs / locataires, avis non contraignant rendu sous environ 2 mois (article 20 de la loi de 1989), sur saisine par courrier à la préfecture. Dans les cas que l’on voit le plus souvent, la CDC est l’étape la plus efficiente, parce qu’elle produit un avis motivé qui sert de base de négociation. Les bailleurs revoient fréquemment leur position face à un avis défavorable, parce qu’il préfigure ce que dirait le juge.
Étape 3, tribunal judiciaire. L’avocat n’est pas obligatoire sous 10 000 € de litige cumulé. Honoraires de 100 à 300 €/HT/heure (taux horaire moyen CNB), pour un coût total de 800 à 2 500 € HT sur un dossier IRL classique en première instance. Rarement rentable sur un seul lot pour une erreur ponctuelle ; l’arbitrage change sur un litige couvrant plusieurs années de prescription triennale ou un portefeuille de plusieurs lots.

La prescription triennale est le paramètre temporel central de la contestation. L’article 7-1 de la loi de 1989, modifié par la loi ALUR du 24 mars 2014, fixe à 3 ans à compter de chaque paiement le délai pendant lequel le locataire peut agir en répétition de l’indu, dérogeant aux 5 ans de l’article 2224 du Code civil. Un locataire qui découvre une erreur en 2026 peut récupérer les trop-perçus payés depuis 2023, pas au-delà. À distinguer de la prescription annale du bailleur (12 mois post-anniversaire pour notifier, vue en section 2.2). Côté jurisprudence, Cass. civ. 3ᵉ du 4 octobre 2018 (n° 17-23.190) sur la prescription annale post-ELAN, et deux arrêts répriment les clauses d’indexation imprécises ou tronquées, Cass. civ. 3ᵉ du 14 janvier 2016 (n° 14-24.681) et du 29 novembre 2018 (n° 18-24.599). Pour le volet fiscal des trop-perçus restitués, on renvoie à notre guide fiscalité immobilière 2026.
4.3 Tableau récapitulatif — IRL 2026 en un coup d’œil
Le tableau irl 2026 ci-dessous rassemble les paramètres opérationnels clés des sections précédentes. Fiche de référence avant l’envoi d’un courrier ou la préparation d’une contestation.
| Élément | Valeur / règle |
|---|---|
| Source officielle | INSEE série Idbank 001515333 (base 100 : T4 1998) |
| Calendrier de publication | T1 mi-avril, T2 mi-juillet, T3 mi-octobre, T4 mi-janvier N+1 |
| IRL T4 2025 | 145,78 (+0,79 %) |
| IRL T1 2026 | 146,60 (+0,78 %) |
| Pourcentage de révision usuel 2026 | +0,8 % à +1,4 % selon trimestre de référence |
| Formule légale | Loyer en cours × (IRL nouveau ÷ IRL de référence) |
| Référence légale | Article 17-1 I de la loi du 6 juillet 1989 |
| Délai de notification bailleur | 1 an à compter de la date anniversaire (loi ELAN du 23 novembre 2018) |
| Forme du courrier | LRAR fortement recommandée |
| Gel F/G | Révision interdite depuis le 24/08/2022 (loi Climat 2021, art. 159) |
| Interdiction de location | G depuis 01/01/2025, F dès 01/01/2028, E dès 01/01/2034 |
| Bail meublé | Clause d’indexation expresse obligatoire (art. 25-9, loi ALUR 2014) |
| Hors scope IRL | Bail commercial (ILC/ILAT), bail rural (IFL), bail mobilité |
| Prescription locataire | 3 ans à compter de chaque paiement (art. 7-1, loi 1989 modifiée ALUR) |
| Recours | Amiable LRAR, CDC (gratuite, ~2 mois), tribunal judiciaire |
Données à jour — mai 2026. Sources : INSEE, loi du 6 juillet 1989 modifiée, loi ELAN 2018, loi Climat et Résilience 2021.
Conclusion
Trois choses à garder en tête pour aborder sereinement la révision IRL 2026. D’abord, le pourcentage applicable n’est pas l’IRL du dernier trimestre publié, c’est celui du trimestre de référence inscrit au bail, comparé à la même valeur de l’année précédente. Une lecture inattentive de la clause d’indexation fait basculer le calcul vers une valeur non conforme, juridiquement attaquable côté locataire, et impossible à régulariser sans repartir d’un courrier propre.
Ensuite, le calendrier prime sur la formule. La date anniversaire ouvre le droit, le délai d’un an le ferme, et la non-rétroactivité transforme chaque mois d’attente en mois de révision perdu. Une LRAR partie 30 à 60 jours après l’anniversaire, avec les sept mentions obligatoires, c’est ce qui fait la différence entre un dossier opposable et un litige qui finit en CDC.
Enfin, le filtre DPE F/G est celui qu’on découvre trop tard dans la plupart des cas. Toute révision envoyée sur une passoire thermique est nulle depuis le 24 août 2022, sans exception. Avant tout courrier, le bon réflexe est de vérifier le DPE en cours de validité.
Pour prolonger la réflexion sur des sujets qui touchent directement au pilotage d’un patrimoine locatif, notre guide meublé de tourisme et loi Le Meur couvre une alternative locative pour les biens difficiles à mettre en bail nu, et notre dossier loi Malraux reste utile quand la rénovation d’une passoire thermique s’inscrit dans un projet patrimonial plus large.
FAQ
Quel est l’IRL du 1er trimestre 2026 ?
L’IRL T1 2026 publié par l’INSEE le 15 avril 2026 s’établit à 146,60, soit un glissement annuel de +0,78 %. C’est ce chiffre qu’un bailleur utilise si son bail désigne le T1 comme trimestre de référence. L’IRL n’est pas une valeur unique annuelle, mais quatre valeurs trimestrielles successives. En 2026, l’augmentation applicable se situe entre +0,8 % et +1,4 % selon le trimestre inscrit dans le contrat, loin du pic de +3,50 % enregistré au T1 2024.
Comment calculer la révision de loyer avec l’IRL 2026 ?
La formule fixée à l’article 17-1 de la loi du 6 juillet 1989 est simple : nouveau loyer = loyer en cours × (IRL nouveau ÷ IRL de référence). L’IRL nouveau est la valeur du trimestre de référence inscrit au bail à la date anniversaire de l’année en cours ; l’IRL de référence est la valeur du même trimestre l’année précédente. Exemple : bail avec IRL T1 comme référence, loyer 850 €. En 2026 : 850 × (146,60 ÷ 145,47) = 856,60 €, soit +0,78 %. La révision porte exclusivement sur le loyer principal hors charges, une erreur fréquente de calcul chez les bailleurs.
Quand sera publié le prochain IRL, et comment rester informé ?
L’INSEE publie chaque valeur trimestrielle environ mi-trimestre suivant. L’IRL T2 2026 est attendu aux alentours du 15 juillet 2026. Pour les autres trimestres : T3 2026 vers le 15 octobre, T4 2026 vers le 15 janvier 2027. La seule source faisant foi est la série Idbank 001515333 sur insee.fr ; les autres publications (ANIL, sites de bailleurs) ne sont que des relais. Un bailleur dont la date anniversaire tombe en juillet-août doit anticiper : l’IRL T2 sera connu à peine quelques semaines avant.
Mon logement est classé DPE F ou G : puis-je quand même réviser le loyer ?
Non. Depuis le 24 août 2022, l’article 159 de la loi Climat et Résilience interdit toute révision IRL pour les logements classés F ou G. Toute révision appliquée à tort est nulle, et le locataire peut en demander le remboursement dans la limite de la prescription triennale. Pour un logement G, l’interdiction de louer est déjà effective depuis le 1er janvier 2025 ; pour un F, elle s’appliquera au 1er janvier 2028. Pour sortir du blocage, la voie est la rénovation jusqu’à l’étiquette E ou supérieure, avec des aides MaPrimeRénov’ et éco-PTZ disponibles. Pour les arbitrages financiers, voir notre guide sur le financement de l’investissement locatif.
Comment contester une révision IRL que je juge incorrecte ?
Trois étapes, dans l’ordre. D’abord, un courrier en LRAR au bailleur exposant l’erreur (mauvais trimestre IRL, calcul sur charges comprises, logement F/G, prescription dépassée) ; délai de réponse usuel 15 à 30 jours. Ensuite, si le désaccord persiste, saisine de la Commission Départementale de Conciliation : procédure entièrement gratuite, avis non contraignant rendu en environ 2 mois, saisine par courrier à la préfecture du département. Enfin, tribunal judiciaire, sans avocat obligatoire pour un litige inférieur à 10 000 €. Le délai pour agir en répétition de l’indu est de 3 ans à compter de chaque paiement (article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989).
Mon bail est un bail meublé : la révision IRL s’applique-t-elle ?
Oui, depuis la loi ALUR de 2014, le bail meublé résidence principale est aligné sur le bail nu pour la révision IRL, même formule, mêmes valeurs. La différence tient à une condition impérative : la clause d’indexation doit être expressément rédigée dans le contrat (article 25-9 de la loi de 1989). À défaut de clause, aucune révision n’est juridiquement opposable au locataire et le loyer reste figé jusqu’à la fin du bail. Si votre bail meublé ne mentionne pas de clause d’indexation, vous ne pouvez pas la rétablir par avenant unilatéral. Pour les implications fiscales du meublé, notre guide LMNP détaille les régimes micro-BIC et réel.
L’IRL s’applique-t-il aux baux commerciaux ?
Non. Les baux commerciaux ne sont pas soumis à l’IRL mais à l’ILC (Indice des Loyers Commerciaux) ou à l’ILAT (Indice des Loyers des Activités Tertiaires), deux indices distincts qui intègrent notamment l’évolution du chiffre d’affaires du commerce. La confusion est fréquente, mais ces indices ont une formule de calcul et un champ d’application entièrement différents de l’IRL. Si vous êtes concerné par un bail commercial, l’ANIL et votre chambre de commerce sont les bonnes premières références ; ce sujet fera l’objet d’un article dédié sur Signal Alpha prochainement.




